‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 287 sur 1035 · ll préposa done sur eux des intendants pour les · texte numérisé non relu

ll préposa done sur eux des intendants pour les

bins expliquent ainsi : « Qui faisait semblant de ne pas connaitre Joseph. »

X 10, On lit dans l'hébren, irrégulierement , si iugruerint bellicus ; la Vulgate et les Septante suppasent si ingruerit contrà nos, ou si occurrerit nobis, comme on le lit dans le samaritain.

Ibid. Le roi, à ce qu'il parait, était instruit de la prédiction concernant leur retour dans la Terre-Sainte.

X cr. Hébr. : « Ils établirent sur eux des princes des tributs. » Les tributs que l'on payait anciennement aux princes consistaient en ouvrages qu'on faisait pour eux el en denrées qu'on leur fournissait.

lbid. Vulg. litt. : « Des villes de tentes, « Hébr. litt, : « Des villes de trésors » ou de magasins, La ressemblance du mot hébreu , qui signifie trésors, avec celui qui signifie tentes, a donné lieu de les confondre.

lbid. Samar. : « Phiton. »

COMMENTAIRE

gerent eos oneribus : ædificaveruntque urbes tabernacu- | accabler de travaux; et ils bâtirent à Pharaon les villes

lorum * Pharaoni , Phithom * et Ramesses.

12, Quantóque opprimebant eos, tanto magis multiplicabantur] et crescebant :

13. Oderantque filios Israël /Ezyptii , et. affligebant * illudentes eis :

14. Atque ad amaritudinem perducebant vitam eorum operibus duris luti et lateris * , omnique famulatu, quo in terræ operibus premebantur.

15. Dixit autem. Rex Ægypti obstetricibus Hebræorum : quarum una vocabatur Sephora, altera Phua ,

16. Præcipiens eis : Quando obstetricabitis Hebræas, et partus tempus advenerit * : si masculus fuerit , interfieite eum : si foemina , reservate,

17. Timuerunt autem obstetrices Deum et non fecerunt juxta preceptum regis Ægypti, sed conservabant mares.

18. Quibus ad se accersitis, rex ait : Quidnam est hoc quod facere voluistis , ut pueros servaretis ?

19. Que responderunt : Non sunt Hebrææ sicut Ægyptiæ mulieres : ipsae enim obstetricandi habent scientiam * , et priusquam veniamus ad eas , pariunt.

20. Bene ergo fecit Deus obstetricibus : et crevit populus, confortatusque est nimis.

21. Et quia timuerunt obstetrices Deum , ædificavit eis domos.

22. Præcepit ergo Pharao omni populo suo, dicens : Quidquid masculini sexus natum fuerit, in flumen projicite : quidquid fœminini, reservate.

X 13. Hébr, autr. : « Les Égsptiens avaient du chagrin et de Le «d ondleur à l'eecasion des Israëlites, »

Ibid, Mébr, autr, : « Ils les accablaient d'une servitude cruelle, wu ils les tenaient assujettis avec dureté, ^ X 14. Hébr,: « Ils leur rendaient la vie amère par des travaux énibles de mortier et de briques, et par tout le travail de la camjugne, outre tous les ouvrages auxquels ils les faisaient travailler avec dureté, » L'agriculture est plus aisée en Égypte qu'en aucun autre pays ; mais la diflieulté d'arroser était plus grande, surtout datis les lieux. un peu élevés et éloignés du Nil. X 16. Hébr, autr, : « Et que vous verrez l'enfant sur l'orifice de la matrice. »

des Tabernacles, Phithom et Ramesses.

12. Mais plus ils etaient opprimés, plus ils se multipliaient et eroissaient.

13. Et les Égyptiens haissaient les fils d'Israël, et les affligeaient en leur insultant ;

14. Et ils remplissaient leur vie d'amertume , les condamnant à des travaux pénibles de mortier et de brique, et aux ouvrages de terre et à tous les genres d'asservissement.

15. Et le roi d'Égypte parla aux sages-femmes des Hébreux dont l'une s'appelait Séphora, et l'autre Phua.

16. Leur donn»nt cet ordre : Quand vous recevrez les enfants des femmes des Hébreux, au moment de l'enfantement : si c'est un fils, mettez-le à mort; mais si c'est une fille, qu'elle vive. |

17. Or, les sages-femmes craignirent Dieu , et ne firent pas ce que le roi d'Egypte leur avait ordonné ; mais elles conservérent les enfants mâles

18. Appelées devant le roi, il leur dit : Pourquoi avezvous agi ainsi et conservé les enfants mâles ?

19. Elles répondirent : Les femmes des Hébreux ne sont point comme les femmes de l'Égypte; car elles ont la science des sages-femmes, et enfantent avant que nous soyons venues à elles.

20. Et Dieu récompensa les sages-femmes, et le peuple s'acerut et se fortifla prodigieusement.

21. Et parce que les sages-femmes craignirent Dieu , il fit prospérer leurs maisons.

22. Pharaon commanda donc à tout son peuple, disant : Tout enfant mâle qui naîtra , jétez-le dans le fleuve ; mais réservez toutes les filles.

X 19. Hébr, autr. : « Car. elles sont pleines de vie, pleines de force, » où, selon quelques commentateurs bébreux , «car ce sont des animaux; » c'est-à-dire, la force de leur tempérament leur donne le moyen de mettre leurs enfants au monde avec la. méme facilité que les femelles des auimaux, Dans certaines contrées de la Suisse, et surtout dans les pays du Nord, il n'est pas rare de voir des femmes accoucher sans aucun secours étranger. lly a certaines contrées en Asie où l'usage des sages-femmes est entiérement inconnu. Les femmes arabes, sur les bords du Tigre, s'en passent très-facilement , chose que nous voyons ainsi chez plusieurs peuples de l'Asie.

COMMENTAIRE

« Exode , dit Bergier, livre camonique de l'ancien Testament, le serond des cinq livres de Muise; il a té nommé sortie ou voyage, paree qu'il contient l'histoire de la sortie miraculeuse des Israélites hors de l'Égypte, et de leur arrivée dans le désert; c'est la narration de ee qui leur est arrivé depuis la mort de Joseph jusqu'à la construction du Tabernacle, pendant un espace de 145 ans. Il a été terit en manière de journal, et à mesure que les événements sont arrives,

* Les Hébreux le nomment Peelle Schémoth, ce sont ici ler noms, etc, parce que ee sont les premiers mots de ce livre; et c'est ainsi qu'ils désignent les divers livres du Pentateuque.

« Pour peu d'attention que l'on apporte à la lecture de l'Exode , on sent évidemment qu'il n'a pu étre écrit dans un temps postérieur à Moïse, ni par un autre auteur que lui; non-seulement il fallait être témoin oculaire de ce qui s'était passé en Égypte, pour pouvoir le décrire dans un aussi grand détail, avoir parcouru le désert, pour

COMMENTAIRE

tracer aussi exactement la: marche des Israëlites, mais savoir parfaitement l'histoire d'Abraham , de Jacob et de Joseph, pour mettre une liaison aussi étroite entre la Genese et l'Exode, La narration de la mission de Moise, tracée dans le chapitre cr, est tout à la fois d'un sublime et d'une naïveté que tout autre écrivain n'aurait jamais pu mettre dans son style,

* Hl en est de inéine de l'institution de la Páque, du passage de la mer Rouge, de la publication de la loi sur le mont Sina: , etc. Quiconque est assez stupide pour ne pas reconnaitre dans ces divers morceaux le caractère original du législateur des Juifs, ne mérite pas d'être sérieusement refulé, »

Nombre de personnes qui accompagnaient Jacob lors de son arrivée en Egypte.

Les interprètes ne s'accordent pas sur la manière de trouver ces soixante et dix personnes. Ilest probable, comme nous l'avons dejà dit, que dans le dénombrement il manque un nom, peut-être celui deZare, qui se trouve chef de famille au livre des Nombres, xxvr, 13.

Sur le Pharaon persécuteur des Israelites.

Il est assurément bien difficile de savoir quel était ce roi d'Égypte, puisque Moïse ne lui donne point dans la suite d'autre nom que celui de Pharaon, qui, comme nous l'avons déjà remarqué, n'était point un nom propre d'homme, mais un nom commun à tous les rois d'Égypte, il signifiait alors chez ces peuples la souveraine puissance. L'autorité de Josephe ( Antiq., liv. IT, ch. ix) ena déterminé plusieurs à croire que le Pharaon persécuteur des Israclites était d'une autre race que le roi qui avait élevé Joseph. Mais le texte sacré ne le dit ni directement ni indirectement. On apprend seulement par Diodore de Sicile (liv. II de son histoire) que les anciens rois d'Égypte étaient choisis par le peuple, sans avoir égard à la naissance , mais seulement au merile,

Pourquoi les Égyptiens voulaient retenir les Israélites.

» li s'était répandu un bruit, remarque ici dom Calmet, que les lsraélites devaient sortir de l'Égypte; Joseph le leur avait prédit avant sa mort. Le roi de Tanis veut donc empècher leur sortie, et, dans la crainte qu'ils ne se fassent un chemin par la force, il veut empécher que leur nombre ne s'augmente, + Mais sans avoir recours à la prédiction de Joseph, dont le roi de Tanis aurait craint l'accomplissement , on peut dire tout simplement que les Israélites , informés de la mauvaise volonté des Égyptiens à leur égard, devaient naturellement se porter à abandonner l'Égypte , où il était visible qu'on allait s'efforcer de les réduire dans une dure servitude , et à se transporter en d'autres pays, où ils pussent vivre en pleine liberté, Or, il est clair qu'une telle sortie ne pouvait ètre que trés-contraire aux mtérèts des rois de Tanis , qui pouvaient tirer de grands profits des Israélites en les faisant travailler comme des esclaves, ce qui parut assez par la suite. C'est ainsi qu'on peut expliquer ces mots du verset 10: Ne forte... egrediatur de terrá, en supposant avec l'opinion commune qu'ils sigoifiaient la sortie des Israélites de toute l'Égypte en général ; mais j'aimerais mieux les restreindre à la seule terre de Gessen, et donner ce sens aux versets 9 et to du premier chapitre | de l'Exode. Le roi d'Égypte dit done à son peuple: « Vous voyez | que les Israélites se sont étrangement multipliés dans le pass de |

Gessen, qu'on leur a donné pour leur habitation. Si par hasard quelque puissance étrangere venait nous faire la guerre, ils pourraient fort hien se joindre à nos ennemis, et après être sortis de leur terre de Gessen , qui peut à peine les contenir à présent , venir s'emparer des riches et fertiles contrées que nous habitons, Venez donc, et usons de ruse pour les empêcher de se multiplier encore davantage. »

Ce que c'était que Phitom.

« Phitom, dit le Père Colome, était une ville de la Passe-Égvpte : Hérodote lai donne le nom de Pathmos; nom donné aussi à l'embouchure du Nil, qu'on nommait Ostium pathoniti "m ou pathaiticum, embouchure pathnitique; elle était bâtie le long du canal que Necao avait entrepris, pour former une. commnnication entre le Ni! et la mer Rouge : ce canal fut continué par Darius; mais le projet fut abandonné lorsqu'on lui dit que l'Égrpte ne pouvait manquer d'être sulimergée, parce que la mer Rouge était plus haute que le Nil, Cependant le canal fut achevé sous les Ptolomées , qui firent des écluses de distance en distance, et qui par-là ouvraient ou fermaient le canal suivant leurs besoins, Phitom était bâtie dans un endroit marécageux. On ne voit point sur quel fondement Marsham prétend que Phitom est là méme que Damiette, »

Multiplication des enfants de Jacob.

On a mis en doute si soixante et dix familles issues de Jacob ont pu produire, dans wn espace de deux cent quinze ans, une population assez nombreuse pour donner de l'inquiétude aux Égyptiens, et qui, selon le caleul ordinaire, devait se monter à deux millions d'hommes. Mais il est prouvé que l'Anglais Pines, jeté dans une ile déserte avec quatre femmes, a produit en soixante et dix-sept ans une peuplade de onze à douze mille personnes : c'est plus, à proportion, que n'en avaient produit les enfants de Jacob,

Voici l'histoire authentique de Pines :

« En 1589, une flotte de quatre vaisseaux anglais fut assaillie par une tempête vers l'ile de Madagascar, qui écarta et fil. périr trois vaisseaux , et poussa le quatriéme, nommé le Marchand i ndien, vers un rivage plein de rochers. On mit l'esquif en mer, et chacun tàcha de gagner terre. Il ne resta dans le vaisseau qu'un homme avec quatre filles, qui ne purent se jeter dans l'esquif et qui ne savaient pas nager: tous périrent , à l'exception de ees cinq personnes, qui se sauvérent sur des planches du vaisseau brisé. Cet homme et les quatre filles abordérent dans une ile inhabitée, sans méme aucune bête sauvage, mais remplie d'arbres fruitiers et d'un graud nombre d'oiseaux qui pondaient des œufs en abondance. Cet homme était âgé de trente ans; les quatre filles étaient la. fille du capitaine du vaisseau, ses deux servantes et une négresse, La nécessité de pourvoir à la multiplication dans une ile située hors du cours ordinaire de la navigation fit résoudre l'homme a étre le mari de ces quatre filles , et il eu ent une postérité si nombreuse, que l'an 1667, il se trouva dans l'ile onze à douze mille personnes issues de lui et de ses quatre femmes,

« Cette multiplication s'était faite dans l'espace de soixante-dixsept ans, qu'un navire hollandais faisant route au delà du cap de Bonne-Espérance, vers l'Orient, fut poussé par un vent impétueux à la rade de cette île, située vers le Midi, à vingt-huit degrés de latitude. Les gens du vaisseau, en y abordant, la trouvèrent habitée por un peuple qui faisait. profession de la religion chrétienne et qui parlait anglais; cette ile était appelée. Pines , du mom de l'homme dont ee peuple était descendu, et c'est de ce. vaisseau hollandais , revenu en Europe, qu'on a appris loules ces circonstances,

« Cette fécondité surprenante, favorisée pent-ètre par le climat, doit rendre bien probable ce que l'on dit des descendants de Jacob, d'autant plus que les Égyptiennes étaient trés-fécondes, Pline ne regarde point comme un prodige qu'elles acrouchassent de !rois enfants, parce que c'était, selon lui, l'effet et la propriété des eaux du Nil qu'on buvait (Praterguam in Egypte ubi fetifer potu nilus),

* Aristote dit qu'en Égypte, il est ordinaire aux femmes d'avoir à chaque couche trois ou quatre jumeaux; qu'ou a vu méme une de ces femmes meltre au monde, en quatre couches, vingt enfants , tous bien faits, et qui vécurent pour la plupart, »

Quel était le prince qui condamna les Juifs à de pénibles travaux.

Tous les historiens, de concert avec Manéthon , s'accordent à dire Sésostris auteur de tous les ouvrages. publics. construits dans l'Égypte inférieure pour l'embellissement et la commodité de ce pays. Les canaux creusés pour y recevoir les eaux du Nil, et de là les faire couler dans l'Égypte inférieure pour la rendre fertile; les quais, les dignes, les ponts, les chaussées ; tout ee qui à concours enfin à faire de l'Égypte un pays aussi beau que fertile, à faciliter la communication entre les villes, à les défendre des ravages de l'inondation, et à faire du Nil un fleuve bienfaisanl, mis à plus juste titre au nombre de ses dieux que la plupart de ceux qu'elle adornit, à tour jours été regardé comme l'ouvrage de ce prince. Ainsi le publient les inscriptions dont on avait décoré lous ces beaux monuments. Il s'y gloriliait d'être venu à bout de toutes ses entreprises, sans y avoir employé le travail d'aucun. Égyptien naturel. « Tout cela, disait-il, était l'ouvrage des esclaves et des étrangers. »

Rapprochons cet énoncé de l'histoire profane, de ce que l'histoire sacrée nous apprend des Hébreux, qui, pendant les quatre-vingts aus qui précédérent l'Esode, furent employés comme de vils esclaves à des travaux publics de ce geure, c'est-à-dire à préparer et à cuire des briques pour élever des chaussées et des remparts pour fortifier les villes. Où peut-on micux placer le règne de Sésostris que dans cet intervalle, où Israël paya si cher, par les travaux publies auxquels il fut condamné, l'asile que l'Égspte lui avait accordé? »

A quelle nation appartenaient les sages-femmes des Hébreux.

Plusieurs interprètes ont eru, après Josephe ( Aut., liv. IL, ch. 2), que ces sages-femmes étaient Égspliennes ; mais il est plus naturel de croire qu'elles étaient Tsraëlites, Il est dit, en effet, au verset 15 de ce chapitre, « qu'elles craignirent Dieu, fémnerunt obstetrices Deum, » De plus, Moïse ne nomme iei que deux sages-femmes : cependant il était impossible qu'elles pussent suffire à la grande multitude des femmes israélites; mais il est aisé de répondre que Moïse ne parle apparemment que des deux principales qui étaient chargées de notilier aux autres la volonté du roi, ou bien il faut dire que les femmes israëlites n'avaient pas tant bcsoin de sages-femmes que les autres femmes, comme il est dit au verset 19 de ce chapitre.

Sur l’ordre donné aux sages-femmes de faire périr les enfants máles des Hébreux,

« Et il leur fit ce commandement: Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux, au moment que l'enfant sortira, si c'est un enfant male, tuez-le ; si c'est une fille, laissez-la vivre, »

COMMENTAIRE

* Une foule de savants hommes, dit Voltaire, s'étonnent que le roi

d'Égypte ait ordonné à denx sages-femmes de faire périr tous les en-

fants mâles des Hébreux.»

* Il y a des faits bien surprenants, dit L. Vivet, dans l'histoire que personne ne révoque en doute, Un roi voit une nation an milieu de ses états qui se multiplie prodigieusement ; nation qui a des lois, des usages, une religion , un idiome différent de ceux du peuple au milieu duquel elle habite; nation résolue à former son établissement dans d'autres climats , et qui n'attend qu'une occasion favorable pour exéenter son dessein, qui, se fortifiant tous les jours, peut opprimer les Égyptiens : ce roi veut s'en débarrasser, il surcharge d'abord ce peuple de travail pour le faire périr; mais, voyant que ce moven ne lui réussit pas, il donne un ordre injuste aux sages-femmes de ce peuple; ear remarquez que le texte ne dit pas qu'il donna cet ordre à deux sages-femmes, + mais aux sages-femmes de ce peuple, dont l'une s'appelait Séphora et l'autre Phua : » peut-être que ces deux sages-femmes avaient quelque autorité sur les autres, ou qu'elles étaient chargées de communiquer cet ordre. En détruisant ainsi les mâles, il voulait conserver les femmes, les troupeaux et toutes les richesses de cette nation ; eet ordre injuste ne fut pas exécuté, je ne vois rien dans cela de fort difficile à comprendre, »

Exrcuses des sages-femmes.

La Vulgate me parait donner ici un meilleur seus queles Septante, qui font dire aux sages-femmes, pour leur excuse, « que les femmes israélites aceouchent aisément , et sans presque avoir besoin de sages-femmes, » Anrait-il été facile de faire croire au roi une chose si absurde et si peu vraisembable? L'exeuse dont se sert la Vulgate est au. contraire toute naturelle, peut-être mème élait-elle fondée sur la vérité ; el c'est apparemment parec que les femmes israélites savaient toutes pour la plupart accoucher, que, suivant le verset 15 pris à la lettre, il n'y avait pour elles , malgré leur grand nombre, que deux sagesfemmes seulement, Saint Auguslin, et aprés lui un grand nomhre d'interprètes , ont supposé comme certaitr que les sages-femmes des Hébreux firent un mensonge à Pharaon en s'excusant auprès de lui. Je ne suis pas surpris que saint Augustin , qui lisait l'Écriture-Sainte daus les Septante, ait jugé ainsi.

» Saint Augustin, selon Bergier, dit que Dieu a récompensé dans les sages-femmes d'Égypte, et dans Raab, non le mensonge qu'elles avaient commis , mais la charité qui en était la cause; il pense méme que ces femmes auraient été récompensées par le bonheur éternel, si elles avaient mieux aimé souffrir la mort. que de mentir, Mais il nous parait que les sages-femmes d'Egypte ne mentirent point en disant au roi que les femmes des Hébreux s'accouchaient elles-mêmes ; celles-ci , averties de l'ordre donné de faire périr leurs enfants mâles, éviterent sans doute de faire venir des sages-femmes égyptiennes, »

Réflexion de Joséphe sur l'ordre cruel du roi d'Egypte.

L'historien Joséphe dit que le roi d'Égypte donna l'ordre de noyer les enfants des Israélites, sur l'avis de ses devins qu'il devait naître alors un Israëlite qui serait Ia gloire de sa nation et e fléau des Égyptiens. ( Antiq., liv. IT, chap. 1x.)

Dom Calmet fait ici deux réflexions qui paraissent assez sensées : la premiére, que cet ordre du roi aux Égyptiens de jeter dans le Nil tous les enfants máles des Hébreux ne fut apparemment mis à exécution qu'après la naissance d' Aaron , puisqu'il paraît par le texte sacré qu'Aaron fut élevé par ses parents sans aucune difficulté ; la seconde, que cet ordre cruel fut sans doute révoqué quelque temps aprés la

L'EXODE, CHAPITRE II. 225

naissance de Moïse; car s'il avait subsisté dans sa vigueur depuis | texte sacré, fut au moins de quatre-vingts ans, le nombre des Israéqu'il avait été donné jusqu'à la sortie d'Égypte, ou méme seulement | lites propres à porter les armes n'eüt jamais pu être si grand qu'il une partie considérable de ce temps-là , qui, comme il parait par le ! était lorsque Moise les tira de l'Égypte.

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