I Tim., V
mademoiselle: le gras. 195
les siennes. » Et enfin, le matin du départ, il la communia, pour lui donner une part plus abondante de la charité du Sauveur, un conseiller, un protecteur, un guide, et aussi un viatique plus riche que les aumônes qu'elle emportait avec elle.
Son premier voyage avait pour but Montmîrail, dans le diocèse de Soissons, terre de la famille de Gondi. Nous savons comment se passa celui-ci par tous les autres qu'elle fit dans la suite. Accompagnée de quelques dames pieuses qui s'associaient à son charitable apostolat, elle faisait la route dans de mauvais coches, logeait et couchait dans de mauvaises hôtelleries pour se rendre plus sensible à la misère des pauvres en la partageant. Elle portait avec elle une grande provision de linge et toute une pharmacie; aumônes, frais de route, tout se faisait à ses dépens. Arrivée dans un village, elle commençait par obtenir l'agrément du curé, faute duquel elle passait immédiatement à un autre ; puis, elle assemblait les femmes de la confrérie, les instruisait, Içs encourageait, tâchait d'augmenter leur nombre; en un mot, remettait tout, personnes et choses, dans l'état et dans l'esprit où le saint fondateur l'avait établi.
Pour prêcher aussi d'exemple, elle remplissait de ses dons le trésor des pauvres trop souvent épuisé; surtout, elle se montrait charitable moins encore de ses biens que de sa personne. Elle visitait et servait elle-même les malades, rassemblait les petites filles pour leur enseigner les éléments de la foi, formait la maîtresse d'école à son office, et ne quittait le poste qu'après avoir pourvu à toutes les nécessités des pauvres et des petits.
De retour à Paris, elle se reposait en visitant de même les Charités des paroisses, dont elle multipliait encore le nombre. Ainsi, en 1630, elle en forma une sur sa paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, qu'elle inaugura par un acte d'héroïsme. Une fille étant malade de la peste, elle ne craignit pas de la visiter plusieurs fois au péril de sa propre vie. Aussitôt Vincent de Paul s'empressa de lui écrire : « Je