Vous sortez aujourd'hui dans le mois des nouveaux fruits
$. Et quand le Seigneur vous aura introduits dans la terre du Chananéen , et de l'Héthéen ; €t del'Amorrhéen, et de l'Hévéen, et du Jébuséen, la terre qu'il a juré à vos pères de vous donner, cette terre où coulent le lait et le miel, vous célébrerez en ce mois cette cérémonie sacrée.
6. Durant sept jours vous mangerez du pain sans levain, et le septième jour sera la solennité du Selgneur.
7. Vous mangerez durant sept jours du pain sans levain, et l'on ne verra point de levain chez vous ni sur toute la terre qui vous appartient,
8. Et en ce jour-là vous direz à vos fils : Voici ce que le Seigneur a fait pour moi quand je suis sorti d'Egypte.
9. Et ce sera là comme un signe dans votre main, et comme un monument devant vos yeux, afin que la loi du Seigneur soit toujours en votre bouche; car le Seigneur vous a retirés d'Égypte par la force de son bras.
10. Vous observerez cette solennité au temps marqué d'année en année.
11. Et lorsque le Seigneur vous aura introduits dans la terre du Chananéen , comme il l'a juré et à vous et à vos peres , et qu'il vous l'aura donnée,
12. Vous séparerez pour le Seigneur tout ce qui ouvre le sein d'une mère et tous les premiers-nés de vos troupeaux ; et vous conserverez tous les máles au Seigneur.
13. Vous changerez le premier-né de l'âne pour une brebis; et si vous ne le rachetez point, vous le tuerez : et vous rachèterez avec l'argent tout premier-né de vos enfants.
crés, »
X 3. Hébr. : « Memento. « Ibid, Hébr. : « Et non comedetis. »
À 8. Hébr. : « C'est que voilà ce que le Seigneur fit pour moi, »
14. Cumque'interrogaverit te filius tuus cras, dicens : | Quid est hoc? respondebis ei : In manu forti eduxit nos Dominus de terrà Ægypti, de domo servitutis.
15. Nam cüm induratus esset Pharao et nollet nos dimittere, occidit Dominus omne primogenitum in terrá JEgypti, à primogenito hominis usque ad primogenitum jumentorum : idcircó immolo Domino omne quod aperit vulvam masculini sexüs, et omnia primogenita filiorum meorum redimo.
16. Erit igitur quasi signum in manu tuá, et quasi appensum quid, ob recordationem , inter * oculos tuos : eo quód in manu forti eduxit vos Dominus de Ægypto.
17. Igitur eüm emisisset Pharao populum, non eos duxit Deus per viam terræ Philisthiim quie vicina est, reputans ne forte peeniteret eum, si vidisset adversum se bella consurgere, et reverteretur in Ægyptum.
18. Sed cireumduxit" per viam deserti, quæ est juxta Mare rubrum : et armati ascenderunt filii Israël de terrá Ægypti.
19. Tulit quoque Moises ossa Joseph secum , eo quód adjurasset filios Israël, dicens : Visitabit vos Deus, efferte ossa mea hine vobiscum.
20. Profectique de Socoth castrametati sunt in Etham, in extremis finibus solitudinis.
21. Dominus autem præcedebat eos ad ostendendam viam per diem in columná nubis, et per noctem in columná ignis : ut dux esset itineris utroque tempore.
22. Nunquam defuit columna nubis per diem , nec columna ignis per noctem , coram populo.
X 16. Hébr. litt, : « Comme des totaphoth entre vos yeux.» Les interprètes sont trés-partages sur la signification de ce mot, Il parait que Moise parle de quel que ornement qui pendait du front entre les
COMMENTAIRE
14. Et quand votre fils vous interrogera un jour, disant :Que signifie ceci ? vous lui direz : Le Seigneur nous a retirés par la force de son bras de la terre d'Égypte, de l& maison de servitude,
15. Car, Pharaon s'étant endurci et ne voulant pas nous laisser partir, le Seigneur tua en la terre d'Égypte tout premier-né , depuis le premier-né de l'homme jusqu'au premier-né des animaux : c'est pourquoi je sacrifie au Seigneur tous les mâles qui ouvrent le sein de leur mère, et je rachète tout premier-né de mes enfants.
16. Ceci sera donc comme un signe en votre main , et comme une image suspendue devant vous, pour vous rappeler que le Seigneur vous a retirés d'Égypte par la force de son bras.
17. Or, quand Pharaon eut laissé partir les Israélites, Dieu ne les conduisit point par le chemin de la terre des Philistins qui est voisine, de peur qu'ils ne vinssent à se repentir , et qu'ils ne retournassent en Égypte, s'ils voyaient la guerre s'élever contre eux ;
18. Mais il les conduisit par la voie du désert qui est près de la mer Rouge ; et les fils d'Israël sortirent armés de la terre d'Egypte.
19. Et Moise emporta les os de Joseph, selon que Joseph l'avait fait promettre aux enfants d'Israël, disant : Dieu vous visitera; emportez d'iei mes os avec vous.
20. Et, partis de Socoth , ils campèrent en Étham, à l'extrémité du désert.
21. Or, le Selgneur les précédait durant le jour en une colonne de nuée, pour leur montrer leur voie, et durant la nuit en une colonne de feu , pour étre leur guide et le jour et la nuit.
22. Jamais la colonne de nuée ne cessa de paraítre devant le peuple durant le jour , et la colonne de feu durant la nuit.
yeux, X 18. Hebr, autr. : ^ Mais il les Gt tourner par le chemin du désert qui conduit à la mer Rouge. »
COMMENTAIRE
Sur les noms des mois.
Mense novarum frugum. La version de Le Clerc porte de méme; les Septante lisent simplement in mense noraram. La paraphrase de Le Clerc emploie ces mots pour explication, mense quo hordea meti solent ; le texte hébreu a dans le mois abib, mot qui, suivant Le Clerc, signifie épi; et ainsi, c'est comme si on disait « le mois auquel les grains ont des épis; à quoi Le Clerc ajoute que ce mois, qui était le premier mois de l'année sacrée, commençait à la nouvelle lune. qui suit l'équinoxe du printemps; qu'au commencement de ce mois, l'orge en Egypte est tres-avancé en épis, et à la fin le froment commence aussi à avoir des épis. Dom Calmet observe encore en cet endroit que « le mot abi? y doit être pris dans un sens appellatif, parce que, dit-il, ni les Hébreux, ni les Egyptiens, m'a-
vaient point encore donné de noms propres à leurs mois; ce ne fut que postérieurement à la sortie d'Egypte que les Egyptiens donnérent aux douze mois les noms des douze dieux ; et parmi les Israélites, les mois n'eurent point de noms propres que depuis le retour de la captivité de Babylone : alors le premier mois de l'année sacrée eut pour nom propre abib, mot qui, comme nous venons de l'observer, signifie en hébreu épi, et fut donné pour nom propre à ce mois, parce qu'en effet, dans ce mois, les orges sont en épis déjà avancés, et les froments commencent aussi à produire les leurs, comme nous venons de l'observer. » Dom Calmet remarque encore, daus une note sur le premier verset du chapitre xvi du Deutéronome , que ce mois fut nommé par les Chaldéens nisan, ou le mois des éfendards, peut-étre, ajoute-t-i], parce qu'alors les armées se mettent en campagne. Les Hébreux reçurent des Chaldéens ce nom, dit encore dom Calmet , durant la captivité de Babylone , et l'ont conservé jusqu'aujourd'hui,
COMMENTAIRE
Calendrier des Juijs.
Il convient de mettre ici une note sur le calendrier des Juifs.
Beaucoup em ont parlé, snais peu l'ont bien conne.
Les Juifs comptent dans leur année douze mois lunaires de vingtneuf jours douze heures 793/r080** d'heure: pour se retrouver avec l'année solaire et sidérale, ils ont des années bissextiles. de treize mois, qui se renouvellent sept fois dans le cycle de dix-neuf ans. Les mois sont: misam, qui correspond à mars et avril; jar, avril et mai; san, mai el juin; ainsi de suite pour tamus, ab, elut, tirsi, marchesean, kisleu, thebet, sebat, adar ; le treiziéine mois s'appelait e-adar, Ces noms furent apportés de Babylone ; l'année civile commença alors en firi ou septembre: on avait désigné jusque-là les mois par leur rang, premier, second , troisieme,
Scaliger, excellent juge dans ce genre, décide « qu'il n'y à rien de plus exact, rien de plus parfait que le calcul de l'année judaique; » j| renvoie méme les calculateurs modernes à l'école des Juifs, et leur conseille sans facon de « s'instruire à cette école ou de se taire, »
Sur les bandelettes et autres ornements que portaient les Juifs.
Dom Calmet a ainsi expliqué ce verset : « Que la mémoire vous en soit aussi présente . que celle du cachet et de l'anneau que vous portez à la main, et des ornements qui vous pendent sur le front; » et il remarque qu'il parait, par ce passage et par le verset 16 du mème chapitre, que les Juifs avaient certains pendants au front en guise d'ornements, communs aux hommes et aux femmes, et qu'ils portaient toujours leurs cachets à la main, ou encliássés dans l'anncau passé au doigt, ou plutôt liés et suspendus seulement à la main, comme on peut le conjecturer de quelques passages de l'Ecriture, où on trouve cette expression, lier, ou attacher, ou suspendre le sceau à la main, Mais les Juifs prenant à la lettre ces expressions figurécs, avaient coutume, des le temps de Jésus- Christ, et l'ont encore aujourd'hui, de mettre par éerit sur de petites bandes de parchemin fait de la peau d'un animal pur, quelques passages de la loi; lesquelles bandes ils attachent sur le poignet et sur le front d'une oreille à l'autre, en sorte néanmoins que le nœud dans lequel sont renfermés les passages de l'Écriture soit au milieu du front, ain que, les ayant toujours devant les veux , ils ne puissent jamais les oublier.
Les Hébreux nomment ces bandes thephilim et les Grecs phylactères, d'un terme usité parmi les anciens paiens pour marquer toute sorte de préservatifs ou de caractères , qu'ils portaient sur eux pour se garantir de quelque danger ou se préserver de maladies.
Dom Calmet observe encore sur cet endroit qu'anciennement on écrivait peu et qu'on apprenait beaucoup par cœur, d'où vient qu'il est si souvent parlé dans l'Écriture de la méditation et du souvenir de la loi de Dieu, Encore aujourd'hui, continue ce Pere, les mahométans, dans leurs écoles, ne se servent point de livres ; le maitre d'école écrit sur une tablette de bois la lecon que les écoliers doivent apprendre; ils la lisent sur cette tablette, et le lendemain on y écrit une autre leçon : c'est de cette sorte qu'ils apprennent le Corap, la grammaire, etc. ; et il sera souvent plus aisé de trouver des hommes parmi les mahométans qui sachent le Coran par cœur, que d'en trouver qui aient ce livre. Il est tres-croyable, ajoute dom Calmet, que les Hébreux apprenaient la loi de Dieu à peu près de méme ; et quaud l'Écriture recommande « d'écrire la loi dans son
cœur, » on doit entendre ces mots comme s'il y avait ceux-ci? « de Vapprendre par mémoire, de s'en remplir l'esprit, d'en conserver le souvenir et de la pratiquer.
Jugement qu'on doit porter sur diverses ordonnances.
Quelques-uns croient voir daus un passage du chapitre xvcit du livre des Nombres que le prix ordinaire dont on rachetait les. animaux impurs élait de cinq sicles, observe ici dom Calmet; mais plusieurs , ajoute ce Pére, soutiennent que ce passage des Nombres ne regarde que le rachat des premiers-nés des hommes, Dom Calmet demande ici pourquoi Dieu ordonne de tuer les premiers-nés des ânes, si on ne les rachète pas, ete. ? Il répond à cette question, que la raison la plus naturelle de cette ordonnance est que l'âne est un animal impur; à quoi il ajoute que Dieu étant le maitre. de tous les animaux premiers-nés, par le précepte contenu dans ce chapitre xti: de l'Exode, il ne veut pas que personne profite du premier-né d'un âne, si on ne l'achète de lui, J'aimerais mieux dire que cette ordonnance est Ju nombre de celles dont Dieu imposa le joug aux Israélites par des raisons qu'il serait bien inutile de vouloir pénétrer, puisqu'il n'a pas jugé à propos de nous les révéler,
Car enfin, comme le remarque dom Calmet lui-même dans sa préface sur l'Exode, il faut observer que, « dans les lois que Dieu donna aux Israëlites, il faisait en quelque sorte deux personnages , celui de Dieu et celui de roi. En qualité de Dieu , il prescrit à son peuple des lois morales, les plus parfaites et les plus justes ; en qualité de roi (car Dieu fut longtemps roi, proprement dit, des Hébreux , dont la république pouvait alors s'appeler à juste titre une théocratie), il police un état, il donne les lois pour le gouvernement d'une république, et descend jusqu'aux moindres détails ; ses ordonnances ne sont pas toujours les plus parfaites ni les plus justes qu'il pourrait donner, mais il les donne telles que le peuple les pouvait porter et pratiquer; i! permet , il tolère en qualité de prince et de roi des Hébreux, ce quil condamne en qualité de Dieu ; il tolere, par exemple , pour eux, l'usure envers les étrangers, la. polygamie, le divorce, quoiqu'il condamne tout cela dans la loi nouvelle; il y a méme plusieurs de ces lois politiques arbitraires données aux Israélites dont la bassesse apparente choque; mais il ne les faut pas prendre à la lettre, ni suivant la premiére signification qui se présente à l'esprit : elles ont un sens secret et énigmatique, que la sagesse du législateur a caché exprès pour ne pas développer trop clairement certains désordres qu'il défendait, On peut mettre au nombre de ces lois énigmatiques la loi qui défend à l'homme de prendre les habits d'une femme, et à la femme de se revêtir des habits d'un homme, et celles qui défendent de semer dans un même champ divers grains , et de faire un habit de lin et de laine, etc. En vain entreprendrait-on, dit encore dom Calmet, de donner des raisons de toutes les lois et de toutes les cérémonies qui sont ordonnées dans les livres de Moïse; l'entreprise serait impossible. Pourquoi, par exemple, Dieu veut-il qu'on lui offre un bouc pour le péché? Pourquoi demande-til un autel haut de ciny coudées Pourquoi une vache rousse à cause de l'expiation solennelle ? et ainsi des autres. Ces ordonnances et autres semblables doivent être considérées comme dépendantes de la volonté libre du législaleur, qui aurait pu également bien etablir le contraire. Voilà, suivant dom Calmet, le jugement qu'on doit porter de plusieurs lois contenues dans les livres de Moïse, lesquelles peuvent paraître peu utiles en. apparence, et quelquefois méme choquantes. Il y a sans doute quelque chose de hon et méme d'assez judicieux dans ces remarques de dom Calmet : mais il est difficile de lui passer cette pro. position bizarre, « que Dieu, dans les lois arbitraires qu'il a données aux Lraelites , a permis et toléré, en qualité de prince et de roi, ce qu'il condamne eu qualité de Dieu, «
De quoi la loi était-elle un monument?
Cette loi était un monument irrécusable du miracle opéré en Égypte en faveur des Israélites ; elle fut observée d'abord par cenx méme qui avaient été témoins oculaires du prodige. Auraient-ils voulu se soumettre à cette loi onéreuse, s'ils n'avaient pas été convaincus par leurs propres yeux de la vérité du fait? Il leur fut ordonné d'instruire soigneusement leurs enfants du sens et du. motif dela cérémonie. Ce témoignage, ainsi transmis de génération en génération avec l'observance de la loi, était une preuve à laquelle l'incrédulité la plus hardie ne pouvait rien opposer. Un inerédule queleonque voudrait-il attester ainsi par ses paroles et son obéissance un fait publie et trés-éclatant de la fausseté duquel il serait intimement convaincu ? La conduite des Juifs dans tous les temps démontre qu'ils n'étaient pas plus disposés que les mécréants d'aujourd'hui à croire des choses dont ils n'auraient pas eu la preuve,
Conduite de Dieu pour préserver son peuple des attaques des Philistins.
Igitur clim. emisisset Pharao, ete. Yoici le sens de ce verset : «Or, Pharaon avant laissé aller les Israélites, Dieu ne voulut pas les conduire dans le pays de Chanaan par le chemin le plus court, qui était de traverser le pays des Philistins, en allant droit de Peluse à Ascalon, de peur que les Philistins, s'opposant à main armée au passage des Israélites, comme ils n'auraient pas manqué de faire, vu la grande multitude des Israélites, ceux-ci me vinssent à se rebuter pour ees oppositions, et à prendre le parti de retourner en Egypte. »
Mais, dira-t-on, est-ce que Dieu ne pouvait pas exterminer ces Philistins, en cas d'opposition de leur part au passage des Israélites, comme il fit périr Pharaon et toute son armée, qui poursuivaient les Dsraélites ? On peut répondre que Dieu emploie le plus qu'il pent les moyens naturels pour venir à ses fins, et ne multiplie point trop les miracles, Cette réponse, qui est assez communément reçue et que Le Clerc adopte en cet endroit, ne parait pas ici tres-recevable ; car on voit, parle texte de Moïse, que Dieu prit comme plaisir d'aecabler de miracles les Israëlites depuis leur sortie d'Égypte jusqu'a leur entrée dans la terre de Chanaan , et qu’ainsi il ne chercha point du tout, pendant ce long espace de temps, à employer les moyens naturels autant que faire se pouvait. J'aimerais donc mieux dire que la prévoyance sage, dontil est parlé dans le verset en question, ne doit pas rouler sur le compte de Dieu immédiatement, mais sur celui de Moïse; en sorte que, si le texte sacré, en eet endroit et ailleurs, semble attribuer directement à Dieu tout ce qui se fit par les Israélites , sous la conduite de Moise, et le faire auteur de toutes les ordonnances que Moise donna au peuple qu'il conduisait, cela signifie seulement, dans le langage de l'Écriture, que Moise donna tel ou tel ordre aux Israélites, en vue de plaire à Dieu.
Sur la manière dont les Israélites ont quitté l'Egypte.
La diffeulté de concevoir comment les Israëlites, opprimés depuis
COMMENTAIRE
quatre-vingts ans par la plus dure servitude, auraient pu se procurer des armes et sortir armés d'Égypte, a porté la plupart des commentateurs, méme parmi les catholiques, à abandonner en cet endroit la Vulgate et à chercher dans l'original un sens plus vraisemblable. On peut voir leurs différentes explications dans dom Calmet : nous n'en jugerons point; nous nous conlenterons d'en présenter une nouvelle que la langue arabe nous fournit. Chamuscim, qui se lit dans l'hébreu et qui est traduit armé dans la Vulgate, pent naturellement venir de chamase, qui, en arabe, signifie assembler, et alors le sens sera que les Tsraélites rassemblés, réunis tous ensemble, sortirent d'Égypte, et non point par petites troupes, ou dispersés comme des gens qui fuient.
Moïse emporta-t-il les ossements des patriarches ?
On croit communément, mais tres-gratuitement, que Moise emporta de l'Égypte les os des autres patriarches qui y étaient morts, aussi bien que ceux de Joseph. Le verset 32 du chapitre xxiv de Josue nous apprend que les os de Joseph furent ensevelis à Sichem, daus le champ que Jacob avait acheté des enfants d'Hémor, père de Sichem , comme on l'a vu dans la Genese.
Sur la colonne lumineuse.
L'apparition de cette colonne miraculeuse n'a rien qui puisse surprendre après le récit des merveilles que le Seigneur avait déjà opérées en faveur des Hébreux : il était dans l'ordre de la Providence de les encourager par des marques éclatantes de sa présence , et de leur persuader qu'ils pouvaient tout entreprendre sous la protection de leur Dieu.
Outre la colonne de nuée qui servait de guide à Israël, il y avait encore une nuée répandue dans l'air par un long espace qui, comme une grande tente, couvrait tout le camp des grandes ardeurs du s0leil, comme il est marqué au psautne crv , verset 38.
Voici, suivant dom Calmet, en quoi consistait le merveilleux dont il est parlé dans ce passage :
* Depuis Aameses, où depuis Sochoth (car les sentiments sont partagés sur ce point) jusqu'au passage du Jourdain, ou seulement jusqu'à la mort d' Aaron , suivant les Juifs, un corps aérien surnaturel el miraculeux fut toujours visible aux Israélites : le jour, il avait la figure d'une nuée qui les mettait à couvert des ardeurs du soleil; la nuit, c'était un feu lumineux qui fournissait une clarté suffisante pour conduire le peuple dans les marches qu'il était obligé de faire la nuit; le méme corps aérien, par ses mouvements , donnait aussi le signal aux Israélites de camper ou de décamper; ils s'arrétaient dans le lieu où s'arrétait ee phénomène divin , et décampaient quand il se mettait en marche. Le texte sacré donne à ce phénomène le nom de colonne, parce qu'il ressemblait apparemment à une coloane. Quand on eut construit le tabernacle, cette colonne miraculeuse avait sur lui sa base, et de là s'élevait dans l'air, »
Ce chapitre contient la relation du fameux passage de la mer Rouge, dont nous allons examiner avec soin toutes les circonstances rapportées dans le texte sacré.
L'EXODE, CHAPITRE XIV
Pharaon poursuit les Israëlites. Les eaux de la mer Rouge s'ouvrent pour donner passage aux Hébreux.