Jgitur egressus Jacob de Bersabee, pergebat Haran
X 2. Mébr. : ^ Allez à Padan-Aram. » Padan-Aram ne signifie pas la Mesopotamie en général; mais seulement la partie qui est cultixee ou labource, le plat pays de la Mésopotamie, La partie septentrionale dela Mésopotamie est fertile et abondante en pâturages; la partie méridionale est stérile et déserte. ram en hébreu est le mom de la Syrie. De là vient que la Vulgate met en Syrie cette portion de la
Mésopotamie.
1. C'est pourquoi Isaac appela Jacob et le bénit , et lui donna ce commandement : Ne prends pas une femme de la terre de Chanaan:
2. Mais leve-toi, et va en Mésopotamie de Syrie, vers la maison de Bathuel, père de ta mère, et prends pour femme une des filles de Laban ton oncle ;
3. Et que le Dieu tout puissant te bénisse et te fasse croître et multiplier , afin que tu sois le chef d'un grand peuple ;
4. Et qu'il te denne la bénédiction d'Abraham, et à ta postérité après toi, afin que tu possedes la terre de ton pélerinage, qu'il a promise à ton aieul.
5. Et lorsqu'isaae eut renvoyé Jacob, celui-ci s'en alla en Mésopotamie de Syrie, vers Laban fils de Dathuel Syrien, frere de Rébecca sa mère.
6. Et Esaü voyant que son père avait béni Jacob, et qu'il l'avait envoyé en Mésopotamie de Syrie, afin qu'il prit là une femme; et qu'après la bénédiction, son pére lui avait dooné ee commandement : Tu ne prendras point pour femme une fille de Chanaan ;
7. Et que Jacob, obéissant à son père et à sa mère, s'en était allé en Syrie ;
8, Sachant aussi que son père ne voyait pas d'un bon œil les filles de Chanaan,
9. M alla vers Ismaél , et prit pour femme , outre celles qu'il avait déja, Mahéleth fille d'Ismaél , fils d'Abraham , sœur de Nabaioth.
10. Or Jacob, parti de Bersabée, poursuivait son chemin vers Haran.
Ibid. Wébr. litt, : « Frère de votre mere, »
X 4 Hebr. : « Que Dieu (Samar. Que le Seigneur) a donnée à Abraham. » .
y, 6. L'hébreu dit : « En lui donnant sa bénédietion, » €t joint cela à la phrase précédente; mais il parait que cela convient mieux à celle-ci, et qu'au lieu de cum lencdiceret, on à pu lire, pasfqueam benediserat , comme le suppose la Vulgate.
11. Cumque venisset ad quemdam loeum, et vellet in eo requiescere post solis occubitum, tulit de lapidibus qui jacebant, et supponens eapiti suo, dormivit in eodem loco. |
12. Viditque in somnis sealam stantem super terram , et cacumen illius tangens eœlum; angelos quoque Dei ascendentes et descendentes per eam ;
13. Et Dominum innixum scalæ, dicentem sibi : Ego sum Dominus Deus Abraham patris tui, et Deus Isaac. Terram in qua dormis, tibi dabo et semini tuo.
14. Eritque semen tuum quasi pulvis terræ : dilataberis ad oecidentem, et orientem, et septentrionem, et meridiem; et benedicentur in te et in semine tuo cunctæ tribus terræ.
15. Et ero eustos tuus quoeumque perrexeris*, et redueam te in terram hane; nee dimittam nisi complevero uuiversa qui dixi.
16. Cumque evigilasset Jacob de somno, ait : Vere Dominus est in loco isto, et ego nesciebam.
17. Pavensque : Quàm terribilis est, inquit, locus iste! non est bic aliud nisi domus Dei et porta cceli.
18. Surgens ergo Jacob mane, tulit lapidem quem supposuerat capiti suo, et erexit in titulum, fundens oleum desuper.
19. Appellavitque nomen urbis Bethel, quie prius Luza * vocabatur.
20. Vovit etiam votum, dicens : Si fuerit Deus mecum, et eustodierit me in via per quam ego ambulo, et dederit mihi panem ad vescendum, et vestimentum ad induendum,
21. Reversusque fuero prosperè ad domum patris mei, erit mihi Dominus in Deum;
22. Et lapis iste, quem erexi in titulum, vocabitur * Domus Dei; cunctorumque quæ dederis mihi, decimas offeram tibi.
X 15. Hébr. : « Et voici que je serai avec vous; et je vous garderai. »
X 19. Hébr.: « Et à la vérité Luz était d'abord (ou auparavant) le nom de cette ville. » Saint Jérôme, dans ses Quæstiones
COMMENTAIRE
11. Et, arrivé en un lieu où il voulait se reposer, après le coucher du soleil, il prit des pierres qui étaient là , et les mit sous sa tête, et dormit en ce méme lieu.
12. Et il vit en songe une échelle posée sur la terre et le haut touchait au ciel, et les anges de Dieu montaient et descendaient par elle ;
13. Et le Seigneur, appuyé sur l'échelle, lui disant : Je suis le Seigneur Dieu d'Abraham ton pére, et le Dieu d'Isaac. Je te donnerai la terre sur laquelle tu dors, à toi et à ta postérité.
14. Etta postérité sera comme la poussiere de la terre, et tu t'étendras en Occident et en Orient, au Septentrion et au Midi ; et toutes les tribus de la terre seront bénies en toi et en ta postérité.
15. Et je te garderai partout où tu iras , et je te ramenerai en cette terre ; et je ne te délaisserai point jusqu'à ce que j'aie aceompli tout ce que j'ai dit.
16. Quand Jacob fut éveillé deson sommeil , il dit: Véritablement le Seigneur est en ce lieu-ci, et je ne le savais pas.
17. Et plein d'effroi : Que ce lieu est terrible! c'est ici la maison de Dieu et la porte du ciel.
' 18. Jacob se levant done le matin , prit la pierre qu'il avait mise sous sa téte, et l'éleva comme un monument , et y répandit de l'huile.
19. Et il appela Béthel la ville qui avait auparavant le nom de Luza.
20. Et Jacob fit un vœu, disant : Si le Seigneur Dieu est avec moi, et me préserve en cette voie dans laquelle je marche, et me donne du pain pour me nourrir et des vétements pour me couvrir ,
21. Et que je retourne en paix à la maison de mon père, le Seigneur sera toujours mon Dieu ;
22. Et cette pierre, que j'ai élevée eomme un monument, sera appelée la Maison de Dieu; et je vous offrirai, Seigneur , la dime de toutes les choses que vous m'aurez données.
hebr. in Gen., trouve ridicules les interprètes qui ont pris par erreur le mot prius. pour un nom propre.
X 22. Hébr. : « Sera. » Sept. : « Sera pour moi. »
COMMENTAIRE
Sur l'échelle mystérieuse de Jacob.
» Le patriarche Jacob, dit saint Grégoire de Nysse, apprit, par Ja vision de cette échelle mystérieuse qui allait de la terre au ciel, qu'il n'y a pas d'autre voie pour aller à Dieu que de tenir sans cesse sa ue élevée aux choses célestes, et de porter continuellement ses dé-
sirs vers le Ciel; en sorte qu'on ne se contente pas de demeurer dans le degré de vertu auquel on est arrivé, mais qu'on regarde comme une perte et un dommage de ne pas s'élever à un état plus sublime et plus parfait. »
On peut rapporter à cette vision ce que dit Jéses-Christ dans l'évangile selon saint Jean (ch. t, Ÿ 51) : « Vous verrez les cieux ouverts, et les anges de Dieu qui monteront et descendront sur le Fils de l'homme.» .
LA GENÈSE, CHAPITRE XXIX
Enumération des figures de l'ancienne loi.
« La plupart des événements arrivés dans les temps de la première loi n'étaient, pour ainsi dire, que des images de tout ce qui devait s'accomplir sous la nouvelle, L'histoire de l'ancien Testament offre en effet, dans ses principaux personnages, autant de types où le Messie se trouve désigné avec ses différents caracteres. Adain le représentait comme pere de la. postérité des saints; Abel, comme innocent et vierge; Noé, comme réparateur de l'univers; et Abraham , comme beni du ciel : dans Melchisedech , il se montrait comme souverain pontife ; dans Isaac , comme victime volontaire; dans Jacob, comme chef des élus, et dans Joseph, comme trahi par les siens; il était voyageur, fugitif, puissant en œuvres, et législateur, dans Moïse; soulirant et abandonné, dans Job; hai et persécuté, dans la plupart des prophètes; vainqueur en David, et roi des peuples ; pacifique en Salomon, et consécrateur d'un nouveau temple ; enfin enseveli et ressuscité, dans Jonas. Les tables de la loi, la manne du désert, la colonne lumineuse , le serpent d'airain et la pique, étaient des emblémes de ses dons et de sa gloire; le temple de Jérusalem, seul endroit où il füt permis d'adorer Dieu , était le symbole de son unité : la circoncision de la chair figurait Le retranchement des mauvaises pensées, des désirs criminels; et par le retour de la captivité de Babylone se trouvait figuree cette délivrance de l'homme esclave de ses passions, que devait opérer la sagesse incarnee. Enfin les Juifs eux-mêmes , tour à tour combles des bienfaits du Seigneur ou objets de sa vengeance , selon qu'ils étaient fideles ou sourds à ses préceptes , faisaient voir, par leur exemple, quel sort est réservé aux bous et aux méchants. La plupart des ordonnances et des réglements de Moïse renfermaient un sens mystique et beaucoup plus étendu que celui qui résultait de la signification matérielle des mots : il en était de méme des promesses que Dieu faisait à ses élus ; par exemple, ia terre qu'il leur proposait pour héritage désignait la Jérusalem téleste ; et lorsqu'il annonçait à David que son royaume subsisterait
à jamais, cela devait s'entendre de l'empire éternel que le Messie, sorti de sa race, viendrait fonder un jour. » (Morale de la Jie.)
Explication de différentes cérémonies paiennes.
On reconnait, dans le nom de Baëtulos, dans l'onction des pierres consacrées à quelques divinités, dans le culte de ees pierres mêmes, dont les parens ne sauraient rendre aucune raison, une anliquité qui nous ramène à la plus ancienne histoire du monde, et les vestiges d'un culte religieux qui s'explique par celui de Jacob.
Antiquité des monuments religieux.
* Cette pierre, que j'ai dressée comme un monument, sere appelée la maison de Dieu. »
C'est de là que ce lieu a. pris le nom d'aute/ du témoignage, qu'il a conservé jusqu'à nos jours.
Qu'on nous cite des monuments profanes d'une aussi haute antiquité, qui aient une dale aussi certaine, Celui dont. nous parlons ici est du temps d'Inachus, premier roi du Péloponese, contemporain d'Abraham. Babylone et Ninive n'existaient pas encore. Memphis était de création nouvelle, On ne trouve plus aucun vestige de ces cités fameuses; on ne connait pas méme l'emplacement. qu'elles occupaient, Une simple pierre, placée au milieu d'une campague, par un jeune berger, à traversé tous les âges.
L'autel du témoignage est sans doute tombé en ruines, du moins on le pense. Mais l'emplacement en est marqué; et il est possible que les voyageurs en retrouvent des vestiges.
Jacob s'engage ici très-clairement , suivant le texte de Moïse, à donner à Dieu la dime de tous ses biens, en cas qu'il retourne heureusement de son voyage en Mésopotamie dans la maison de son
pere.