A M. ALPHONSE FEILLET
Monsieur,
Je viens de lire avec grand intérêt votre savant, édifiant et effrayant ouvrage sur toutes ces misères et ces charités. Je vous remercie du bienveillant appel qui me concerne 2, j'y songerai.
Nous rencontrerons, je crois, votre livre dans nos concours -à l'Académie, il y trouvera des défenseurs.
Veuillez agréer, Monsieur, etc.
mvier 1SG2.
1. L'ouvrage dont Sainte-Beuve accuse ici réception, la Misère an temps de la Fronde, est parvenu aujourd'hui à sa ifl édition, et a été couronné par l'Institut. J'ai parlé de cette œuvre bâtie, à chaux
et à ciment, une des plus consciencieuses, des plus satisfaisantes de l'érudition moderne, dans mon volume de Critique militante. En ces derniers temps, M. Feillet, victime de la guerre civile, a vu brûler la maison qu'il occupait à Neuilly et, malheur plus irréparable, la riche bibliothèque qu'il avait réunie à force de recherches et de soins. Il commence en ce moment dans la collection <\e> grands classiques (chez Hachette) une édition des Mémoires du cardinal de Retz, qui promet d'être définitive. — Pendant que ce volume -'imprimait (lévrier 1872), M. Alphonse Feillet a été em- ! quelques jours par une attaque de paralysie. Ce consciencieux historien, qui était en même temps un excellent bomme laisse de profonds regrets à ceux qui l'ont connu et aux amis de la science historique.
ù. Allusion à la page 2ii, où M. Feillet lui demandait de traiter la charité de Port-Royal pendant la Fronde.