‹ Sainte-BeuveChapitre 8 sur 31 · V.t pour longtemps les bois et Toubli sont plus doux (I · texte numérisé non relu

V.t pour longtemps les bois et Toubli sont plus doux (I

Les Pensées d'Août portent maintes traces de ressemblance avec Volupté^ dont elles sont contemporaines. Derrière le poète, le psycliolo<jue apparaît, Sainte-Beuve s'analyse comme dans son roman. Dans une pièce adressée à son confident, Tabbé Barbe, le crilicjue reprend sou thème favori, l'amour de la vie campa<]narde et de la retraite. Il envie cet ami resté dans la ville de province et vivant encore dans la maison où il est né. Ce sage n'a pas u tour à tour de tout astre essayé « ; chaque vent ne l'a pas 'i tour à tour balayé « (2).

Sainte-Beuve songe à l'heureuse époque de sa jeunesse, aux promenades avec Barbe sur les falaises de Boulogne, dans le vallon du Denacre, ou à Rupenbert pour la récolte des fruits. Comme Amaury, il dévoile ses propres défauts : une curiosité intellectuelle portée à l'excès, une versatilité constante, une paresse qui l'empêche de se fixer :

Je vais donc et j'essaie, et le but me déjoue,

Et je reprends toujours, et toujours, je t'avoue.

Il me plaît de reprendre et de tenter ailleurs.

Et de sonder au fond, même au prix de douleurs;

D'errer et de muer en mes métamorphoses ;

De savoir plus au long plus d'hommes et de choses.

(1) Poésies, t II, p. 225.

(2) Ibid., t. II, p. 245.

Dussé-je, au bout de tout, ne trouver presque rien : C'est mon mal et ma peine, et mon charme aussi bien. Pardonne, je m'en plains, souvent je m'en dévore, Et j'en veux mal guérir... plus tard, plus tard encore (I) î

Sainte-Beuve, médecin des âmes, sait les remèdes appropriés à son mal; ailleurs, il dit sou besoin d'une discipline morale :

Ce qu'il faut, c'est à l'âme un malheur, un devoir!

Une épreuve contre laquelle il aurait à lutter exercerait sur lui une purification, elle le g^uérirait de ses mauvaises habitudes et de sa susceptibilité maladive.

Un malheur bien reçu, quelque douleur sévère Qui tire du sommeil et du dessèchement, Nous arrache aux appâts frivoles du moment, Aux envieux retours, aux aigreurs ressenties; Qui mette bas d'un coup tant de folles orties Dont avant peu s'étouffe un champ dans sa longueur. Et rouvre un bon sillon avec peine et sueur (2) !

La sagesse est dans une résignation courageuse.

Sans plus chercher au bout la pelouse rêvée,

Acceptons le chemin qui se brise au milieu ;

Sans murmurer, aidons à l'humaine corvée,

Car le maître, c'est Dieu (3) !

Au milieu des doutes, devant la perte des illusions, sous le coup des méchancetés du monde, une retraite suprême nous est réservée, un a cloître intérieur d, où

(1) Poésies, t. II, p. 247.

(2) Ibid., t. II, p. 137.

(3) Ibid,, t. II, p 176.

nous trouvons un rrfujjc ; (MîtivIciiODs dans noln^ coMir r.nnour du prochain, la croyance dans la honlc de Dieu.

M(Mnc dans les erreurs, mrine dans les («nnhats, Mi^ine au sein du «(raud doute où s'enipôelienl nos pas, l'n esprit de pardon, d'indul'jence et de larmes, Ihic facilité de prier sous les armes (1).

Avec les Pensées d'Août, Sainte-Beuve (évolue de plus en plus vers Tamour des vies humhles. Il nous dit les principes de son art poétique. Le génie des grands romanticjues Tcfrarouche, il n'ose suivre la voie glorieuse qu'ils ont frayée avant lui : Lamartine a régné, « chantre ailé qui soupire, il plane sans effort ^^ ; Hugo, lutteur énergi(iue, tel un haron féodal, a comhattu sous l'armure et tenu haut sa bannière, tandis que 'i Vigny, plus secret,

Comme en sa tour d'ivoire, avant midi rentrait » (2).

Devant ces maîtres, le cadet s'efface :

Venu bien tard, déjà quand chacun avait place, Que faire? Où mettre pied? En quel étroit espace? Les vétérans tenaient tout ce champ des esprits. Avant qu'il fût à moi, l'héritage était pris (3).

Il ne veut donner son attention qu'aux aspects plus tranquilles de la nature; au lieu de peindre les vastes sentiments et les visions grandioses, il s'attachera à considérer les détails inaperçus :

Je ne vis qu'une fleur, un puits demi-creusé. Et je partis de là pour le peu que j'osai (4).

(1) Poésies, t. II, p. 203.

(2) Ibid , t. II, p. 231.

(3) Ibid., t. II, p. 231.

(4) Ihid , t ni, p 232.

Il veut racheter l'idéal par la vérité de ses tableaux. Son horizon est borné par une modeste chaumine, demeure d'un artisan dont on entend fonctionner le marteau; tout le jour la forge adossée au coteau lance son bruit et sa fumée à travers la pensée embaumée du poète.

Dans sa recherche d'une forme nouvelle, Sainte-Beuve s'égare hors de la vraie poésie. Il dit, en efifet :

Plus est simple le vers et côtoyant la prose, Plus pauure de belle ombre et d'haleine de rose Et plus la forme étroite a lieu de le garder (I).

Conformément à son programme, Sainte-Beuve nous ofire eu un style dénué de toute poésie quelques portraits de personnalités obscures. Marèze, esprit élevé et sans prétentions, se contente d'un gain minime et mène une existence paisible :

Il tenait, comme on dit, un cabinet d'affaires; De finance ou de droit il débrouillait les cas. Et son conseil prudent disait les résultats (2) .

Enfin un héritage lui permet de se retirer à la campagne dans un a frais pavillon au volet entr'ouvert i' . Quelques livres, des tableaux, le travail des vers suffisent à le rendre heureux. Mais une sœur sans ressources lui demande l'hospitalité; une cliente ruinée par un ancien clerc recourt à sa protection. Aussitôt Marèze renonce à ses aises; pour soutenir sa sœur et dédommager la veuve, il jjrend dans un bureau une place de commis, et là emprisonné :

Sans verdure à ses yeux que le vert du rideau. Il vit, il y blanchit, régulier, sans murmure, Heureux encor le soir d'une simple lecture

(1) Poésies, i II, p. 233.

(2) Ibid., t. II, p. 138.

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A cM^ do sa sœur, — nn poMn «ouvont Oii'uu iTlonr ôtoiiffé lui rond trop (^mouvant, Kt sa voix s'inlorrompl;... — locluro plus sacrée A râine dôlicale vi loul lo jour sevrée (1).

DouJun est un homme doux et sans aminlion, telle une fleur dont le parfum érlia|)pe à qui ne se baisse pas ver» elle II donne tonte sa tendresse à une mère infirme. Quand il ne Ta pins, hahitant deux mansardes en plein faubourg, il fait de ce logis un temple en mémoire de la chère défunte; il met sa joie dans le fauteuil où elle s'asseyait, dans une tasse où elle buvait, dans le livre d'heures où elle priait. Un maigre pot de fleurs, une vieille chatte sont ses seuls compagnons. Pour se distraire, il fredonne quelque chanson vieillotte, aimée de sa mère, ou copie de la musique afin de rembourser une dette. Quand ses chefs veulent lui donner de Tavancement, il se dérobe, si grand est son besoin d'effacement.

Ramon de Santa-Cruz, ancien soldat portugais, a connu les passions et combattu héroïquement dans maintes batailles. Usé par les orages de l'existence, il s'est retiré à Paris avec sa vieille mère qu*il entoure d'une adoration chevaleresque. Ces deux exilés au cœur amer s'adoucissent mutuellement par la piété de leur affection; le rayonnement d'amour et de respect dont ils s'éclairent l'un l'autre guérit les blessures de leurs cœurs ulcérés.

« Monsieur Jean v remplit les fonctions de maître d'école dans un village. Il apporte dans sa tâche un esprit idéaliste et s'efforce d'éieiller chez ses élèves l'étincelle divine. L'àme de chaque enfant est pour lui une chose sacrée. Ce modeste instituteur est un enfant trouvé, élevé par les soins d'une dame noble. Une douce camaraderie

(1) Poésies, t II, p. 140.

le lie à la fille de sa protectrice. Alais l'âge de la puberté arrive, il doit renoncer à cette affection; au jour de sa majorité, la présidente de ... lui révèle son origine : il est un des fils abandonnés par Jean-Jacques Rousseau à la charité publique. Il a hâte de connaître son père et accourt à Paris, plein d'émoi. Rousseau le reçoit fort mal ; Jean n'ose avouer le motif de sa visite et s'enfuit, péniblement atteint par cet accueil rébarbatif. Il consacre de longs mois à de pieux pèlerinages, afin de guérir son double chagrin; il veut oublier la jeune fille qu'il ne peut épouser et le père qui l'a répudié. Revenu au pays, il s'établit auprès de sa nourrice et entreprend l'instruction des enfants du village. Une fois par an seulement, il va dîner chez celle qu'il a aimée. Son existence est toute d'abnégation. Un mois avant sa mort, à la Saint- Jean d'été, il mène ses écoliers au parc d'Ermenonville. On part à l'aurore. Les enfants accrochent au passage les branches pendantes dont la fraîche rosée se répand sur le bon vieillard. Une messe est dite en mémoire de Rousseau. Monsieur Jean pleure et tressaille d'espérance en songeant à celui pour lequel prient ces jeunes cœurs. Il assiste avec joie aux ébats des enfants, puis sur l'herbe se met à leur parler de la vie éternelle, les exhortant à une vie noble. Bientôt il les quittera pour un autre monde, de là-bas il les suivra encore avec amour. « Heureux par le vieux maître, aimez-vous tous pour lui (1)! " s'écrie-t-il en terminant. La nuit tombe déjà, une étoile brille au ciel. Le vieillard, assis sur un tertre et montrant les beautés de la nature environnante, semble un second vicaire savoyard parlant le langage du Sermon sur la montagne.

Rousseau, dans les sphères supra-terrestres, le reconnaît comme son fils et le montre avec orgueil aux Sagesses célestes. Par sa vie de sacrifice, Jean a racheté les fautes

(1) Poéfiex, t H, p. 172.

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(le son p^re; tous deux (l(^livrrs, ils iiionlonl au ciel cnscnihle.

Ces porsonnajjos |)rcsent(''s dans les Pensées d'août ont en commun (|ucl(]ucs traits de caractère : tous ils se (lisliuj|ucnt par une tendresse dévouée et une douce rési- «jnation, tous ils trouvent une compensa lion aux échecs (le rexisleuce dans une grande alî'ection et dans le renoncement aux ambitions terrestres. Sainte-Beuve a aimé ces «^tres déshérités, il a compris la beauté de leurs existences sacrifiées et s'est efforcé de communie) uer sou admiration à ses lecteurs. Il se sentait lui-même comme Tun d'eux; depuis sa jeunesse, il luttait contre la pauvreté et vivait modestement avec une vieille mère. Et pourtant cet essai, si intéressant, si original soit-il, est avorté. Malgré sa sincérité, le poète n\i pas réussi à nous émouvoir. Trop souvent il semble poussé par un principe abstrait, comme un travailleur cherchant à remplir un programme; ce style, à force de poursuivre le naturel, finit par ne plus être naturel du tout; on y sent un parti pris de simplicité qui paralyse Télan poétique.

Deux poètes contemporains s'essayèrent dans le même genre. Une comparaison avec Wordsuorth et Lamartine révèle les défauts des Pensées d'août. Sainte-Beuve n'a pas su jeter sur son œuvre Tétincelle qui fait vivre et qui émeut. Ses habitudes et son àme n'étaient pas assez conformes à celles de ses personnages. Wordsworth, dès sa jeunesse, vécut retiré à la campagne avec sa sœur et dans la compagnie de quelques intimes, menant une existence des plus modestes et en contact habituel avec les gens du peuple. Ses distractions consistaient en promenades, en travaux champêtres, en méditations^. Il vivait dans cette délicieuse région des lacs anglais, au milieu des montagnes et des vallées. Ses yeux ne rencontraient que des spectacles paisibles : de fraîches nappes bleues parsemées d'îles verdoyantes, des sommets, escarpés en apparence,

mais facilement accessibles, des chemins ombragés aux courbes gracieuses suivant les sinuosités des collines. Wordsworth trouvait sa joie dans des causeries avec les paysans et dans l'observation minutieuse des détails du monde visible : les nuages, les mille incidents amenés par les heures, par la température ou par les saisons; sa poésie porte le reflet de Tambiance harmonieuse où elle a pris naissance.

Lamartine a donné dans Jocelyn un rival redoutable aux Pensées d'août. Jocelyn a toute la flamme et tout Télan qui manquent à Monsieur Jean et à Doudun. En racontant la vie du curé de Valneige, il s'est un peu raconté lui-même; l'ingénuité, la foi, la sensibilité, qu'il attribue à son héros, il les possédait en propre, quoique à un titre moins pur. De plus, il a passé la meilleure partie de son enfance et de sa jeunesse à la campagne et a vécu l'existence idyllique qu'il dépeint.

Sainte-Beuve n'a pas cette simplicité d'àme ; si, par sa situation modeste, il est qualifié pour apprécier la valeur d'un Marèze ou d'un Doudun, il ne possède pas toutefois ce calme contentement devant l'infortune qu'il attribue à ses héros. Il ressent pour les humbles une sympathie sincère, mais il ne se donne pas à eux; ce sentiment n'est en lui que passager, mental. Cet homme de lettres trop nerveux et influençable subit malgré lui la fascination du monde, il est loin d'avoir dépouillé toute ambition ; la gloire littéraire, les succès de salon exercent leur mirage sur lui; de plus [Volupté nous l'a bien montré), la fréquentation de dames peu austères et très complaisantes le retient à Paris et nuit à la sérénité de son âme.

Le recueil des Pensées d'août nous raconte un voyage en Suisse. A part quelques absences en Angleterre, aux bords du Rhin ou de rapides séjours à la campagne, Sainte-Beuve n'a pas eu de contact avec la nature. Une visite en Suisse, pays romantique par excellence, aurait dû,

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spfiible-t-il, (^v<Mll(»r un sons nouveau vu lui. 11 a fait des excursions, il est vrai, mais en inlclleetjiel et en lionune de eahinet, c'esl-à-dire sans plaisir et avec essouftlement. La vue du lac de (îen^ve l'énient 11 décrit uu oraye et note les teintes des vayues; une pai\ se dégaye pour lui de ces étendues azurées :

ô Léman, vers toi j'en' reviens plus heureux;

Ta clurlé uic suffit; apaisé je sens mieux

Que tu liens en douceur tout ce qu'un cœur demande (l).

Pendaut plusieurs saisons, il a contemple avec une admiration craintive les montagnes de Savoie qui bordent le lac :

De ces monts tout est beau, chaque heure en a ses charmes, Chaque climat y passe et s'y peint tour à tour ; . Kt Tétranger lui-même, y vivant plus d'un jour, A les trop regarder, se sent naître des larmes...

Oh ! pour le cœur amer aux pensers obscurcis

Et pour tout exilé qui resonge à sa joie,

Oh! qu'ils sont beaux encor, ces grands monts de Savoie,

Vus des bords où, rêveur, tant de fois je m'assis (2) !

Des préoccupations d'historien se mêlent à ses peintures, les souvenirs littéraires dominent dans sa pensée, chaque instant d'une promenade en bateau amène un nom illustre : Coppet où vivait xMme de Staël, Lausanne, Vevey, Clarens immortalisés par Rousseau.

Aux montagnes escarpées il préfère les plaines tranquilles qui conviennent mieux à ses goûts modérés; les séjours dans le pays de Vaud chez ses amis Olivier lui ont inspiré de jolis vers :

Paix et douceur des champs ! simplicité sacrée !

(1) Poésies, t II, p. 322.

(2) Jbid., t. II, p. 325, 326.

Arrivé d'hier à Eysins, il ressent déjà l'effet bienfaisant de la campagne vaudoise, des pensées plus saines lui prennent l'àme et le pénètrent :

Point de merveille ici ni de haute contrée,

Point de monts, de rochers, si ce n'est aux confins;

Mais des vergers, des prés l'un de l'autre voisins.

0 doux chemins tournants! ô verte haie en fleur (J) !

Malgré quelques souvenirs émus, la nature n'est pas pour lui une amie, il la regarde parfois même avec une sorte d'inquiétude :

Et pourt?int, et bientôt, cette nature immense

Laisse un grand vide au cœur et le tient à distance (2) .

Pour être content, en quelque lieu où il se trouve, il lui faut la présence ou le souvenir d'un ami. La nature seule ne lui est pas une compagne, il ne la goûte qu'à travers l'homme et non par un contact direct; toujours il a besoin

De ressaisir au cœur l'écho du cœur sorti.

De chercher au sentier ce qu'un autre a senti (3) !

Devant un paysage grandiose qui l'intimide, il veut prendre un guide, un détail familier qu'il puisse rattacher à une personne connue ou aimée :

Un banc au bord du lac, un ombrage, une allée Où d'avance l'on sait qu'une âme, un .jour voilée. S'est assise en pleurant (4).

(1) Poésies, t. Il, p. 327.

(2) Ibid., t. H, p. 256.

(3) Ihid., t. II, p. 256.

(4) Md., t. II, p. 250.

lies Pensées d'Août furent le dernier essai poéticjiie de Sainte-Beuve. Les eritijjues adressées à ce recueil le décourajjèrenl. Aussi bien il sentait que sa veine était épuisée, l'inspiration, dès lors, lui nian({ua; sa voie, décidément, se trouvait ailleurs.

Toutefois, ses prétentions au titre de poète n'étaient pas pure présomption. Plaints articles des Lundis, certaines lettres dans lesquelles il s'épanche nous montrent une âme émotive, qui saisit et qui rend avec grâce mille nuances dans la vie des hommes et des choses. Les circonstances développèrent en lui des tendances directement opposées à l'épanouissement de ses dons. \m\ de la vie champêtre, il a vécu enfermé parmi les livres à Paris; ami des humbles, il a fréquenté les salons et les célébrités de la capitale; admirateur de la religion, il a laissé son esprit se disperser à toutes influences; bien que pauvre, il n'a pas mené l'existence habituelle, réelle, intérieure de ses héros. Ce poète des simples avait une àme subtile, curieuse et diverse; il ne trouva pas la note familière et émue, mais il s'égara dans des obscurités, et tomba dans la prose, employant des métaphores fausses et un style entortillé. Trop souvent sa poésie trahit l'effort d'un écrivain qui entrevoit la beauté mais n'a pas le souffle assez puissant pour l'atteindre et s'y maintenir.

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