‹ Saint Vincent de Paul;Chapitre 69 sur 113 · A Monsieur Get, supérieur, à Marseille · texte numérisé non relu

A Monsieur Get, supérieur, à Marseille

8 février 1658.

Je rends grâces à Dieu de la proposition qu'a faite M. le chevaher Paul (1) d'aUer en Alger pour tirer justice des Turcs.

(1) Voici ce que M. l'abbé Maynard dit du chevaher Paul (Vie de saint Vincent, t. I^^, p. 467) :

« Il y avait alors en Provence un capitaine du nom de Paul, sorte de Jean-Bart, à manières seulement moms rudes, à qui les circonstances seules, peut-être, ont manqué pour acquérir toute la célébrité du grand marin de Dunkerque. Paul de Saumur, plus comm sous le nom de chevalier Paul, avait eu pour berceau une barque, où sa mère, simple lavandière, l'avait mis au monde, vers la fin de 1597, pendant une traversée de Marseille au château d'If. Il avait eu pour parrain le gouverneur même de ce château, Paul de Fortin, qui lui donna son nom. Ses mstmcts tout maritimes se révélèrent de bonne heure. Encore tout enfant, il voulut s'embarquer comme mousse. Refusé par le capitaine, il se glissa en cachette derrière des baUots de marchandises, d'où' il ne sortit que lorsque le vaisseau fut eu pleme mer.

Je vous prie de le voir de ma part, de le congratuler de ce dessein ; qu'il n'appartient qu'à lui de faire de tels exploits ; qu'il en a déjà fait de fort beaux ; que son courage avec sa bonne conduite et ses bonnes intentions donnent sujet d'espérer un heureux succès de cette entreprise ; que je m'estime heureux de porter son nom et de lui avoir fait autrefois la révérence chez M. le cardinal, et que je lui fais un renouvellement des offres de mon obéissance. Je suis en l'amour de Notre-Seigneur, etc.

P. -S. — Vous l'entretiendrez du traitement qu'il a été fait à M. le consul d'Alger, et lui pourrez dire qu'il relèvera la France des insultes que ces barbares prennent sm' elle ; qu'il ne saurait faire une œuvre plus agTéable à Notre-Seigneur.

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