‹ Saint Vincent de Paul;Chapitre 25 sur 113 · A Mademoiselle Le Gras · texte numérisé non relu

A Mademoiselle Le Gras

Il e valte la grandeur des œuvres des fiUes de la Charité, leur doime des conseils pour bien passer le temps de leur voyage, et leur marque ce qu'çUes auront à faire, arrivées à Richelieu.

(Octobre 1638.)

Mademoiselle,

Très volontiers je prie Notre-Seigneur qu'il donne sa sainte bénédiction à nos très chères sœurs, et qu'il leur fasse part de l'esprit qu'il a donné aux Saintes dames qui l'accompagnaient, et coopéraient avec lui à l'assistance des pauvres malades et à rinstruction des enfants. Bon Dieu, mademoiselle, quel bonheur à ces bonnes Mes de s'en aUer continuer la charité que Notre- Seigneur exerçait sur la terre, au lieu oii eUes vont ! Et qui le dirait, les voyant ensemble, ces deux couvrechef, dans ce coche, ([u'elles s'en allassent pour un œuvre si admirable aux yeux de Dieu et des auges, (jue riIouiine-Dieu Fa trouvé digue de lui ci d(! sa sainte Mère? 0 que le ciel se réjouiia de voir cela, et (|ue les louanges ([u'elles en auroui dans Faulre monde seront admirables! Qu'elles iront la iéle levée au jour du jugement! Certes il me semble que les couronnes et les empires sont de la

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hdiio en comparaison de celles dont elles seront couronnoos. 11 jic i;esi(^ qu'à aviser qu'elles se comportent dans l'esprit de la sainte Vierge, en leur voyage et en leur action. Qu'elles la voient, souvent comme devant leurs yeux, devant ou à côté d'elles ; ({u'elles fassent comme elles s'imagineront que poirrrait faire la sainte Vierge ; qu'elles considèrent sa charité et son humilité, et qu'elles soient bien humbles à l'égard de Dieu, et cordiales entre elles-mêmes, bienfaisantes à tout le monde, et à mésédification à nul ; qu'elles fassent leurs petits exercices tous les matins, ou avant que le coche parte, ou par les chemins ; qu'elles apportent quelque petit hvre pour lire par fois, et que d'autres elles disent le chapelet ; qu'elles contribuent aux entretiens qui se feront de Dieu, et nullement à ceux du monde, moins encore aux gaillards, et qu'elles soient des rochers contre les famiharités que les hommes voudi'aient prendre avec elles. Elles coucheront à part dans une chambre qu'elles demanderont d'abord aux hôtelleries ou dans celle de quelques honnêtes femmes, s'il y en a dans le coche ; que s'il n'y en a aux hôtelleries des coches, qu'elles se logent auprès, si elles y trouvent cette commodité. Etant arrivées à Richeheu, elles iront saluer le Saint-Sacrement d'abord, verront M. Lambert (1), recevi'ont ses ordi'es et tâcheront de les accomplir à l'égard des malades et des enfants qui iront à l'école, observant les petits exercices journahers qu'elles pratiquent à présent ; se confesseront tous les huit jours seulement, s'il n'arrive quelque fête pour y aller le long de la semaine ; tâcheront de profiter aux âmes tandis qu'elles traiteront les corps des pauvres ; honoreront et obéiront aux officières de la Charité, et respecteront beaucoup les autres et les animeront à s'affectionner à leur saint exercice ; et, continuant de la sorte, il se trouvera devant Dieu qu'elles auront mené une vie fort sainte, et que, de pauvres filles, elles deviendront de gTandes reines au ciel ; et c'est ce que je demande à Dieu, en l'amour duquel, je suis, etc.

(1) Siipériour des Prêtres de la Mission, à Richelieu.

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