Et lorsquil vous appelera ct vous dira
faites-vous ?
34. Vous direz : Nous sommes vos serviteurs, pasteurs dès notre enfance jusqu'à présent, et nous et nos pères. Vous direz cela, afin que vous demeuriez en la terre de Gessen; ear les Egyptiens détestent tous les pasteurs de brebis,
Que
COMMENTAIRE
COMMENTAIRE
Descendants de Jacob.
Ce chapitre contient les noms des descendants d'Israël qui passérent avec lui en Égspte , tant selon la Vulgate que selon les Septante, Plusieurs eroient , d'après saint Augustin, que tous les descendants de Jacob exprimés dans ce dénombrement n'étaient pas encore nés lorsque Jacob entra dans l'Égypte ; et en effet, il y a quelques-uns de ces descendants qui ne semblent pas avoir pu étre nés alors; tels sont entre autres les fils de Pharés et une partie des fils de Benjamin : ils disent done que ceux-ci sont mis dans ce dénombrement par anticipation.
Promesse faite à la postérité de Jacob de revenir dans la terre de Chanaan. — Joseph fermera les yeux de son père.
Les Septante : Et ego ascendere te faciam in finem ; c'est-à-dire : « Et je ferai en sorte qu'après votre mort vous soyez enterré dans la terre de Chanaan avec vos peres, »
On peut admettre cette interprétation, d'autant plus que , comme jf parait par le chapitre xurx de la Genèse, Jaceb recommaanda trésexpressément en mourant à ses enfants de l'ensevelir dans le tombeau de ses pères, en la terre de Chanaan, ce qui fut exéeuté; mais on entend communément ce passage des Israélites descendants de Jacob, qui reviarent de l'Égypte dans la terre de Chanaan sous la conduite de Moïse, puis de Josue.
Joseph quoque ponet manus suas. super oculos tuos, Ceci nous fait voir que c'était alors la coutume que les fils fermassent les yeux à leurs pères mourants , les amis à leurs amis, les pères à leurs enfants. Cette coutume touchante existe encore, comme on peut le voir dans la Relation exacte de La mort du duc de Berri en 1820 :
» Le roi (Louis XVIII), surmontant la douleur qui l'aecablait, se leva, et, malgré les instances qu'on fit pour le retenir, s'approchant du lit funèbre, appuyé sur le bras du docteur Dupuytren, il dit : Jai un dernier devoir à rendre à mon fils; et de sa main auguste il lui ferma les yeux. »
Jacob avait-il plusieurs files ?
« Il y amena avec lui ses fils, ses petit Gls, ses filles et tout ce qui était né de lui. »
Filis , ses filles. Cependant Jacob n'eut qu'une fille nommée Dina; du moins le texte sacré ne fait mention que de celle-là. Le Clerc, et apres lui dom Calmet, veulent que, suivant le génie de la langue hébraïque, le pluriel soit ici mis pour le singulier, Sans tant raffiner, on pourrait dire que Jacób arriva en Égypte avec toute sa famille, c'est-à-dire avec tout ee. qu'il avait de fils, de petits-fils, de filles et et de petites-filles.
Fils de Pharès.
« Les fils de Pharés étaient Hesron et Hamul, » La Vulgate met ici: IVatique sunt filii Phares, Hetron et Hamul.
Le Clerc à traduit, conformément au texte hébreu , fuere fMi , au lieu de nati sunt. Les Septante ont dit, comme la Vulgate, naguirent, Les Septante et la Vulgate ont apparemment traduit expres is naguirent, pour marquer que les deux fils de Phares vinrent au monde en Égypte; et en effet, on ne peut guere croire qu'ils aient pu étre déjà nés lorsque Jacob passa en Égypte, comme on l'a observé cidessus.
Descendants de Joseph.
Voilà tous les descendants de Joseph que nomme iei la Vulgate ; mais les Septante y ajoutent dans leur version einq autres descendants de Joseph par ses deux fila, Manassé et Ephraim. Les Septante ont ré celie addition du premier livre des Paralipomènes ; mais elle ne se trouve pas ici dans l'hébreu. Le Clerc observe en cet endroit que cette addition fut peut-être dans l'origine mise par quelqu'un à la marge d'un exemplaire de la version. des Septante, et qu'ensuite elle a été insérée dans le texte méme.
Manassé signifie oubli; Ephraim veut dire qui porte du fruit. Les noms que donnaient les Hébreux à leurs enfants avaient tous quelque signification,
Filia Putipharis , sacerdotis Heliopoleos.
Ce n'est point le méme Putiphar qui avait acheté Joseph pour trente sioles aux marchands ismaélites; car celui-ci n'était point prétre, et il n'aurait point consenti à le faire entrer dans son alliance après les soupçons que sa femme lui avait fait naître contre la vertu de Joseph.
Je remarque que, dans la Bible d'Avignon (17 wol. in-4?) le nom du maitre de Joseph est écrit en francais Pufíphar, et celui dont il est ici question est écrit Puriphard.
De quelle manière il faut considérer les femmes des patriarohes.
Dans les éerits des censeurs de l’HistoireSainte, Il est souvent parlé du concubinage des patriarches ; ce terme est déplacé , il ne faut pas confondre le désordre qu'il exprime avec la polygamie. Nous n'en voyons point d'exemple chez les patriarches, mais seulement la polygamie : Nous avons déjà dit plus baut pourquoi Dieu l'avait permise dans les premiers temps.
Les deux femmes de Lamech sont nommées ses épotttes ( Gen. , chap. 1v, Ÿ 19 et 23), Il est dit que les enfants de Dieu prirent des épouses parmi les filles des hommes qu'ils avaient choisies ; ce dernier terme ne signifie point qu'ils les avaient prises d'abord pour concubines, comme on affecte de le supposer. Sara, stérile, donne à son époux Agar sa servante ou son esclave, afin qu'il en ait des enfants, résolue ellemème de les adopter ; c'était une espèce de mariage. En effet, Ismaël fut regardé comme enfant légitime. Il n'est éloigné de la maison paternelle, avec sa mère, que par un ordre exprés de Dieu et pour des raisons particulières ; il se réunit à Isaae pour donner la sépulture à leur père commun (Gen., chap. xxv, X 9). Les enfants que Jacob eut de ses servantes furent réputés aussi légitimes que ceux de ses épouses, ete.
Dans l'état de société purement domestque, où les servantes
LA GENÈSE, CHAPITRE XLVII
éisient esclaves, mais pouvaient hériter, où la polygamie était à peu près inévitable et permise, il ne faut pas donner aux termes le méme sons que l'on y attache dans l'etat de société civile, où le droit naturel n'est plus le méme.
Nombre des enfants de Jacob.
En effet, joignez au nombre 66 , rapporté dans le verset 26, Jatob, Joseph et ses deux fils, vous aurez le nombre 70; mais les Septante, au lieu de 7o, lisent ic 75, et cela par suite de l'addition qu'ils ont faite au verset 20 de cinq personnes qui ne se trouvetit point dans la Vulgate.
Saint-Etienne, dans les Actes des Apótres, adopte le nombre 75. Josephe ( Ant, liv. XI, eh, vir) lit le nombre 70, et non pas 75.
Toutes ces différences ont beaucoup occupé les commentateurs,
Aversion des Égyptiens pour les pasteurs.
Joseph conseille à Jacob de dire au roi que lui et ses enfants sont pasteurs de profession, afin que ce soit un prétexte. pour que les Hébreux e les Égyptiens demeurent séparés les uns des autres. Car, ajoute le texte sacré, « les Égyptiens ont en horreur tous les pasteurs de brebis.» Or, il aurait été tres-peo prudent aux Hébreux de se méler avec un peuple qui aurait pu leur donner en plusieurs oceasions des marques de mépris, à cause du préjugé dans lequel il éwit contre tout pasteur de Brebis,
Qn doit observer ici que le terme hébreu, que la Vulgate et les
Septante ont traduit par érebis, signifie le menu bétail, savoir : les brebis et les chèvres,
Mais on demande pourquoi les Egyptens avaient en aversion les pasteurs de menu bétail, comme l'assure ici Moïse, et si cette aversion ne se répandait pas sur toute sorte de pasteurs indistinctement, tels que sont ceux , par exemple, qui puissent le gros bétail, comme les bœufs et les vaches; en sorte que, quand Moïse restreint l'aversion des Egyptiens pour les pasteurs aux seuls pasteurs de hrebis et de chèvres, | aura mis une partie pour le tout, Il est assez difficile de répondre à celte question, dont la solution dépend de la connaissance d'un usage qui existait chez les Egsptiens dans ces temps si reculés, mais qui a depuis nécessairement reçu plusieurs elangements.
Hérodote, dans le second livre de son histoire, dit expressément que les porchers, quoique Egyptiens de naissance, étaient regardés comme des profanes par les autres. Egyptiens, qui ne voulaient ni prendre nne de leurs filles en. mariage, ni leur donner les leurs pour femmes; ils ne pouvaient méme entrer dans aucun temple de l'Égypte. 8i cette coutume avait lieu en Egypte au temps d'Hérodote , celle dont parle Moise pouvait fort bien y étre reçue du temps de Jacob.
Le P. Carrières, en traduisant ce verset, met dans sa paraphrase : « À cause qu'ils mangent ces bêtes, que les Egyptiens adorent comme des dieux. »
Rondet met dans ses notes : = Qu peut-être à cause des maux qu'ils avaient sonfferts de la part de ces peuples sagabonds, connus des Egyptiens sous l'idée de pasteurs. ^ L'irruption des rois pasteurs arriva, selon la chronologie d'Ussérius, vers l'an 2084 avant l'ère chrétienne , environ 380 ans avaut l'arrivée de Jacob en Egrpte, et la domination de ces rois étrangers dura 260 ans, c'est-à-dire jusqu'aux premières années de Jaceb, qui avait 130 aus lorsqu'il
vint en Egypte.
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