Proc. Inform., folio 1337 et suivauts
venir au plus tôt pour T amour de Dieu. Peut-être que de ce moment dépend la réforme de cette maison et de celles de sa filiation, et que Notre-Seigneur veut que le mérite d'un succès si désirable vous soit imputé, comme à l'un des prélats du royaume qui a plus de zèle pour la gloire de son Église. »
Il ménagea à la réforme la protection d'une princesse -dont le fils, fort jeune, récemment pourvu d'une abbaye, ^vait été indisposé contre les réformateurs par un des reli- :gieux, qui avait sur ses frères une influence funeste.
A force de charité et de prudence, il rétablit plus d'une fois l'union et la paix dans les communautés troublées par les divisions. Il y envoyait des commissaires de la part du •roi pour s'informer de l'état des choses et entendre les deux partis; il priait quelques prélats d'assister à leurs chapitres igénéraux pour y procurer la liberté des avis et des suffrages; et, sur le rapport des uns et des autres, il faisait annuler ou confirmer les élections, il obtenait du conseil les mesures propres à ramener l'ordre et la concorde. Luimême agissait directement en ces rencontres sur l'invitation des supérieurs, et plus d'une fois il reçut de Rome des lettres de généraux d'ordres qui le remerciaient de son -entremise salutaire soit auprès du roi, soit auprès de leurs religieux, et le proclamaient leur ange tutélaire, l'ange de la paix.
Quelle était sa joie, lorsqu'il voyait les monastères revenus à la régularité de leurs plus beaux jours! Mais combien grande sa douleur, si la licence continuait à y prévaloir! Au moins détournait -il les religieux qui le •consultaient d'entrer dans les abbayes déréglées. « Je ne voudrais conseiller à personne, répondit-il à l'un d'eux, -d'entrer dans l'ordre prétendu de N., et encore moins à un religieux docteur et professeur en théologie, et grand prédicateur, tel que vous êtes, parce que c'est un désordre et «on pas un ordre, un corps qui n'a point de consistance ni de vrai chef, et où les membres vivent sans aucune dépen-