LX ARTICLE RECENT SUR LA QUESTION
M. Gabriel Aubray fait de même; voici ses paroles :
» Et vous voulez lui faire dire, pour la joie de l'écraser, cette bêtise qu'il a descendu le Mississipi jusqu'à son embouchure; qu'après avoir, en été, rempli sa vision des sites variés du Nord, il s'est enfoncé, venant la saison des pluies, dans les plaines sans fin de l'Alabama et de la Géorgie et qu'il a en quelques pages, en quelques lignes, ou plutôt en un mot, fait tenir 1.500 ou 2.000 lieues d'exploration ajoutées aux 500 autres!
« Mais il a dit le contraire, et justement dans la version inédite que vous citez :
« Quand je touchai aux Xatchez en 1791. rien n'était « encore réglé dans ce pays (donc, grammaticalement, e le pays des Natchez, et il l'a seulement touché). »
« Épiloguez après cela sur ce mot « les Natchez » , faites. lui signifier, contre la grammaire et l'évidence, au lieu du pays indéterminé où errent de la Nouvelle-Orléans à rOhio les sauvages Natchez, la ville très lointaine des Natchez, qui n'existait pas en 1791, et cela sous prétexte qu'en 1822 Chateaubriand a écrit cette phrase : ^ Si je * revoyais aujourd'hui les États-Unis, je ne les reconnai- « trais plus; là où j'ai laissé des forêts, je trouverais des « champs cultivés. Aux Natchez (et je traduis encore, moi expliqué plus clairement qu'aux passages déjà produits, Bertrin sera autorisé à dire que, par les Natchez, il n'entendait pas la ville des Natchez, mais tout le territoire de parcours de la tribu. Et l'on n'aura rien à lui répliquer. » Devant ce qu'il appelle ■■ la conjecture adroite de M. Beitrin », M. Bodier abandonne donc le texte principal sur lequel il s'était d'abord appuyé : Quand je touchai aux Xatchez. Et il ne se fonde plus que sur ceux dont nous montrons facilement (pp. 204-217) le caractère insignifiant dans la question qui nous occupe (Patrie d'Alala et hutte de Céluta, description d'Apalachucla, route des Natchez à Salem, etc.). Eu relisant ce passage après un long intervalle, je trouve qu'il ressemble beaucoup à une retraite, opérée avec des combats d'arrière-garde qui masquent un peu le mouvement.
« au pays des Natchez), au lieu de la hutte de Céluta, « s'élève une ville de 5. 000 habitants » ; traduisez ce mot (le quelqu'un qui, errant aux brandes de Sologne, dii-ait : « Nous suivions à peu près des sentiers que relie « maintenant la grande route des Pyrénées à Paris par « Toulouse et Limoges», dans ce sens qu'il prétend être allé à Toulouse et aux Pyrénées, ce sont là pures jongleries de mots et qui prouvent seulement aux têtes carrées le péril de ces soi-disant méthodes critiques dont on fait vanité '.
« Car rien ne prévaut contre ce fait : Nulle part Chateaubriand n'a écrit avoir descendu jusqu'aux plaines du bas Mississipi, et il a une fois écrit le contraire. »
Quant à l'argument tiré des sources « livresques » dont le Vojjage en Amérique s'inspire, voici comment s'exprime le Mois :
« M. Bédier a recomposé l'itinéraire avec tous les noms de lieux cités dans les romans ou à travers les notes, extraits et traductions du Voyage d'Amérique- Après quoi, enlacé lui-même dans sa captieuse malice à double fond, il s'évertue à retrouver à travers je ne sais combien de relations de voyageurs les « sources » de Cliateaubriand et poursuit pendant cent pages la taquinerie d'une confrontation absolument vaine. »
L'auteur rappelle alors les endroits du (îcnie, de la Défense du Génie, des Natchez, des Mémoires, oii Chateaubriand tantôt cite autrui en le disant, et tantôt nomme les devanciers dont il utilise les renseignements. Puis il ajoute :