CONNAISSANCE
Le début de l’histoire est partout. Comment, le 8 juillet 1826, parut un article du Globe , aigre et anonyme, contre Cinq- Mars , le premier des grands livres populaires du romantisme ; comment, le 30 juillet, Hugo, alors au mieux avec Vigny, riposte dans la Quotidienne par un panégyrique ; comment six mois plus tard le Globe , si sévère pour Cinq-Mars , publie une étude flatteuse sur le nouveau recueil
LETTRES DE SAINTE-BEUVE
des Odes et Ballades ; quel échange de visites s’ensuivit aussitôt ; comment Hugo et son critique se trouvèrent voisins sans le savoir et comment se passa leur première entrevue1, tout cela n’est qu’à rappeler en deux mots. C’était chez le poète : « Madame Hugo, raconte Sainte-Beuve, me demanda à brûle-pourpoint de qui était donc l’article un peu sévère qui avait paru dans le Globe sur le Cinq- Mars de de Vigny : je confessai qu’il était de moi 2. » Si Sainte-Beuve espérait le secret, il ne
1. Revue de Paris , 15 décembre 1904 : Lettres de Sainte-Beuve à M. et madame Victor Hugo , publiées par Gustave Simon. — Cf. encore, Lettres de Victor Hugo à Alfred de Vigny , publiées par Ernest Dupyn ( Revue d'histoire littéraire de la France, avril-juin 1904.) L’article sur Cinq-Mars est reproduit dans les Portraits contemporains II, p. 537. L’article de la Quotidienne dans Alfred de Vigny par Léon Séché, p. 124.