‹ Saint Vincent de Paul;Chapitre 17 sur 113 · A Mademoiselle Le Gras · texte numérisé non relu

A Mademoiselle Le Gras

Il la félicite d'avoir généreusement exposé sa vie en visitant une fille attemte de la peste. Il lui dit que Dieu a des desseins sur elle.

(Entre janvier 1632 et février 1633 )

Mademoiselle,

Je viens d'apprendre, il n'y a qu'une heure, l'accident qui est arrivé à la fille que vos gardes des pauvres retiraient, et comme vous l'avez visitée ; je vous avoue, mademoiselle, que d'abord cela m'a si fort attendri le cœur, que s'il n'eût été nuit, je fusse parti à l'heure même pour vous aUer avoir. Mais la bonté de Dieu sur les personnes qui se donnent à lui pour le service des pauvres, dans la Confrérie de la Charité, en laquelle jusqu'à présent aucune n'a été frappée de la peste (1), me fait avoir une très parfaite confiance en lui que vous n'en am^z point de mal. Croiriez-vous, mademoiselle, que non seulement je visitai feu M. le sous-prieur de Saint-Lazare qui mourut de

(1) Depuis 1628, la peste s'était comme acclimatée en France et y exerçait de terribles ravages.

LETTRES A M'-'-e LE (illAS, 1625-1643

la peste, mais même que je sentis son haleine ; et néanmoins ni moi, ni nos gens qui l'assistèrent jusqu'à l'exti-émité, n'en avons point eu de mal. Non, mademoiselle, ne craignez point, Notre-âeigneur veut se servir de vous, pour quelque chose qui regarde sa gloire, et j'estime qu'il vous conservera pour cela. Je célébrerai la sainte messe à votre intention. Je vous irais voir dès demain, n'était l'assignation que j'ai avec quelques docteurs à la Madeleine, pour des affaires qui regardent l'établissement de cette maison-là.

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