CHAPITRE PREMIER
Erchinoald possédait plusieurs de ces grands domaines; Ihistoire en signale quelques-uns dont il se défit Ainsi il légua à FÉglise de Rouen et à l'abbaye de Saint-Denis une propriété qui fut l'objet d'un procès terminé vers l'an 639 par un jugement de Clotaire III (1).
En 649, le maire du Palais en vendit une autre à saint Gond, neveu de saint Wandrille. Cette terre avait appartenu au fisc mérovingien; elle s'appelait Bothmariacus; une petite rivière y naissait et l'arrosait (2". Le nom de Bothmariacus n"a pas, comme tant d'autres, traversé les âges, attaché à la terre qui l'avait reçu. Un plus illustre, celui du moine Wandrille, l'a remplacé, couvrant de sa gloire le monastère et le village sortis des broussailles du domaine mérovingien 3).
Il ne semble pas que la propriété cédée à saint Gond fut une villa en pleine activité; peut-être même n'y fautil voir qu'une partie du domaine. Bien que par sa cons-
10 hectares et demi et payait 183 francs, ce qui mettait le prix du fermage du colon, par hectare, à 17 francs de notre monnaie. Le manse servile avait une étendue moyenne de 7 hectares et demi, et ses redevances et ses services peuvent être évalués à 162 fr.s cela mettrait le prix du fermage du serf par hectare à environ 22 ir. a'aujourd'hui. » (Fustel de Coulanges, L'AUsu et le domaine rural, p. 423. Cf. B. Gucrard, Polyptyque de Vahhé Irminon, t. I, Prolégomènes, p. 894 et suiv.) Ces conclusions doivent être acceptées avec réserve parce que les mesures anciennes, l'arpent, le bonnier, Te journal, la perche, l'ansange, que B. Guérard a tenté de rendre en ares et hectares, n'ont pas eu jjartout la même valeur; bien plus, dans un même lieu cette valeur n'a pas été constante. Ces calculs ne sont donc qu'approximatifs. (Cf. Aug. Longnon, le t'uli^piijipje. de l'Ahhaye de Saint-Germain-des-Prés, t. I, Introduction, p. 17 et suiv.)
(1) Pardessus, Biplomata, t. II, n° 334, p 111; Tardif, Monuments historiques, n° 17, p. 14.
(2) « ... possessionem quas vocatur Bothamariacas... « {Gesta Ahbatum FontaneUensium, I, 5; Pertz, t. II. Script., p. 272, édit. in-folio) ; « ...possessio... quse largitioni clari régis Dagoberti sibi (Rothmaro) indulta fuerat. I-»s auteurs du GaJUa 't. XI, p. 156) et Loevenfeld (Gest. Al>. Font., p. 13 et 16) lisent Eothmariacensem au lieu de Bothmariacas : E. A'acandard, sur la foi d'un manuscrit de la bibliothèque du Havre, remontant au dixième ou onzième siècle, maintient la leçon " Bothmariacas » (Vie de saint Ouen, p. 166.)
(3) Saint- Wandrille-Eançon (dép. de la Seine-Inférieure).