‹ Sainte-BeuveChapitre 26 sur 30 · PALINODIES SUR LE TERRAIN POLITIQUE ET SOCIAL · texte numérisé non relu

PALINODIES SUR LE TERRAIN POLITIQUE ET SOCIAL

Nous venons de faire allusion à l'évolution politique de Sainte- Beuve pendant les dernières années du second Empire. Quoi qu'on puisse penser des fautes ultérieures de son gouvernement, Louis- Bonaparte avait représenté dès la fin de l'année 1848, la réaction rationnelle devenue nécessaire pour sauver la civilisation française au lendemain d'une orgie de mysticisme rousseauiste éperdu. Et c'est bien ainsi que le critique des Causeries du Lundi avait tout d'abord envisagé le rôle du nouveau souverain que s'était donné son pays. Nous avons vu avec quelle netteté il avait exprimé sa conviction sur ce point. Lorsqu'il se sentit à la fois rassuré sur la solidité, au moins provisoire, de l'édifice social à l'abri duquel il lui fallait achever ses jours et ressaisi par les séductions des divers myslicismes dont s'était enchantée sa jeunesse, il commença de regarder la politique napoléonienne avec de tout autres yeux, sans s'en rendre compte. L'Empereur avait eu d'ailleurs le tort de ne lui faire aucune avance, aucune politesse personnelle. En 1855, une audience aux Tuileries lui avait été promise : elle fut ajournée sine

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die, puisque, le 17 mai 1856, il écrit (1) : « A l'heure qu'il est, je n'ai jamais vu le chef de l'État (en particulier sans doute), et n'ai jamais eu l'honneur de lui parler! » Il y avait certes là une négligence maladroite à l'égard d'un aussi chaleureux partisan du nouveau régime et nous savons déjà que 1856 marque précisément une date dans l'évolution des idées morales de Sainte-Beuve. En 1863 seulement, il sera invité à Compiègne.

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