Aux évêques de France
Il invite les évêques à signer une lettre au Souverain Pontife, pour demander que le Saint-Siège se prononce dans la question du jansénisme.
1" février 1651.
Les mauvais effets que produisent les opinions du temps ont fait résoudre un bon nombre de nos seigneurs les prélats du royaume d'écrire à N. S.-P. le pape, pour le supplier de prononcer sur cette doctrine. Les raisons particulières qui les y ont portés sont : 1° que par ce remède ils espèrent que plusiem^s se tiendront aux opinions communes, qui sans cela pomTaient s'en écarter (comme il est arrivé de tous, quand on a vu la censure des deux chefs qui -n'en font qu'un); 2° c'est que le mal pullule parce qu'il semble être toléré ; 3° on pense à Kome que la plupart de nosseigneurs les évêques de France sont dans ces sentiments nouveaux, et il importe de faire voir qu'il y en a très peu ; 40 enfin, ceci est conforme au saint concile de Trente, qui veut que, s'il s'élève des opinions contraires aux choses qu'il a déterminées, on ait recours au souverain pontife pour en ordonner. Et c'est ce qu'on veut faire, monseigneur, ainsi que vous verrez pax la même lettre, laquelle je vous envoie, dans la confiance que vous aurez agTéable de la signer après une quarantaine d'autres prélats qui Pont déjà signée, dont voici la liste, etc.
(1) Cette lettre avait été adressée aux évêques qui vinrent assister à Paris à l'assemblée du clergé. Saint Vincent en envoyait la copie aux autres évêques de France, et il écrivait, pour les intéresser à cette affaire, à Nicolas Pavillon, évêque d'Aleth ; à Alain de SolminUiac, évêque de Cahors ; à François Caulet, évêque de Pamiers ; à Pvaoul de la Guibourgère, évêque de La Koclielle ; à Pierre de NiveUe, évêque de Luçon ; à François de Perrocliel, évêque de Boulogne, afin que leur aclliésion enlevât au parti janséniste le crédit qu'il prétendait tii-er de l'appui de ces évêques.