‹ Sainte Bathilde, reine des FrancsChapitre 11 sur 30 · SAINTE BATUILDE A LA COL'U · texte numérisé non relu

SAINTE BATUILDE A LA COL'U

Ces grands « optimafes », « proceres », avaient parcouru une longue carrière à la cour ou dans les emplois de l'État. Échansons et officiers de la table du roi, chambellans chargés du soin de ses appartements, maréchaux ou connétables préposés à ses écuries, sénéchaux commandant aux esclaves du Palais, "médecins, musiciens, chanteurs, ils avaient fait partie de sa maison, de sa haute domesticité (1). D'autres, les « antrustions », avaient appartenu aux gardes du corps, à la « truste » royale (2).

Dans les bureaux, les « scrinia », empruntés à l'Kmpire, ils s'étaient appliqués au service de l'État : scribes, notaires, chanceliers, ils avaient rédigé, transcrit, expédié les ordonnances, les décrets, les édits, les « préceptes »,les diplômes royaux; référendaires, ils les avaient signés avec le roi; trésoriers, la garde de la réserve monétaire, des pièces d'orfèvrerie, des objets d'art et de prix, des archives où l'on conservait les minutes des diplômes et la copie des lettres royales, leur avait été confiée; 'comtes du Palais, ils avaient dirigé les débats du tribunal suprême (3).

(1) Tous ces emplois sont indiqués par les écrivains contemporains : Echansons et officiers de table (Vita sancti Sigiranni, c. 1; Mabillon. A A. SS. O. S. B., sœc. 11°, p.. 414; Vita sancti Axistregisili, c. 1; ihid., p. 88), — chambellans (Freged. Cliron., c. 38; Bouquet, t. II, p. 428), — connétables (Greg. Tur., Eist. Franc, lib. X, c. 5, p. 413), — médecins (Ihid., 1. V, c. 14, p. 203), — musiciens (Vita sancti Ansherti, c. 7; Mabil., AA. SS. 0. S. B., sœc. Il", p. .1004), — chanteurs (Vita sancti Eligii, lib. II, c. 6; Migne, t. LXXXVII, col. 515).

(2) La « truste » est d'origine germanique. Tacite la signale (Germania, c. 13). Au temps de Olovis II, les « antrustions » sont les gardes du corps « bellatores » du Roi. Un serment particulier lie l'antrustion à son prince. Son « wergeld », c'est-à-dire la compensation pécuniaire due pour le dommage qui lui est fait, est triple. La loi salique (XLIV, 4; D. Bouquet, t. IV, p. 147) le fixe à 600 BOUS en cas de mort. (Cf. Marculfe, I. 18; Migne, t. LXXXVII, col. 711.)

(3) Les bureaux « scrinia » (Greg. Tur., Eist. Franc, lib. X, c. 19, p. 432), — notaires (Vita sancti Eustasii, c. 6; Mabil.. AA. SS. 0. S. B.,

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Loin du Palais, ils avaient rempli les fonctions transitoires, assez peu déterminées, de ducs, celles de comtes dans les cités, ou d'intendants des villas et domaines du fisc mérovingien (1).

Aux yeux de la foule, un même insigne les distingue, la ceinture d'or des fonctionnaires, un même titre les caractérise : ils sont les gens du Palais, les palatins (2). De degré en degré, le palatin s'est élevé en dignité. Son entrée au Palais l'a fait courtisan, « aulicus »; ses services et la faveur du prince lui ont donné successivement rang de comte, de « domesticus », de convive du roi et de grand (3).

Le futur palatin faisait un stage, dans le Palais même, pour s'instruire. Il était présenté par ses parents. Si le roi l'acceptait, il prenait place parmi les jeunes gens appelés comme lui aux fonctions de la cour ou de l'État. L'étude du droit romain, de la loi salique, de celle des Kipuaires et des Burgondes, des canons des conciles, l'art de rédiger les diplômes royaux, les règles de l'administration et la pratique des armes formaient l'enseignement donné au Palais, 1' « érudition palatine (4j ».

ssec. 11°, p. 110), — scribes (Vita sancti Anslierti, c. 7; ihid., p. 1004), — chanceliers (De Virtutihus sancti Martini, lib. IV, 28; Migne, t. LXXI, col. 1001), — référendaires (Greg. Tur., Hist. Franc, lib. V, c. 45, p. 238), — trésoriers, ihid., lib. IV, c. 26, p. 162), — comtes du Palais (ihid., lib. IX, 12, p. 369).

(1) Intendants « domestici ». (Vita sancti Arnulfi, c. 4; Mabillon. A A. SS. 0. S. B., sœc. 11°, p. 141; Marculfe, lib. I, c. 39; Migne, t. LXXXVII. col. 724; lib. II. 52, ihid., col. 756.)

(2) « Cingulum aureuni. « (Vita sancti Eligii, lib. I, c. 13; Migne, t. LXXXVII, col. 492.) Déjà, chez les Romains, la ceinture d'or était l'insigne des fonctionnaires : « aulicis palatinie adjungitur. » (Greg. Tur., Eist. Franc, lib. X, c. 29, p. 440.)

(3) Fortunat, Carmina, lib. VII, 15; M. G. H., Auctor Antiq., t. IV, p. 170; Vita sancti Boniti, c. 3; Mabillon, AA. SS. 0. S. B.. t. III, p. 79.

(4) " Militaribus gestis ac aulicis disciplinis. » (Vita secunda sancti Wandregisili, c. 2; Mabil., AA. SS. 0. S. B., saec. 11% p. 512), — « regalibua militiis aptum » (Vita llcrmcnlandi, c. 3; ihid., saec. 111°, p. 366), — « eruditione palatina » (Vita sancti Aredii, 3; D. Bouquet. Historiens des Gaules, t. III, p. 412.)

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