CoUêct. Midland, 3« série^ t. 111, p. i
Ce conseil se composa , sous la présidence de la reine, de Mazarin, du chancelier Séguier, des évoques de Beauvais et de Lisieux, de Charton, grand pénitencier de Paris, et de Vincent de Paul, qui en fut établi le chef.
C'était, pour l'humble prêtre, l'entrée et un rang à la cour; c'étaient des hommages de la part de tous les ambitieux ; c'était une sorte d'omnipotence sur toutes les affaires et tous les biens de l'Église de France. Qu'on Juge de sa douleur et des efforts qu'il dut faire pour être déchargé! Il écrivit aussitôt à Rome : « Je n'ai jamais été plus digne de compassion que je suis, ni n'ai eu plus de besoin de prières qu'à présent, dans le nouvel emploi que j'ai. J'espère que ce ne sera pas pour longtemps. Priez Dieu pour moi. »
Il garda plus d'une année cette humble espérance. «Je prie Dieu tous les jours, disait-il à un de ses prêtres, d'être tenu pour un insensé, comme je suis, pour n'être pas employé à cette sorte de commission, et pour avoir plus grande commodité de faire pénitence de mes péchés *. » En effet, il priait Dieu et les hommes. Â partir du jour de sa nomination, il n'offrit pas une seule fois la messe sans demander la grâce d'être rendu à sa première condition. Il était en perpétuelles instances auprès de la reine, du cardinal, et de tous ceux dont il pouvait attendre protection de nouvelle espèce. A la fin de 1644, il parut être exaucé : à l'occasion d'un voyage qu'il fut obligé de faire, le bruit courut qu'il était disgracié de la cour. Un ecclésiastique, informé de la fausseté de la nouvelle, vint lui porter ses compliments: « Ah ! plût à Dieu qu'elle fût vraie, s'écria-t-il en levant les yeux au ciel et se frappant la poitrine ! Mais un misérable comme je suis n'était pas digne de cette faveur. » Et il écrivit dans le même sens à Codoing, son supérieur de Rome, le 4 janvier 1645 ; « Béni soit Dieu de tout ce que vous me dites ! 11 est vrai qu'il y avait quelque apparence que je ne