‹ Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son influenceChapitre 65 sur 87 · MORT DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

MORT DE LOUIS XIII

nal Mazarin, du chancelier Séguier, de Bouthillier, surintendant des finances, et de son fils Ghavigny, secrétaire d'État, sans Favis duquel, donné à la pluralité des voix, la régente ne pouvait décider les affaires de la guerre et de la paix, nommer aux gouvernements et aux charges.

Anne d'Autriche qui, depuis qu'elle était mère et qu'elle voyait le roi s'en aller à la mort, n'avait aspiré qu'à une régence véritable et toute-puissante, souffrit de se voir imposer de si dures et si humiliantes conditions. Elle les subit néanmoins sans murmures extérieurs, et, avec le duc d'Orléans, elle signa la déclaration et s'engagea à la maintenir. Elle se réservait une plus belle espérance.

En effet, pendant les négociations, le cardinal Mazarin Tavait fait avertir de tout par l'évèque de Beauvais, et assurer qu'il n'était point l'auteur delà déclaration; qu'il avait plaidé auprès du roi pour une régence illimitée ; mais que, n'ayant rien pu gagner, il avait cru lui rendre un important service en lui obtenant au moins le titre de régente ; que peu importait à quelles conditions, pourvu qu'il lui fût donné par le roi; qu'elle ne manquerait pas de moyens dans la suite pour ressaisir tous ses droits et gouverner seule. La reine le crut, et c'est pourquoi elle signa sans hésiter et en se réservant l'avenir.

Soit intérêt pour la reine, soit calcul d'ambition, l'un et l'autre sans doute, Mazarin venait d'agir avec une habileté consommée. En effet, dès le 18 mai, le Parlement, heureux d'une si belle occasion de reprendre les droits, vrais ou prétendus, que lui avait ravis Richelieu, et de régler souverainement les affaires de la monarchie, brisa la dernière disposition de Louis XIII tout en paraissant la respecter, et, déclarant la reine régente, « conformément à la volonté du roi défunt, » il l'autorisait à choisir elle-même son conseil, sans l'astreindre à y suivre la pluralité des voix. C'était la régence sans contrôle ; c'était l'avènement de Mazarin.

Ainsi l'avait prévu Thabile cardinal. Il se savait agréable

M2 SAISIT VIVCEUT DE PAOL.

k U reine; car, «Ul était aoe créatare de Richelieu, il D'eo avait aucune des manièreB; il n'avait eu aucune part aox dApUiMirs de cette princesse; il venait de contribuer au ra[>pel do ses amis exilés; et surtout il se pouvait vanter AU|>rèH d'elle d'avoir jeté les fondements de sa régence à rencontre do tous les ombrages du roi.

Do plut, il se sentait nécessaire. D'autant plus jalouse du pouvoir qu'elle n'en avait jamais joui, mais ignorante des nflalres, paresseuse comme une femme et comme une Espa- Knolo, Anne d'Autriche avait besoin, au début d'un règne ({u'entouraient au dedans et au dehors tant de difficultés, d'un guide pour son inexpérience, d'un appui pour sa molle faiblesse, et de quelqu'un qui lui laissât cependant l'honneur de l'autorité suprême. Or, autour d'elle, personne qui possédât comme Maxarin le secret de la politique inté* rieure et surtout des affaires étrangères; pers<mne, par tnmséquent, qui fût plus capable. D'un autre côté, étranger coinn^e elle« et feignant d'être tout prêt à s'en retourner à Roine pour y jouir de sa famille et des arts, il n'avait pas d^ l^arti en France qu'il put tourner contre elle , et loimfiue ne paraissait pas devoir la mettre sous le joug, ct^nnie Richelieu avait fait du feu roi.

Sanssacritier $^^ amis, les Vendôme, son grand aumônier l>Yx^)ue de Beauvaiss que Maxarin. du reste, s'étudiait à flatter^ la rè$^»lte résolut donc de donner au cardinal sa IxriiKn^vide eoofianct^<. et le premier acte de son antonié fîit \tele »v>muier cbeide son coaseîl. Chose coiieiise! Vincent, v^i aUakt <^u^ si vx^trari^ par Maiann daie ses sai^ en atiett^^aiit v^tiie le tmnistFe se passât de loi: qui devait, et tvKiice n^aomtre. oacbnuiier la poaùr^ue de ceœ ciêame, \k sv cvaùttOia^oLT ie Kcfuetieu. fa ^ m de crax qui coatnbioiecvtK le uitts à je poner aa piKcvoir avec sca coUègv C^\i;^^ . On l^c« en edec iioos jes MdtmHnfs éa Le Ckâtrt: 4k Mb^wane ^Ok ^njttoîss^... fui: :uiiî .à» "iixmia^s^ fxoi paria

daoïe de Chavigay n'en perdirent point d'occasion. Mais les plus fortes machines qu'ils employèrent furent le Père Vincent, Biringhen et Montaigu. Le premier attaqua la reine par la conscience, et lui prêcha incessamment le pardon des ennemis; le second, en qualité de son premier valet de chambre, se rendant assidu à des heures où personne ne la voyait, lui remontra que ces deux messieurs lui étaient utiles, et qu'ayant le secret de toutes les affaires importantes, il lui était presque impossible de s'en passer dans les commencements ; mais le troisième, dévot de profession, mêlant Dieu et le monde ensemble, et joignant aux raisons de dévotion la nécessité d'avoir un ministre des choses de l'État, y ajouta encore, à mon avis, une autre considération qui la gagna absolument, qui fut de lui r^résenter que le cardinal avait en ses mains plus que personne les moyens de faire la paix, et qu'étant né sujet du roi son frère, il la ferait avantageuse pour sa maison ; qu'elle devait essayer de le maintenir en pouvoir, afin de s'en iaire un appui contre les factions qui pourraient naître en France pendant sa régence ^ »

Saint Vincent au conseil de conscience. — Sa conduite générale.

D'après la déclaration de Louis XIII lui-même, la reine ne devsût conférer qu'avec Mazarin sur les affaires de rÉ^ise, et il y était dit qu'elle distribuerait, avec son avis. Les évôchés u à des personnes de mérite et de piété ^singu^ lière, ayant été trois ans dans l'ordre de la prêtrise. » Mais La piété d'Anne d'Autriche se détermina à établir un conseil ecclésiastique, dans lequel on traiterait de tous les intérêts de la religion, où l'on examinerait les qualités de ceux qui pouvaient prétendre aux bénéfices et aux dignités de l'ÉgUse.

Page 1