V[ INTRODUCTION
elles étaient menacées. Cet exode fut pour plusieurs un acte héroïque de confiance en la Providence. Dans ces conjonctures où tout moyen de sauver les maisons religieuses faisait défaut, l'abbé de Fontenelle, Dom Pothier, confia à sainte Batliilde le monastère qu'elle avait jadis secouru et chargea un de ses moines d'écrire son histoire. Telle est la raison d'être de ce livre.
Cependant ce n'est pas la première fois que la vie de sainte Bathilde est tirée des vieilles légendes pour être livrée au public. Le Père Binet, en 1624, M. Meurisset, en 1895, et, entre les deux, les compilateurs des vies de saints, ont donné des biographies écrites principalement en vue de l'édification (1). Mais parce que Bathilde est à la fois une sainte et une reine, régente pendant plusieurs années d'un grand royaume, il reste à mettre en lumière son action dans l'Eglise franque et dans l'Etat autant que la pénurie des documents le permet. Deux biographies très courtes et quelques récits des hagiographes et des chroniqueurs contemporains sont, en effet, les seules sources où l'historien peut puiser.
Dès la mort de la sainte, sa légende, c'est-à dire une brève notice de sa vie et de ses actes, fut rédigée en latin barbare par un moine de Chelles proba-
(1) La Vie excellente de sainte Bathilde, Royne de France, fondatrice et religieuse de Chelles, par le E. P. Eatienne Binet de la compagnie de Jésus; Paris, S. Chappelet, 1624. Vie de sainte Bathilde. Reine de France, par le docteur Meurisset. Lille, Desclée,
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blement. Publiée au dix-septième siècle par les BoUandislcs et Mabillon, qui en avaient rectifié l'orthographe, elle a été éditée de nouveau en 1888 par M. B.Krusch avec ses incorrections originales (1).
Quand la langue s'épura au souffle du renouveau littéraire provoqué par Gharlemagne, le texte de l'écrivain mérovingien fut amendé et augmenté en quelques endroits par un correcteur anonyme mais de Chelles à coup sûr, comme l'indiquent assez nettement quelques passages (2). Ainsi que la première, cette seconde vie a été éditée par M. B. Krusch après Surius, Duchesne et les Bollandistes (3).
Les Vies de saint Wandrille et de saint Eloi, la translation de sainte Bathilde, la Continuation des Chroniques dites de Frédegaire^ le Liber Historiée Franconon ajoutent çà et là un renseignement, un épisode, quelquefois douteux, aux données sûres et précises parfois, vagues le plus souvent, du premier biographe (4).
(1) B. Krusch, Vita sanctse ISalthildis, Scriptores Berum Merovingicarum, t. II, p. 475; dans les Monumenta Germanise JSistorica. — Bolland., t. III Januarii, p. 354. — Mabillon, Acta sunctorum ordinis sancti Benedicti, sasculo 11°, p. 742; édition de A'enise.
(2) >< Domna Balthilde regina, cujus hodie, exultantibus animia feata recolimus... » (Vita B. sanctse Balthildis, c. 2; Script, lier. Mer., t. II, p. 483.) Voir aussi le chap. 7, où la restauration de l'abbaye de Chelles est relatée; p. 489.
(3) B. Krusch, loco citato; Surius, Vitx Sanctorum; A. Duchesne, Historix Francorum Scriptores.
(4) Vita sancti Wandregisili altéra, Bolland., t. V, Julii, p. 272 et seq. — Vita sancti Eligii; Script. Rer. Merov., t. IV, p. 639 et seq. — Translatio sanctse Balthildis, AA. SS. 0. S. B., sœc. IV°, pars la, p. 427. Chronic. Fredeff. continuationes ; Krusch, Script. ^''o' /^^'■<'^'-' *• I^' P- 168. — Liher Hist. Francorum, Krusch, ibid., p. 215. Cet ouvrage a été publié par Dom Bouquet sous le titre de « Gesta Begum Francorum » daus le Recueil des Historiens des Gaules, t. II, p 54.