‹ Sainte-BeuveChapitre 2 sur 31 · LES » 0()\SOI.'\TIO\S » ÎO · texte numérisé non relu

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brûiiul et de l.ainarlinc, tons driix rntyaiils Dans un poiMuo lirdi»' à ce diMiiior, il lui «lil m joie (mi Irtonlant : un jour, ils se |»n»nu'n('nMit onsrniMo, rnnsant dr la dt'slinô«' Ininiainr, dr nos sondrancrs, di^ l»i'v>niiis. <li' nos à mes :

Moi siirloiit, moi plus jotiiic, inconnu, ciiriiMix, J'aspirais v<»s nv^ards, je lisais dans vos \('iix (I).

Lainarlinr, i'miui dcsi'onlidrnccs de son jcnnc confivn», Ta pris par la main, cl lui racontant sos jn-oprcs sonlfiances, l'exhortant à se tourner vers Dieu (|ui seul donne la paix, il Ta a ramené jus(|n'an ciel ^ .

(lommc tous les êtres qui vivent d'impressions plus que de réalité, Sainte-Beuve s'abandonne à son culte des grands hommes, culte dans le(juel il aj)porte une humilité grandie par Timagination (2).

Il se persuade (ju'il a atteint la certitude; à force de désirer la foi, il croit l'avoir conquise. Il témoigne envers V'igny la même humilité exaltée. Quand le poète arrivera au ciel, il trouvera Sainte-Beuve à genoux sur son passage, en larmes et eu prières; quand son heure sera révolue, Vigny le prendra par la main et l'introduira dans les parvis célestes.

F^n 1829, le coup de barre dans la direction nouvelle semble décisif, Sainte-Heuve reconnaît avoir été ramené à la religion par le sentier de l'art et de la poésie et non par une marche théologique. Ses convictions sont sin-

(1) Poésies, t. II, p. 32.

(2) Mais, quand des grands mortels par degré j'approchai, Je me sentis de honte et de respect touché...

Je lus dans leur regard, j'écoutai leur parole; Et comme je les vis mêler à leurs discours

Uieu, l'âme et l'invisible...

Je leur dis : Prenei-moi dans vos bras, je veux voir! J'ai vu. Seigneur, j'ai cru; j'adore tes merveilles, J'en éblouis mes yeux, j'en remplis mes oreilles...

(Poésies, t. II, p. 59.)

cères et sa bonne volonté extrême; \\ regrette d'avoir ai^trefois dépouillé trop légèrement ses croyances ; dans sa première jeunesse, il n'en sentait pas tout le sens et toute la portée. Le volume les Consolations est d'une inspiration tout intérieure; le sentiment religieux lui donne un charme de douceur. Dès la préface, le poète émet une profession de foi : aux jours de malheur, les seules consolations se trouvent en Dieu, dans le devoir, dans l'interprétation du visible par l'invisible. Une fois que l'âme y a pris goût, elle s'avance a dans l'ordre magnifique d'idées qui s'ouvre devant elle à l'infini «. L'Amour l'élève et l'initie, a De là mille larmes encore, mais délicieuses et sans aucune amertume ; de là mille joies secrètes, mille blanches lueurs découvertes au sein de la nuit; mille pressentiments sublimes entendus au fond du cœur dans la prière; car une telle àme n'a de complet soulagement que lorsqu'elle a éclaté en prière, et qu'en elle la philosophie et la religion se sont embrassées avec sanglots (1). «

En Dieu seul on trouve « sécurité et plénitude » , lui seul accorde « des remèdes appropriés aux misères de l'àme -n (2) ; il est notre fin dernière, nous n'avons de repos à espérer qu'en lui et dans le travail de notre àme (3).

Le jeune néophyte a des rêves de vie monastique.

La solitude est chère à qui jamais n'en sort; F^lle a mille douceurs qui rendent calme et fort. Oh! j'ai rêvé toujours de vivre solitaire En quelque obscur débris d'antique monastère (4).

Il aura sa chambre sombre, la fenêtre étroite et taillée à vitraux sera garnie de lierre, « une mousse furtive «

(1) Poésies, \ II, p. il

(2) Ifnd , p. i;5.

(3) Ibid.,\^. 5.

(4) Ihid ,\^. 40.

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