Au frère Jean Parre, de la Mission^ à Eam
Il le prie, de la part des dames de la Charité, de s'mformer adroitement des besoins des pauvres, afin qu'on puisse évaluer la dépense et préparer ce qui est nécessaii'e.
De Paris, ce 21 juiUet 1667.
Mon cher Frèee,
Dieu soit éternellement béni et glorifié de votre retour sur les pauvres frontières et de votre heureuse arrivée à Ham, où ie vous embrasse en esprit.
Voici quelques lettres que nous avons reçues pour vous depuis votre départ.
Je n'assistai pas hier à l'assemblée pour quelque petite incommodité qui m'est survenue. Les dames ont désiré que je vous prie, comme je fais, de vous informer adroitement en chaque canton oii vous passerez, et en chaque hallage, quel nombre de pauvres il y am^a, qui aient besoin d'être habiUés l'hiver prochain de tout ou en partie, afin que l'on puisse juger à quelle somme pourra aUer cette dépense, et que vous puissiez
(1) M. Olier avait moins de quarante-neuf ans.
préparer les habits à bonne heure. On estime qu'il vaudra mieux acheter de la tiretaine que de la serge. Il faudra donc que vous écriviez les noms de ces pauvres gens, afin qu'au temps de la distribution l'aumône soit pour eux et non pour ceux qui s'en pourront passer. Or, pom' les bien discerner, il faudrait les voir chez eux, pour connaître à l'œil les plus nécessiteux et ceux qui le sont moins. Mais étant impossible que vous puissiez faire seul toutes ces visites, vous pomTez y employer des personnes de piété et prudence, qui aiUent droit en besogne et qui vous informent de l'état d'un chacun en sincérité. Mais il faut que cette information se fasse sans que les pauvres sachent le dessein, autrement ceux qui ont déjà quelques habits les cacheraient pour se montrer nus.
On désire savoir en quelle viUe de Picardie se font ou se vendent certaines couvertures de fil et de laine qu'on a cidevant distribuées pour les pauvres malades qu'on avait à bon prix, et combien elles coûteront à présent. Je suis en Notre- Seigneur, mon cher frère, votre très humble (1).