‹ Sainte-BeuveChapitre 7 sur 163 · I AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

I AVANT-PROPOS

force : et II a laissé un relevé des différentes façons de penser de l'humanité. »

Est-il bien vrai pourtant que son unique passion ait toujours été de tout comprendre ? Parmi toutes ces doctrines dont il a fait le tour, parmi toutes ces idées qu'il transperçait de son aigu et clair regard, n'a-t-il jamais choisi pour son compte personnel? Lui étaient-elles toutes également inditîérentes ? Etait-il bien réellement convaincu qu'elles étaient toutes également vaines et illusoires? Etaient-elles vraiment pour lui matière à simple curiosité, non à croyance, et se contentait-il de presser délicatement l'orange pour la rejeter ensuite avec dédain? En un mot, le fond de Sainte-Beuve est-il bien comme on l'a dit, « un scepticisme essentiel » ? C'est l'opinion de M. Faguet l. Oserai-je dire que je suis d'un avis presque contraire? Non pas, on l'entend bien, que je veuille faire de l'auteur des Lundis un croyant de l'espèce de Vinet par exemple; et je suis tout prêt à reconnaître que, dans la dernière partie de sa vie surtout, il a pu paraître à plus d'un réaliser l'idéal — humainement d'ailleurs irréalisable — du sceptique parfait. Néanmoins, je ne puis m'empêcher d'être très frappé de déclarations comme celle-ci que je trouve à la fin d'un article sur Ballanche 2, article qui lui avait permis de mesurer tout le « libéralisme » d'Armand Garrel et des rédacteurs habituels du National :

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