III
était à la porte du monastère de la rue Saint- Antoine, et demandait à entrer pour voir une petite -fille du ministre, malade à l'extrémité et qui ne pouvant être transportée. II répondît : « Je suis le très-humble serviteur de madame Payen et désire beaucoup la servir. Mais ma règle est de ne permettre l'entrée à personne. J'ai refusé madame de Nemours, madame de Longueville, la princesse de Carignan qui ne me le pardonnera jamais : que diraient-elles, si elles apprenaient cette exception? D'ailleurs, ce serait agir contre ma conscience. La vue de madame Payen ne rappellerait pas l'enfant à la vie*. »
Ainsi le plus haut rang ne lui imposait pas. 11 refusa encore la duchesse de Bouillon ; la reine elle-même, qui avait paru souhaiter qu'une de ses dames d'honneur pût se retirer dans une maison de l'ordre.
Sur toutes choses il recommandait aux maisons de Paris de bien veiller à n'introduire dans leur sein aucun ecclésiastique infecté des opinions nouvelles : « Car, disait-il, ceux qui sont dans une mauvaise doctrine ne cherchent qu'à la répandre. Et, néanmoins, ils ne se déclarent pas d'abord : ce sont comme des loups qui se coulent doucement dans la bergerie pour la ravager et pour la perdre. » Il voulait qu'on se gardât avec le oiême soin contre leurs livres : « Tenez-vous-en, ajoutait-il, aux écrits admirables de votre bienheureux père*. »
Les rigoristes de Port-Royal étaient moins scrupuleux. Chez eux les femmes les plus mondaines, mal revenues encore de leurs vanités et de leurs galanteries, pouvaient, comme la marquise de Sablé et tant d'autres, mener une vie de dévotion élégante et fort peu sévère. Le bon, le doux Vincent, malgré toutes ses indulgences, était moins accommodant avec le ciel, moins tolérant pour les Filles de Sainte- Marie. Il comprenait que, vivant sous le même toit que des