ET LA PRINCESSE MATUILDE
Uie s'était-il donc passé au j uste pour que la princesse tiilde fût ainsi sortie de ses gonds? En vérité, rien traordinaire. Le Moniteur ayant été disloqué pour besoins de la politique gouvernementale, Sainteté, à qui le Temps faisait des offres réitérées, les avait inées pour demeurer avec Dalloz au Moniteur Unisrl, qui cessait d'être officiel, pensant qu^il allait î (( plus libre et plus vif ». Or, ce fut le contraire qui [iva. Dalloz dut partager la direction du journal c, un associé dont les opinions étaient aussi cléricales possible: à telle enseigne que, quelques jours après, [ue Sainte-Beuve envoya son premier article sur iseignement des jeunes filles à la Sorbonne et les jns de poésie de Paul Albert, onlui demanda d'y faire coupures à cause d'une critique toute littéraire qu'il tenait à l'adresse de l'évêque de Montpellier. Sainteve refusa net, en disant qu'il ne voulait blesser la science de personne, mais que ce serait la première depuis quarante ans qu'il ferait une concession de nature. Et le 3o décembre i868,il se retira duilfo/zi- ' en écrivant à Dalloz un billet qui se terminait par mots : « Au diable les fanatiques ! » mq j(jurs après, l'article passait tel quel au Temps. iiore si, comme le dit la Princesse, d'Alton-Shée fut r quelque chose dans ce coup de théâtre (i), mais ce
r>, 6 janvier 18G9), je ne me porte point garant de l'authenticité des s de la princesse Matliilde. M. Jules Troubat, dans une lettre au /S du Hj janvier 1904, a déclaré que le récit des Concourt est « absot fantastitjue et fantaisiste ». 11 doit le savoir mieux que personne. i<lant les pro[)OS que ces mémorialistes trop amis du cancan mettent la bouclic de la l*rincesse s'accordent si bien avec son tempérament I n'ai pas hésité une seconde à les rapporter ici, estimant que, tenus
ils traduisaient bien la pensée de la Princesse... en colère. * Dans sa lettre au y^m/js ,dont il est (uiestion plus haut, M. Jules Troubat, 1 de d'Alton-Shée, dit : <« Le nom de d'Alton-Sliée vient bien malheuacnt dans le récit dos Concourt. L'aucicn pair de P>ancc était ami et
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qu'il y a de sûr c'est que ce fat l'éditeur Charpentieii qui prévint NefFtzer. Il était venu rue Montparnasse! apporter à Sainte-Beuve le montant de ses droits d'au-| teur sur la dernière édition de Volupté^ et dès qu'il fui| mis au courant de la situation, il conseilla au critique des Lundis d'accepter les [ofFres du Temps. On sait 1(| reste. [ A présent, Sainte-Beuve manqua-t-il, dans l'espèce 1 aux devoirs qu'il avait contractés envers l'Empire en re cevant le titre de sénateur? La question est assez délicate Il est toujours fâcheux de mettre les apparences contre soi, eût-on cent fois raison dans le fond; or, il est certain que Sainte-Beuve avait mis dans cette affaire hâ apparences contre lui. Aujourd'hui que nous avons so™ les yeux toutes les pièces du procès, je ne vois rien à r€?l prendre, ou pas grand'chose, à la note justificative qu'dil trouva dans son portefeuille, au lendemain de sa movii Il était évidemmentde bonne foi quand il disait: « Qu'iml porte l'organe? On ne doit méjuger que sur mes articles*^ Je ne trahis pas mon parti en acceptant d'écrire dans ur journal d'opposition, et ce n'est pas ma faute si le gouvernement de M. Rouher a si bien arrangé les chosejj qu'un écrivain ayant un titre officiel ne puisse plus dinj toute sa pensée que dans une feuille adverse. Je quittr Vofficialité^ rien de plus, rien de moins! » N'empêche que son passage au Temps avait l'air d'une trahison oi' d'une fuite. En tout cas, étant donnés les égards et h reconnaissance qu'il devait à la princesse Mathilde, il me semble qu'il aurait pu la consulter et, par un expose sincère de la situation, la faire entrer doucement dam.
cousin de Sainte-Beuve : il venait le voir très souvent ; il l'assistait dans sî maladie, comme ne cessa de le faire le prince Napoléon pendant toute l'an née 1869, mais il ne fut pour rien dans son passage au Temps. »