Servus autem euneta quee gesserat , narravit Isaac
: Vis ire
67. Qui introduxit eam in tabernaculum Saræ matris suc, et aecepit eam uxorem; et in tantum dilexit eam, ut dolorem qui ex morte matris ejus acciderat, tempe-
raret *.
$ 53. Sous le nom de vases on entend généralement des bijoux, des ajustements et les autres présents qu'Eliézer fit à Rébecea, Y 54. Hébr. : « Ils mangéreut et ils burent, lui et ses gens, et ils rent la nuit. Le lendemain , ils se levérent le matiu, et il dit. » ^ 55. L'hébreu porte, et dixit; mais le samaritain dit, et direrunt, ÿ 56. Hébr. : « A rendu mon voyage heureux. » y Gr, Hébr.: « Qui ayant reçu Rébecca, s'en alla. » Y 62. Mébr. : « Isaac venait d'arriver du puits, appelé le puit de celui qui vit et qui me oit (ou qui vit et qui voit tout.) » C'est le puits auprès duquel Agar eut une vision, (Sup. xv, 7, t$.) An
52. Ce que le serviteur d'Abraham ayant entendu, il tomba prosterné sur la terre et adora le Seigneur.
53. Et, sortant des vases d'or et d'argent, et des vétements, il les donna à Rébecea en présent; et il offrit aussi des présents à ses frères et à sa mère.
54. Le repas commencé, ils demeurérent là, mangeant et buvant ensemble. Le serviteur, s'étant levé le matin, leur dit : Laissez-moi partir, afin que j'aille vers mon maitre. |
55. Et les frères et la mère de Rébecea répondirent : Que la jeune fille demeure au moins dix jours avec nous, et ensuite elle partira.
56. Ne veuillez pas, dit-il, me retenir, parce que le Seigneur m'a dirigé en ma voie : laissez-moi partir, afin que j'aille vers mon seigneur.
57. Et ils dirent : Appelons la jeune fille, et demandons4ui ce qu'elle veut.
58. Appelée, elle vint, et ils lui demandérent : Veuxtu aller avec cet homme ? Elle dit : J'irai.
59. Ils l'envovérent done, elle et sa nourrice, et le serviteur d'Abraham et ses compagnons,
60. Implorant toutes choses heureuses pour leur sœur , et disant : Tu es notre sœur : puisses-tu croître en mille et mille générations, et ta race posséder les portes de ses ennemis !
61. Rébecca done et ses filles étant montées sur les chameaux , suivirent l'homme, qui retournait en hâte vers son seigneur.
62. En ce méme temps Isaac se promenait dans le chemin qui mène au puits qui a nom de celui qui vit et qui voil : car il habitait dans la terre du midi ;
63. Et il était sorti pour méditer dans la campagne, au déclin du jour; et, comme il levait les yeux, il vit de loin venir les chameaux.
64. Rébecca aussi, ayant aperçu Isaac, descendit de son chameau,
65. Et dit au serviteur : Quel est celui qui vient dans la campagne à notre rencontre? Et il lui dit : C'est mon seigneur. Et elle prit aussitôt son voile et se couvrit,
66. Or, le serviteur raconta tout ce qu'il avait fait à Isaae :
67. Lequel conduisit Rébecca dans la tente de Sara sa mère, et la reçut pour femme; et il l'aima tellement, que la douleur que lui avait eausée la mort de sa mere fut adoucie.
lieu de l'hébreu a veniendo ,on lit dans le samaritain, £n desertum; et les Septante ont lu ainsi. Le sens serait donc : Isaac était venu dans le désert du puits de celui qui vit et qui voit tout, La particule juxta, qui se trouve exprimée dans le grec, a disparu également dans le samaritain comme dans l'hébreu.
y 63. Pent-être qu'au lieu. de ad meditandum, il. faudrait lire ad revertendum ; « et il est sorti de désert pour s'en retourner par les champs. »
d 6r. Hébr, : « HL l'aima, et il se consola de la mort de sa mère, » Il y avait environ'trois aus que Sara était morte.
LA GENÈSE, CHAPITRE XXV
COMMENTAIRE
Explication du serment d'Elieser à Abraham.
Voici les réflexions de saint Augustin :
« Les Juifs soutiennent, dit ce Père, qu'il jura par la cireoncision : pour nous, nous disons qu'il jura par un des descendants d'Abraham; c'est-à-dire par Jésus-Christ, qui devait naitre de lui. Il n'y à point de doute, dit-il ailleurs, qu'il n'ait juré par celui qui devait sortir de sa race ( ce qu'il répète dans le premier livre contre Jovinien ). Le commandement que fait Abraham À son serviteur, de mettre la main sous sa cuisse, cause quelques difficultés aux ignorants, parce qu'ils ne font point attention que cette action a été une grande prophétie de Jésus-Christ , qui faisait connaitre que le Seigneur, le Dieu du ciel et de la terre, prendrait un corps qui serait sorti de celte cuisse.»
Le méme saint assure la méme chose dans le chapitre xvt. de {a Cité de Dieu, et il ajoute : « Sont-ce là de faibles preuves de la | vérité que nous voyons maintenant accomplie en Jésus-Christ? » |
» Par la cuisse, dit saint Ambroise, nous entendons la race. Or, | la race d'Abraham est Jésus-Christ. »
« Ces grands hommes ne parlent point en doutant, et ne paraissent point s'être communique cette explication, dit Dnguet; ainsi l'on
doit regarder ce qu'ils disent comme une vérité, ou confirmée par tradition, ou évidente dans l'Écriture. »
Saint Jérôme, saint Grégoire, l'abbé Rupert, Tirin, etc, ont vu aussi dans ee serment une espéce de profession de foi au Messie, qui desait naitre d'Abraham.
Plusieurs croient que cette. maniere de préter serment était une cérémonie symbolique qui marque de la soumission et de la dépendance envers celui à qui l'on rend ce devoir, En effet, celui qui place sa main sous la cuisse d'un homme assis se met hors d'état d'agir, et s'oblige en quelque sorte de ne faire usage de sa main qu'autant qu'il le lui permettra.
Joséphe l'historien assure qu'encore de son temps, parmi les Juifs, celui qui exigeait le serment, de méme que celui qui le faisait, mettaient eu mème temps la main sous la cuisse l'un de l'autre,
Dans ees temps reculés, on portait déja l'épée, le. couteau des sacrifices , le couteau de chasse, le poignard sur la cuisse. Quiconque mettait sa main sous Ja cuisse de quelqu'un , faisait par-Ià. méme une espece de serment que, s'il manquait à sa parole, il méritait d'être frappé du glaive que portait celui à qui il s'engageait. Kimchi , savant rabbin espagnol, nous apprend que cette méme cérémonie était pratiquée par les Juifs dans tout l'Orient,