Et ils firent alliance pres du puits du serment
33. Or, Abimélech se leva, et Phicol , ehef de son armée , avec lui, et ils retournèrent en la terre des Philistins. Et Abraham planta un bois à Bersabée , et invoqua en ce lieu le nom du Seigneur, du Dieu eternel.
34. Et il habita durant de longs jours dans la terre des Philistins.
Y 32. Hébr. autr. : « Ils firent donc ainsi alliance à Bersabee. »
X* 33. L'hébreu transporte au verset suivant le nom d'Abraham que la Vulgate exprime ici.
Ibid. Ce bois était une espèce de temple, selon l'usage de ces pré. miers temps.
COMMENTAIRE
Du jeu d' Ismael.
Les Hébreux croient que par ce jeu d'Æsmaël il faut entendre qu'Ismaël se moquait de la piété d'Isaae, qui refusait d'adorer des idoles qu'Ismaël avait faites en se jouant.
La jalousie d'Ismaël contre Isaac, sa haine secrette et la crainte de perdre les avantages dont il s'était flatté en qualité d'ainé d'Abraham ne purent demeurer longtemps sans éclater, surtout dans ua naturel hardi, violent, impétueux comme l'Écriture nous dépeint Ismael.
Conduite d' Abrüham envers Agar.
Cet enfant était né d'Agar, lorsque Sara devint féconde et mit au monde Isaac; bientôt a désobéissance d'Agar et le caractère féroce
d'Ismael firent craindre à Sara pour les jours de son fils Isaac. Elle exigea que la mère et l'enfant fussent éloignés de la tente paternelle, et Abraham y consentit, Ce procédé a paru dur et injuste à ceux qui n'ont pas examiné les circonstances et pesé la valeur des termes. 1l est dit qu'Abraham donna du pain et de l'eau à ces deux. bannis (Gen., eh. xxt, v. 14). Or, dans le style de l'Écriture, le pain signifie la nourriture, la subsistance, les choses nécessaires à la vie. Dans notre langue méme, lorsqu'un homme sans fortune dit à son protecteur : «Donnez-moi du pain,» il entend: «Procurez-moi une subsistance honnête.» D'ailleurs, dans cette circonstance, Abraham obéissait à l'ordre de Dieu beaucoup plus qu'au desir de Sara, et Dieu lui avait promis de protéger Agar et son fils (Gen., ch. xxr, v. za et 13). Aussi ne voyons-nous aucune inimitié entre Ismaël et Isaac, soit pendant la vie, soit aprés la mort d'Abraham, ni aucune division entre leurs descendants.
Pour juger sensément de la conduite des patriarches, il faut se placer dans les mêmes circonstances ; se rappeler les mœurs et les usages qui régnaient dans les premiers âges du monde. |
LA GENÈSE, CHAPITRE XXII