‹ Saint Vincent de Paul;Chapitre 32 sur 113 · Monsieur Lanihcrl, à llicliclicn · texte numérisé non relu

Monsieur Lanihcrl, à llicliclicn

Sai!it-"Ln,z;irc, 30 janvier 1G38.

Tout le inonde demeure d'accord que le fruit qui se fait à la mission est par le catéchisme, et mie personne de qualité, disjint dernièrement cela, ajouta que les missionnaires s'étudiaient tous à bien prêcher, et qu'ils lie savaient point faire le catéchisme, et dit cela en ma présence et en celle d'une bouue compagnie. Au nom de Dieu, uionsieur, avertissez do ceci la Compagnie de delà. Ma pensée est que ceux qui travailleront doivent, l'un faire le grand, l'autre le jietit catéchisme seulement, et parler deux fois par jour. Et l'on peut rapporter au catéchisme des moralités pour toucher, car, comme j'ai dit, l'on remarque que tout le fruit vient de là. Nous avons fait ici cpii^hpies conférences touchant la manière conmie il s'y faut })rendre pour enseigner les vérités controversées ; et il me semble que ces messieurs l'entendent passablement, pour le moins les trois premiers. Ils ont appris aussi la méthode de M. Véron (1) par lui-même. Je vous prie, monsieur, d'en conférer tous les jours ensemble, et de dire à M. Perdu que je le prie de rafraîchir sa nu^noire sur cela, en sorte que, quand ils partiront de Kichelieu, il» sachent comme il faut humblement et faniilièrenuMit enseigner ces vérités. Qu'ils se souviennent

(l) L'abbé Véron, giaïul cpntroversisto, cuvé do Charonton. D'aboi'd jésuite jus(iu'(Mi l()20. il quitta. l'Institut pour mieux travailler à la conversion dos protestants, 11 mourut le (j décembre 1G49. Il réfuta la doctrine des jansénistes.

qu'ils ne vont pas là pour les hérétiques, mais que c'est pour les pauwes catholiques, et que si néanmoins chemin faisant l'occasion d'instruire quelqu'un se présente, qu'ils le fassent doucement et humblement, montrant que ce qu'on leur dit vient des entrailles de compassion et de charité, et non d'indignation. Je ne saurai leur proposer un meilleur exemple (|ue le vôtre et celui de M. Soufflier ; un seigneur de ces quartiers-là m'a dit que vous vous y preniez justement comme il fallait pour instruire les cathohques, et les huguenots par eux, et pour les édifier les uns les autres. Je vous prie, monsieur, de leur dire ceci, et surtout qu'ils ne donnent jamais aucun défi aux ministres ni à qui que ce soit, pour quelque occasion que ce soit. Ces messieurs partiront demain par le coche de Poitiers, comme je pense, car (il) s'obhge de les amener à quatre Heues de Kicheheu. J'ai pourtant baillé la présente au messager de Champigny, à ce que vous ayez avis de leur départ, et que vous donniez à les loger. Vous me dites que vOus manquez de meubles ; je vous enverrai une lettre de crédit pour prendre jusqu'à mille hvres à Tours, où vous pouri'ez faire provision des meubles qu'il vous faudra. Si vous pressentez qu'on vous veuille assujettir à des choses contre nos bulles, priez Mgr de Chartres de trouver bon que vous m'en donniez avis, si vous n'y pouvez remédier à l'heure même; que si, après tout, il n'y a point de moyen, sit nomen Dei ienedidum. Je suis, en son amour, à M. Perdu que j'embrasse, et à vous, etc.

P.-;S'. — Dieu bénit beaucoup la mission qui se fait à présent à Saint-Germain où est la cour.

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