‹ Saint Vincent de Paul;Chapitre 48 sur 113 · A la reine · texte numérisé non relu

A la reine

Il se plaint à la. reine des ravages que font les soldats, qui empêchent les habitants de moissonner leurs champs.

(15 juillet 1652?)

Madame,

Paris s'est merveilleusement réjoui quand il a su que l'incomparable bonté du roi et celle de Votre Majesté voulaient que sans empêchement on y apportât du blé ; mais cette joie, madame, se trouve suivie d'un peu de tristesse en ce que les gens de guerre ne laissent pas de venir en troupes enlever les blés, non seulement dans la plaine de Saint-Denis, comme je l'ai vu, mais entre la Chapelle et la Villette, qui sont deux villages à un quart de heue de Paris oii ils courent sur les propriétaires qui osent en approcher pour faire leur moisson. Je supphe très humblement Votre Majesté d'agréer que je lui donne cet avis, parce qu'elle m'a fait l'honneur de me dire que le roi n'avait pas défendu que ceux qui avaient semé les terres en retirassent les fruits, et que je sais que, s'il plaît à Sa Majesté et à la Vôtre, madame, de remédier à l'empêchement qu'on leur donne, cela contribuera grandement à persuader au peuple qu'elles lui sont meilleures qu'il ne peut penser. Pour moi,' madame, je rendrai toujours ce témoignage à toute la terre,

par la force de la vérité et par l'obligation que j'ai d'être, comme je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, madame, de Votre Majesté le très humble serviteur et sujet, etc.

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