LES CONSTITUTIONS
par négligence ni par inclination aux choses extérieures. Confession des samedis et veilles de fêtes aux seuls confesseurs nommés ou autorisés par le supérieur; retraite et reddition de compte mensuelle; grande rétraite annuelle; communion des dimanches et fêles ; conférence hebdomadaire : tels sont les exercices spirituels de la Compagnie, auxquels il faut ajouter les pratiques de chaque jour.
IX. — Le dernier chapitre règle l'emploi de la journée. Le lever est à quatre heures, le coucher à neuf. Dans cet intervalle, deux méditations, deux examens particuliers, un examen général, une lecture spirituelle; le reste du temps est employé au service du prochain ou à des travaux manuels, remplacés, le dimanche, par des exercices spirituels et le soin de sa propre instruction; deux heures d'entretien édifiant, pendant lesquelles une sœur, à ce destinée, dira de temps en temps : « Souvenons-nous de la présence de Dieu! »
A ces règles communes, pratiquées longtemps avant d'être codifiées, saint Vincent ajouta des règles particulières pour les sœurs des paroisses, les maîtresses d'école, les sœurs des villages et les sœurs des Hôtels-Dieu et hôpitaux.
Le règlement des sœurs de paroisses ressemble nécessairement beaucoup au règlement des confréries de la Charité. Le saint leur recommande particulièrement le désintéressement et l'humilité. « Elles se donneront bien de garde de penser, dit-il, que les pauvres leur soient obligés pour les services qu'elles leur rendent; mais, au contraire, elles doivent se persuader qu'elles leur sont fort redevables, puisque, pour une petite aumône qu'elles leur font, non pas de leur bien propre, mais seulement d'un peu de leurs soins, elles se font des amis qui ont droit de leur donner un jour l'entrée dans le ciel ; et même, dès cette vie, elles reçoivent à leur sujet plus d'honneur et de vrai contentement qu'elles n'eussent jamais osé espérer dans le monde; de quoi elles ne doivent pas abuser, mais entrer en confusion dans la' vue de leur indignité. ))
2S0 SAINT VIN<2ENr DE PAUL.
Le règlement de la maîtresse d'école parle plus, on le pressent , de rinstruciion chrétienne des enfants et de la formation de leurs mœurs, que de l'instruction humaine, bien que celle-ci ne soit pas négligée. A elle aussi on recommande de n'admettre les enfants des riches qu'en câs de nécessité, par exemple, s'il n'y avait pas d'autre maltresse d'école. Mais, dans ce cas même, la maîtresse « fera en sorte que les pauvres soient toujours préférés aux riclles, et que celles-ci ne méprisent pas les autres. »
Les sœurs de villages, au nombre de deux ordinairement, plus isolées que lés autres, se doivent entr'-aimer et entr'aider davantage. Leurs Fonctions sont multiples. Là où se trouve une confrérie de la Charité, elles rentrent, sur ce point, dans la catégorie des sœurs des paroisses:; elles aussi font l'école, mais l'école individuelle , nomade, en quelque sorte, car elles instruisent les petites mendiantes à leur passage, elles vont chercher les bergères aux champs, et leur font la leçon pendant qu'elles sont occupées à la garde de leurs troupeaux ou qu'elles* les ramènent à l'étable.
Les sœurs des hôpitaux et Hôtels-Dieu dépendent, pour le spirituel, du supérieur général de la Mission ; pour le temporel, des administrateurs. Elles s'occupent uniquement de leur service. Elles sont nourries et entretenues aux dépens de l'hôpital. Malades ou caduques, elles demeurent quand même comme filles de la maison ; mortes, elles sont ensevelies en leur manière ordinaire. Elles ne doivent compte de leur service qu'aux administrateurs. La sœur servante tient note des entrées et des sorties ; c'est elle qui distribue les offices aux sœurs ; si la communauté est chargée d'eûtrete^ nir l'hôpital, elle rend compte aux administrateurs toutes les fois qu'elle en est requise.
En général, les sœurs hospitalières doivent faire concorder leurs règles communes et emplois de la journée avec le service corporel et spirituel des malades, post-posavl tout néanmoins à celui-ci. Du reste, chacune a son emploi et par conséquent ses règles particulièrea : la &œor $enwste.
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