Inédit
A ALFRED DE VIGNY 119
nent beauté et santé et n’aboutissent qu’à de petits avortemens. J’eusse été heureux de plus causer avec vous de vous-même.
J’avais pensé que ce que vous m’aviez dit et rectifié dans notre conversation, Revue en main, suffisait quant aux faits. Le reste, vous le sentez, est bien variable et tient à des impressions qui vont se modifiant elles-mêmes ; je vous l’abandonne. Cela est plus rectifiable, d’un ouvrage à l’autre du même auteur, qu’en revenant sur un point de vue une fois pris. J’ai été, je vous l’avoue, plus préoccupé peutêtre qu’il ne convenait, en écrivant cet article, de l’article autrefois fait par Planche, article honorable mais faux selon moi, mais inexact quant aux faits et aux inductions, du moins pour toute une partie à moi connue. Au reste, mon cher
LETTRES DE SAINTE-BEUVE
ami, vous êtes de ceux qu’on retrouve plus d’une fois sous sa plume, et dont les rentrées en scène donnent lieu à des jugemens souvent nouveaux. Vous me permettrez donc d’espérer qu’il n’y a rien d’irréparable dans ce qui est fait. En attendant que nous fassions cette causerie que je regrette de voir retardée, croyez bien à tous mes sentimens de cœur.
Ce 23 juin [1836] x.
Et Vigny, toujours confiant dans l’amitié de ses amis, récidive quelques jours après, parle encore d’ « embrasser »
Sainte-Beuve : on s’embrassait beaucoup dans le monde romantique. Mais, à l’heure où nous sommes, c’étaient un