LA LISTE DES BJÊNÉFIGES
prêtre, qui se releva aussitôt, courut après lui et ne le quitta qu'après lui avoir fait une profonde révérence.
Son embarras était plus grand quand on venait à lui de la part de la reine. Un jeune homme de qualité avait demandé à celle-ci une abbaye : il l'obtint à condition que Vincent ne s'y opposerait pas. Il vint donc à Saint-Lazare avec son gouverneur. On commença par les politesses d'usage, par les remerclments anticipés de toute la famille, par un long étalage de toutes les qualités présentes et futures du prétendant : toutes choses qui prouvaient plus le désir du bénéfice que le mérite requis. A ce td)Ieau, Vincent, d'avance informé, opposa modestement un tableau de couleur toute contraire, et conclut par un refus qu'il exprima tm ses termes accoutumés : « Je vous prie donc. Monsieur, de trouver bon que je ne consente pas à une chose dont Dieu me demanderait compte. » A ces mots, le gouverneur -se lève furieux et s'avance vers le saint le poing fermé et Tomissant des flots d'injures; puis, voyant qu'il ne le pouvait même arracher à sa tranquillité, il sortit, mais accompagné de Vincent qui , avec force politesse, reconduisit le maître et le disciple jusqu'à leur carrosse*.
Hais que faire, lorsque Mazarin, désormais tout-puissant, tit ne prenant plus conseil que de sa politique, nommait tieul aux prélatures, et ne proposait plus que la ratification du fait accompli?
Une fois , la cour étant hors de Paris, il écrivit à Vincent : « Monsieur, ces lignes sont pour vous dire que Monsieur N. ayant dépêché ici pour demander à la reine pour Monsieur son fils l'évéché de N. qui vaque depuis quelques jours, elle le lui a accordé d'autant plus volontiers qu'il a les qualités requises pour en être pourvu, et que Sa Majesté a été bien aise de rencontrer une occasion si favorable de feconnaitre en la personne du fils les services du père, et le zèle qu'il a pour le bien de l'État. La reine m'a promis