‹ Sainte-Anne-de-la-Pocatière, 1672-1900Chapitre 5 sur 15 · LES SEIGNEURS DE LA POCATIERE · texte numérisé non relu

LES SEIGNEURS DE LA POCATIERE

SOMMAIRE: 1^8 héritiers de Marie- Anne Juchereau.— La famille Ruette d'Auteuil, — En 1767, Charles- Aug^uste Réaume devient seinieur. — En 1777. Lachlan Smith lui succède. — h. n 1835, Amable Dionne acquiert la seigneurie et ia transmet â sa famille qui la détient actuellement.

De son mariage avec François Pollet M. -Anne Juchereau, seigneuresse de la Pocatière, n'eut qu'une enfant : Marie-Thérèse, baptisée le 27 mars 1672. Son père était mort sept jour auparavant. Cette jeune fille épousa, le 8 octobre 1693, Pierre Leraoyne d'Iberville, fondateur de la Nouvelle-Orléans, et qui mourut en 1706, sur son vaisseau à la Havane. Sa veuve passa en France et devint comtesse de Béthune.

Marie- Anne Juchereau se maria de nouveau, 1-e 23 février 1683, avec François-Madeleine d'Auteuil, seigneur de Monceaux, conseiller au Conseil Souverain et procureur général. De ce mariage naquirent onze enfants, dont les survivants devinrent, en 1737, à la mort de leur mère, <5o-8eigneurs de la Pocatière. Ce furent : Ignace- Alexandre, Charles-François-Marie, Pierre et Louise-Geneviève. Un mot sur chacun d'eux.

Ignace- Alexandre se trouvait à Carthagène,en Espagne, lorsqu'il fit son testament, le 15 janvier 175fi, devant Fprdiiiand-XirnedcS? dePinoda,

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notaire. Il I^gua â son beau-frèie, jHcqiipi>- Pierre Daïeau de Muy, marié à Louiee-Geneviève d'Ail teu il, "tout ce qui se ttouvait a» pouvoir de son beati-frère inoii»ieYir De Muy-, en dép6t et en confiance, partie de» intérêts et hérédilé que eon défaut frère lui a lak^éi. et en outre Baille piaetres de «on fonda." On Toit dan» l'acte que Ignace-Alexandre se prévaut du titre de chev»Iie^8e^gneur d'Autenil en " Monceraine " ; il déclare de plus qu'il est le " fils aîné et héritier ponr la moitié de la fortune de son père ■'.

Charles- Fran çoie-Mari e époiia a, à Montréal, le 27 septembre 17S4, Thérèse Catin, veuve en premières noccB de Simon Béaume, marchand.

Dauteuil mounit, en 1753, à Saint-Antoine, sur la rivière Chambly.

Pierre épousa Chariotte Piot de Langloiserie, fille ainée de Charlee-Gnepaid Piot de Langloiaerie, chevalier de Saint-Louis et capitaine au régiment de Carignan. Pierre Euette d'Auteuil s'intitulait sieur de la Malotière. C'est lui qui consentit, en 1725, à donner le terrain de l'église, dans le haut du fief de la Pocatièrc.

Louiae-Geneviève s'était mariée le 30 janvier 1735, à Jacques-Pierre Daveau de Muy, cheva^ lier, ca()itaine, commandant pour le roi à Détroit. Si on en juge par son acte de sépulture, c'était un bien brave homme, aussi bon citoyen que militaire valeureux. L'acte dit: "Ayant reçu les sacrements avec toute la piété quo non» pouvions désirer à la fin d'une vie qui avait toujours été des plus édifianteK ". Il laissa pour héritiers Madeleine mariée à Jacques-Philippe Deiisle, en 1760, et Pierre-Charlea, marié à Charlotte Réaume, parente de Simon Réaume, dont il vient d'être quistion.

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Tels lurent les principaux nitmbres de la fa- Biille d*Auteuil et ses alliances. Il était bon de connaître ces détails généalogique s, afin de Hîieux comprendre le mode dont la seigneurie de Sainte-Anne passa d'aune main à une autre. Maintenant arrivons aux faits.

Nous avons dit d^^jà que, le 29 octobre 1672, l'intendant Talon avait concédé à Marie-Anne Juchereau les terres de la Grande- Anse ou fief de la Pocatière. En 1677 Frontenac et Duchesneau confirmèrent cette concession en faveur de la même personne, et on 1680, Louis XIV ratifiait cette concession.

Le 12 mai 1725, Tintendant Bégon confirmait par un acte spécial un arrangement intervenu le 15 juin 1675 entre Marie-Anne Juchereau, seigneuresso de la P( catière et Jean-Haptiste desChamis, seigneur de la Bouteillerie, par kquel les terres du long du fleuve à commencer de la concession du sieur Denis en descendant vers la Rivière-Ouolle, devaient appartenir à la dite dame Juchereau, à la réserve d*an quart de lieue de front depuis la Rivière-Ouelle en remontant qui devra appartenir à des Champs.

Il existe en outre un acte sous seing privé entre Pierre-Ruetto d'Auteuil, sieur de la Malottière et le sieur des Champs de la Bouteillerie en vertu duquel il est convenu de part et d'autre que le ruisseau nommé le " grand ruisseau " servira de borne pour marquer la séparation des fiefs la Pocatière et la Bouteillerie.

Le fief la Pocatière fut arpenté par le Rouge, dont le procès-verbal porte la date du 16 février

Le 10 novembre 1736 Michel de la Rouvil»

lière, ordonnateur en la Nouvelle-France, condamnait les habitants de Sainte-Anne intéressés dans la {)êche des marsouins, à tenir compte à leurs seigneurs du dixième des huiles, tant pour le passé que pour Tavenir.

Le 8 août 1746, Pierre Ruette d'Auteuil cédait, par son testament olographe, sa part de la seigneurie de la Pocatière, à Charles et Simon Heaume, moyennant la somme de dix mille livres tournois payables aux enfants de Daveau, sieur de Muy, pour les désintéresser ainsi que lui-même.

Le contrat de vente de cette partie de la seigneurie de Sainto-Anne fut passé le 31 octobre 1746. On y voit intervenir Jacques Daveau comme procureur fondé d'Iarnace Alexandre Ruette d'Auteuil. de Madeleine Ruette d'Auteuil, veuve de Charles Pothier de Courcy, chevalier, de Charles Ruette d'Auteuil et de son épouse Thérèse Catin, veuve de Simon Réaume.

Le prix (Je vente est de vingt mille livres.

Le 6 juillet 1763, Thérèse Catia donnait tous ses biens meubles et immeubles à son lils Charles Réaume, qui se trouvait à hériter de la part de sa mère dans la seigneurie de la Pocatière. Il ne restait plus à celui-ci pour devenir l'unique st igneur d'acheter la part de Madeleine d'Auteuil. épouse de Charles Daveau, sieur de Muy. C*estcequi eut lieu, le 9 juillet 1767, pour la somme de six mille livres tournois.

Le 23 octobre 1777, Lachlan Smith achetait de Charles- Auguste Réaume la seigneurie de Sainte- An ne. Au bas du contrat est la quittance de Guillaume Grant, député-receveur général du domaine du roi, pour la somme de 170-13 4

louis représentant le droit de quint et le tiers du droit d'achat.

Laohian Smith resta seigneur de Sainte-Anne tant qu'il vécut. En mourant il légua ses biens à ses enfants. Son fils John Gow Smith, peu soucieux de conserver un patrimoine aussi précieux, commença en 1824 à vendre le fief de la Pocatière par morceaux. Quelques années plus tard, M. Amable Dionne, riche marchand de Kamouraeka, résolut de devenir Punique propriétaire de cette vaste seigneurie, à laquelle il devait annexer le fief Saint-Denis, d'une demilieue de front, sur deux de profondeur, borné au sud-ouest f artie par la seigneurie de Saint- Roch et partie tar le township d'Ixworth. Le 16 mars 1830, il acneta la moitié du fief de la Pocatière et les sept seizièmes du fief Saint-Denis pou] 'a s m me de 2650 louis.

Le 10 juillet de la même année, M. Dionne acheta un quart du fief de la Pocatière et les c'rq-peiziènies du fief Saint-Denis, de John Fraser, qui avait acquis cette partie du dit fief d'Andrew-Lachlan Fraser.

Le 1er octobre 1832, M. Dionne acheta unhuitième de Joseph Ouellet, époux de Louise- Esther Fournel, dont la mère Marie Smith avait été mariée à Jean-François Fournel, notaire domicilié à Sainte- Anne. M. Dionne paya 627-5- 5J louis pour sa nouvelle acquisition.

Enfin, le 22 septembre 1835, le même put acquérir le dernier huitième du shérif de (Québec, lors d'une vente qu'ail fit des biens de Virginia Smith, sœur de John Gow. Comme elle était mineure, un nommé Edouard Lizotte agit com-

«ne son tuteur ** «,d hoc " pour le» fins de cette transaction.

Le 19 mars 1835, M. Amable Dionne rendait foi et hommage au diâteau Saint-Louis, comme unique seigneur des fiefe de la Pocatière et de ^Saint-Denis.

Le seigneur Smith résida à Sainte- Anne et y vécut longtemps avec «a famille. Bien qu'il eût la réputation d'être fanatique en religion, il n*en épousa pHS moins une catholique du nona de Barbara Bjto^'n. Lorsque les paroissiens construisirent une nouvelle éjilise dans le centre du fief, le «eigneur Smith se dépouilla de tous ses droite seigneuriaux sur le terrain affecté aux fins religieuses, environ six arpents. On rapporte de lui qu'il Avait donné ordre de ne jamais laisser entrer de prêtres dans sa maison, même si sa femme tombait gravement maïade.

Or, il arriva qu'un jour celle-ci fut frappée de maladie, durant l'absence ^de son man. Oa «envoya chercher le curé, qui administra la malade. A son retour, M. Smith apprit la nouvelle sans trop montrer de mécontentement.

Le seigneur Smith devint très riche et il sui conserver sa fortune ii tacte. Mais après sa mort «on fils fit sauter les écus sans se préoccuper du lendemain. John Gow se mina en prodigalités et ruina ses sœurs. Tout ce qve nous en savons, c'est que Tune d^elles dut se livrer à l'enseignement et que le ^Ib finit par scier du bois dans les rues de Québec pour gagner sa vie.

Le 30 mars 1822, M. C.-F. Painchaud, alors curé de Sainte-Anne, écrivait à Mgr Plessis qu« le seigneur Smith et «on fils avait abjuré le

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protestantisme et qu'ils feraient leur première <5Qmmunion à courte échéance.

La seigneurie de la Pocatière est restée dans la famille Dionne jusqu'à aujourd'hui. L'hono jrable Mi Amable Dionne la transmit à son fils JElisée, conseiller législatif, qui à sa mort la légua à su femme nîée Têtu^ encore vivante.

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