VIIJ INTRODUCTION
Pour replacer la sainte Régente dans son milieu, de nombreux écrits et documents étaient à consulter dans les collections de Mabillon, de Baluze, de dom Bouquet, de Mansi, de Pardessus, de Migne, de Pertz, de Maassen, de Krusch (1). En outre, les érudits et les écrivains contemporains, B. Guérard, Fustel de Goulang-es, le Cardinal Pitra, Rozière, MM. Malnory, Vacandard, A. Longnon, Marignan, Levillain, P. Viollet, Dom Besse, ont été mis à contribution (2).
A mesure que les matériaux de ce travail s'accumulaient et se rangeaient autour de la sainte héroïne, elle en paraissait comme écrasée. Un petit nombre de documents, en effet, la concernent, tandis que la plupart mettent en relief le temps où elle vécut (3). De là, deux défauts de ce livre.
(1) Mabillon, Acta Sanctorum O. S. B. et Annales Ordinîs sancti Benedicti. — Baluze, Capitularia, Leges. etc.; Dom Bouquet, Recueil des Historiens des Gaules; Edition Palmé; Mansi, Conciliorutn Collectio; Pardessus, Diplomata; Migne, Patrologia Latina; Pertz; Maassen; Krusch, Monumenta Germanise Historica.
(2) B. Guérard, Polyptiçiue de l'athé Irminon; Fustel de Coulanges, Histoire des Institutions ■politig.ues de l'ancienne France; Dom Pitra, Vie de saint Léger; Eozière, Recueil général des Formules; Malnory, Quid Luxovienses Monachi discipuli sancti Co- Ivmhani; Vacandard, Vie de saint Ouen; Aug. Longnon, Géographie de la Gaule au VI' siècle; Atlas historique de la France; Marignan, Etudes sur la civilisation française; Levillain, Examen critique des chartes de Corhie. Ce sont les chartes rectifiées par M. Levillain qui ont servi de base aux deux cliapitres de cet ouvrage consacrés à la fondation et aux privilèges de l'abbaye de Corbie. — P. Viollet, Histoire du droit civil français; Histoire des Institutions politiques et administratives de la France; Dom Besse, La France monastique. Les Moines de l'ancienne France.
(3) Le lecteur remarquera que les références sont souvent accompagnées des passages sur lesques le texte s'appuie et que d'autres fois elles renvoient simplement aux sources. La raison la plus ordinaire de cette différence est la longueur de certains passages qu'il eût fallu citer en entier, tels plusieurs canons des conciles mérovingiens. Ainsi l'appareil de notes déjà considérable eût été disproportionné.
INTKOD LOTION IX
Dans le décor trop vaste, Bathilde, le principal personnage, se rapetisse: elle ne joue qu'un rôle effacé parmi les acteurs et les figurants qui remplissent la scène. En fait, il en est ainsi même pour les chefs d'Etat dont l'action a été très personnelle, mais les détails, les anecdotes, les actes importants conserves par les lettres, les mémoires, les pièces officielles permettent à l'historien de reproduire aisément les traits de son héros et de le placer en évidence au milieu de la foule environnante. Un tel bonheur est refusé à quiconque tente d'écrire la vie des grands personnages de l'époque mérovingienne. Le second défaut est la conséquence du premier ; l'ouvrage ainsi conçu manque d'unité. 11 n'est pas la simple biographie et n'est pas davantage l'étude fouillée des institutions d'un peuple à une époque donnée; il emprunte à l'un et à l'autre genre les éléments de son être aux dépens de sa propre perfection.
Au cours de ce récit le lecteur rencontrera quelques épisodes miraculeux trouvés chez les hagiographes ou les chroniqueurs. Ils ont été rapportés sans aucune appréciation, mais avec l'indication de l'auteur et sous sa responsabilité. Si loin des événements, en l'absence de tout autre témoignage que celui du narrateur, souvent anonyme, aucune autorité humaine ne peut en affirmer ou en nier l'authenticité. Aussi bien reste-t-il à les traiter