CEuvres, tom. XUI, p
et mené à terme cette grande entreprise, et qui, chaque semaine, se réunissaient pour en assurer la durée, crurent que des réunions de charité produiraient d'abondants secours, grâce à cette chaleur sympathique qui réchauffe et féconde les cœurs assemblés, et elles invitèrent Bossuet, dont la voix retentissait depuis quelque temps dans la capitale avec un éclat inouï, à leur prêter le concours de son éloquence. En un tel lieu, ayant à célébrer saint Paul, Bossuet ne parla que des puissantes infirmités de l'Apôtre, et, dans sa péroraison, en faisant l'application à son auditoire, il s'écria : « Ne voulez-vous pas, chrétiens, imiter un si grand exemple? Que d'infirmes à supporter, que d'ignorants à instruire, que de pauvres à soulager dans l'Église... Mais jetez encore les yeux sur les nécessités temporelles de tant àe pauvres qui crient après vous. Ne semble-t-il pas que la Providence ait voulu les unir ensemble dans cet hôpital merveilleux, afin que leur voix fût plus forte, et qu'ils pussent plus aisément émouvoir vos cœurs? Ne voulez-vous pas les entendre, et vous joindre à tant d'âmes saintes, qui, conduites par vos pasteurs, courent au soulagement de ces misérables? Allez à ces infirmes, mes frères, faites-vous infirmes avec eux ; sentez en vous-mêmes leurs infirmités, et participez à leur misère. Souflrez premièremejit avec eux, et ensuite soulagez-vous avec eux, en répandant abondamment vos aumônes. Portez ces faibles et ces impuissants; et ces faibles et ces impuissants vous porteront après jusqu'au ciel^. »
Que durent produire ces paroles d'or, si elles furent payées leur juste prix! ces paroles prononcées dans une assemblée si digne, par son élévation, de les entendre; si capable, par sa charité, d'y correspondre! une assemblée où se trouvaient, avec les dames de la première noblesse, les Lamoignon, les Séguier, les Barillon Morangis, sans compter l'élite du clergé, et à sa tète Vincent de Paul! Car