LES CONSTITUTIONS. 2M
OU supérieure, les sœurs chargées de recevoir et de coucher lesL malades, ou de donner le pain et le vin, ou de servir les débiles, ou d'avoir soin de la vaisselle, les sœurs veilleuses, les buandières, les "sœurs chargées des habits des morts, les ensevelisseuses. A chacune, outre des règles de conduite en quelque sorte matérielles, \incent donne des avis chrétiens pour surnaturaliser son emploi. Ainsi, Tensevelisseuse doit se souvenir que Notre -Seigneur a voulu être enseveli lui-même; la panetière^ de la Providence qui nourrit les hommes et de la multiplication pains; la veilleuse, des veilles de Notre-Seigneur au rdin des Oliviers.
Cette lecture achevée, Vincent reprit : « Nous avons voulu, es filles, qu'il fût dit de vous ce qui a été dit de Notre-Sei- ■^ewî, qu'il commença à faire et puis à enseigner. Ce que vous venez d'entendre, mes filles, n'est-ce pas ce que vous fa.îtes depuis vingt-cinq ans? Y a-t-il quelque chose que vous ^^ * ayez pas fait? Non , par la miséricorde de Dieu ; et vous 1* ^vez feit avant qu'il vous fût commandé, au moins d'une anière expresse ; car le feu pape me l'avait bien commandé ; maintenant vous le ferez parce qu'il vous est enjoint. « Quand Notre-Seigneur vint au monde apporter sa loi, y avait longtemps que Dieu avait envoyé Moïse, auquel il ait donné une loi qui était la figure de celle de Jésushrist. Le peuple juif l'observa toujours; mais quand Notreeigneur donna la sienne, chacun s'y rangea, non que otce-Seigneur ait détruit la première, car les mêmes com- ^^^andements qui étaient en l'ancienne sont en la nouvelle, il la pecfecUonua.
a Or, mes filles, voici des règles qui, par la miséricorde Dieu, étant approuvées, vous font une confrérie de la Charité séparée de la confrérie des Dames, auxquelles vous ^^tiez liées jusqu'à présent. Elles ne vous dégagent point de ^elle des Dames, auxquelles vous êtes toujours sujettes en toiUcequi concerne le service des pauvres malades; maiseUei^ voua rendent différentes en votre manière de vie, de sorte
que la confrérie que vous aviez avec les Dames n'est plus à votre égard que comme la loi de Moïse est à l'égard de celle de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et vous devez considérer ces règles comme wus étant données de la main de Dieu même, puisque c'est par l'ordre de Monseigneiir Tarchevêque de qui vous dépendez.
« Quelle consolation pour vous, mes fiUes, de voir un tel effet de la conduite de Dieu sur vous ! Rendez-lui grâces d'avoir observé ces règles, et aussi d'être obligées plus étroitement à les observer, puisqu'il a plu à sa divine bonté de vous en faire donner Tordre, pour vous témoigner et vous assurer qu'il les agrée. Que votre première communion soit pour l'en remercier; et même que vos trois communions prochaines se fassent à cette intention, et aussi pour le re^ mercier de la grâce singulière de votre vocation, et lui demander de nouvelles grâces pour travailler tout de nouveau pour sa gloire et pour l'accomplissement de son œuvre.
« Quand Moïse eut donné sa loi au peuple d'Israël et vu le désir qu'il avait de la suivre, il lui dit : Peuple, cette loi vous est donnée de Dieu ; si vous l'observez, je vous promets de sa part mille bénédictions en toutes vos œuvres : bénédiction quand vous serez dans vos maisons, bénédiction quand vous en sortirez ; bénédiction en votre travail, bénédiction en votre repos ; bénédiction en tout ce que vous ferez, bénédiction en ce que vous ne ferez pas; bref, toutes bénédictions abonderont sur vous et en vous. Si, au lieu de la garder, vous la méprisez, je vous promets tout le contraire de ce que je viens de vous dire: car vous aurez malédiction dans vos maisons, malédiction dehors ; malédiction en ce que vous ferez, malédiction en ce que vous ne ferez pas; bref, toutes malédictions viendront en vous et sur vous.
« Ce que Moïse dit au peuple d'Israël, je vous le dis, mes filles : Voilà des règles qui vous sont envoyées de la part de Dieu. Que si vous les observez fidèlement, toutes bénédictions du ciel se répandront sur vous : vous aurez béné-