‹ Sainte-Anne-de-la-Pocatière, 1672-1900Chapitre 9 sur 15 · IH. MAILLOUX · texte numérisé non relu

IH. MAILLOUX

SOMMAIRE : M. Mailloux dire<iteur da collègre.^Nommé curé à la mort de M. Painchaud.— •Travaille à rendre son peuple vertueux. — Prêche contre l'ivrognerie et le luxe.-^ Charité de M. Mailloux.— Il s'intéresse aux prog^rës du collège.— Erige une nouvelle église. — ^Quelques détails sur M. Mailloux après son départ de Sainte-Anne. — Ses dernières volontés. — Sa mort.

Le successeur de M. Painchaud à la cure de Sainte- Anne fut M. Alexis Mailloux, qui depuis quatre ans, remplissait au collège les fonctions de directeur. II n'avait accepté qu'à son corps délendant cette charge un peu lourde ; pour laquelle il ne se sentait aucune disposition. Et puis il savait bien que, malgré la fermeté de M. Proulx, le directeur sortant, malgré son zèle et sa vertu, les élèves n'avaient pu se départir de cet esprit de relâchement qui les éloignait de l'observance de la règle, tant les fausses manœuvres de l'administration Chartier avaient produit de funestes résultats. Il fallait une main de fer pour asservir à la discipline une jeunesse systématiquement insoumise. Or, Pévêque connaissait l'inflexibilité de caractère de M. Mailloux, ses talents pou ordinaires et surtout sa grande piété et ses vertus. Il n'en fallait pas davantage pour que le nouveau directeur parvint un jour à semer la piété et le bon ordre au

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sein de ce collège à peine sorti de l'enfance. M . Mailloux se mit résolument à Tœuvfe et les élèves durent bientôt se plier aux exigences disciplinaires ; les débuts furent bien pénibles ; Tautorité dut sévir parfois avec une rigueur inexorable, en usant ae procédés que Ton trouverait aujourd'hui trop sévères et qui n'étaient pas toujours goûtés par M. Painchaud. De là des froissements sans nombre et une tension constante de rapports entre le directeur et le supérieur du collège. Tous deux cependant agissaient en vue du bien, mais chacun entendait y arriver à sa façon. M. Mailloux s'en tenait à la discipline absolue, M. Painchaud prêchait toujours la douceur, la clémence.

(juoi qu'il en fût, M. Mailloux finit par avoir raison des élèves indisciplinés, et lorsqu'il les eût habitués à suivre les règlements de point en point, il n'eut qu'à vouloir pour introduire la piété au collège. Aussi, disons le bien haut, c'est grâce à lui si les élèves de dainte-Anneont été, de tout temps, des enfants vertueux. Lorsque M. Mailloux prit la direction de la paroisse il s'efforça encore de répandre le goût des dévotions, qui répandues dans les familles, contribuèrent à apaiser bien des discordes et à éteindre beaucoup d'abus criants,entre autres le luxe et l'ivrognerie, deux des plus grandes plaies de nos campagnes. M. Mailloux comprit qu'il devait s'attaquer immédiatement à ce double enneini de ses compatriotes, et il n'y alla pas do niain morte, car ce qu'il voulait, il le voulait bien. Nommé supérieur du collège en même

La croisade qu'il devait cantinuer plus tard dans nos campagnes et dans les régions de TIllinois, il la commença à Sainte- Anne. Son tempérament d'apôtre le faisait se dépenser jusqu'à l'héroïsme. Il ne voulut jamais connaître les douceurs d'un repos absolu, du moins t:%nt que «es forces ne lui firent i^as défaut. Les nuits blanches, les voyages à pied, les privations d'un repas, n'étaient pour lui, ç[ue bagatelles. II eût donné sa vie pour ses ouailles sans la moindre hésitation de sa part. Quelle charité chez cet homme ? Sa dîme n'entrait dans son grenier que pour retourner aux pauvres de sa paroisse. C'est à peine s'il en conservait assez pour sa subsistance et pour sa garde-robe. Toujours pauvrement mis, il voulait par là donner l'exemple de la modestie et de l'économie, deux vertus qui brillèrent chez lui du plus vif éclat.

' Afin de faire mieux pénétrer dans la masse les vertus qui lui manquent ou n'attendent que l'occasion favorable pour se développer, M. Mailloux s'adressa à son évêque pour obtenir ce qu'on appelait alors l'Indulgence de la Toussaint. Elle fut offerte dès l'automne de 1837 à la piété des fidèles. Le 28 février 1814, M. Mailloux fondait la Confrérie du Sacré-Cœur de Marie et en 1847, prenant la croix en mains il l'arborait comme un drapeau à l'usage des membres de la Société de tempérance. (1)

(i) Le 3 juillet mil huit cent quarante- sept, fut étab'ie en cette paroisse, par le révérend M. Quartier, curé de Saint- Denis.la tempérance totale sous le titre de Société de la Croix. Les MM. marchands de la paroisse s'eng'aerérent par compromis âne plus vendre de boisson, que pour cas de nécessité ur- S^ente, ou de maladie. Quatre cent vingt-deux chefs de famille prirent alors des croix. Cette belle et touchante société a été fondée à la fin des exercices solennels du jubilé.

Al. MailIjOUX, ptre.

Comme on le voit, l'œuvre de M. Mailloiix

E renaît de Textention et s'appuyait sur des ases de plus en pins solides. Prêcher et donner ]e bon exemple, c'était très bien, mais il importait pour faire germer la bonne semence, de bien préparer le terrain, de l'ameublir par des pratiques pieuses et même par des engagements solennels devant Dieu et devant les hommes.

Tel fut le caractère de son œuvre qui partout où elle prenait racine, devait rester inébranlable, solide comme le roc. M. Mailloux ne négligeait aucune occasion de faire comprendre à ses paroissiens que la foi sane les œuvres est une foi morte, suivant l'expression de l'Apôtre. Voilà pourquoi il les avait amenés peu à peu à quelques petits sacrifices soit du côté de la table soit du côté de l'habillement.

M. Mailloux ne négligeait pas son collège. Il s'intéressait aux élèves, et il travaillait à former leur caractère. Souvent il les réunissait pour leur adresser la parole et imprimer à leurs études et à leurs devoirs de conscience une saine direction. La piété qu'il avait su leur inculquer lorsqu'il était à leur côté, se maintint ferme pendant les neuf années qu'il agit comme leur supérieur. Ce fut, durant cette période, que le collège fut considérablement agrandi.

Le 8 mai 1841, M. Mailloux eut la consolation de voir poser la première pierre de l'aîle nouvelle destinée au cours commercial. Cette construction fut bénie le 11 août 18^,le jour de la distribution des prix aux élèves.

M. Mailloux attacha aussi son nom à l'érection d'une nouvelle église. Celle de 1795 était devenue insuffisante. La première pierre en fut posée le 19 juin 1845, et le 21 octobre 4e l'année sui-

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vante, Mgr A.-M. Blanchet, évêque de Walla- Walla en faisait la consécration solennelle.

C'est encore l'église que nous voyons aujourd'hui, mais elle a subi des embellissements intérieurs considérables ; on lui a annexé une sacristie de bonne dimension. M. Mailloux vécut dans le vie ux presbytère et ne s'occupa nullement d'en faire construire un neuf, ce qui n'eut pas été un luxe. Mais il ne voulut pas obérer la paroiese qui avait assez fait, pour le moment, en élevant un nouveau temple à Dieu.

L'administration de M. Mailloux n'offre aucune autre particularité saillante. Tout marcha régulièrement sous son égide ; il fit plus de bien que de bruit dans sa paroisse qu'il quitta en 1848 pour se livrer à la prédication des retraites, et il devint l'apôtre de la tempérance. En 18." 6, il courut à Kankakee, dans l'Illinois, pour y combattre le schisme provoqué par l'apostat Chiniquy.

Ce saint prêtre mourut subitement à l'Ileaux-Coudres, le 4 août 1877. Ses funérailles eurent lieu le 8, présidées par Mgr l'archevêque de Québec, qui prononça l'oraison funèbre.

Dans son testament M. Mailloux, poussé par cette humilité profonde qui le distinguait, avait exprimé le désir d'être inhumé dans le cimetière de l'Ile, au pied de la grande croix, et aussi que le* journaux fissent le silence sur sa vie. C'était trop demander à l'opinion publique, dont les exigences sont quelquefois dans l'ordre. Comment la presse aurait-elle pu éviter de faire l'éloge de ce vaillant apôtre qu'aucun obstacle n'avait pu arrêter dans ses missions laborieuses soit dans sa province, soit à

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V^tranger, de ce curé modèle, pieux, rempli d'abnt^gation, charitable; de cet écrivain modeste, mais bien renseigné sur les sujets qull traite et les traitant toujours au point de vue pratique et profitable au peuple ?

M. Mailloux. composa plusieurs ouvrages, X)puscules, qui ont été publiés. D'autres parmi les moins volumineux sont restés inédits. On est surpris de voir, qu'à travers sqs nombreuses occupations, il ait eu le temps d'écrire des livres en aussi grand nombre.

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