Le Seigneur régnera dans l'éternité et par-dela
19. Car le coursier de Pharaon est entre dans la mes avec ses chars et ses cavaliers, et le Seigneur a. ramené sur eux les eaux de la mer, et les enfants d'Israël ont marché à pied sec au milieu de la mer.
20. Marie, prophétesse, sœur d'Aaron, prit un tambour en sa main, et toutes les femmes sortirent apres elle, avec des tambours et eu chœur.
21. Et elle chantait la premiére, répétant : Chantons le Seigneur, enr il a fuit éclater sa magnifieence et sa gloire; il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.
22. Or, Moise sauva Israël de la mer Rouge, et ils entrerent au désert de Sur, et ils marcherent trois jours dans la solitude, et ils ne trouvérent point d'eau.
23. Et ils revinrent à Mara, et ils ne pouvaient boire des eaux de Mara, parce qu'elles étaient ameres; c'est pourquoi il Jui donna un nom conforme au lieu, en l'appelant Mara, c'est-à-dire amertume.
24. Et le peuple murmura eontre Moise, disant : Que boirons-nous ?
25. Or, Moïse eria vers le Seigneur, qui lui montra du bois; et quand il Feut jeté dans les eaux, elles furent adoucies, et là Dieu lui donna des préceptes et des ordonnances, et li il l'éprouva.
26. Et la il iui dit : Si tu écoutes la voix du Seigneur ton Dieu, et si tu fais ce qui est droit devant lui, et que tu übeisses à ses commandements, et que tu gardes toutes ses ordennances , je n'enverrai sur tei aucune de ces langueurs dont j'ai affligé l'Égypte; ear je suis le Seigneur qui te guérit.
27. Et les enfants d'Israël vinrent en Elim, ou il y avait douze fontaines d'eau et soixante-dix palmiers, et ils camperent auprès des eaux.
sanctuaire, »
Y 18. Hébr. autr. : « Dans le siècle ct dans l'étéraité. »
Y oto. Hebr. : « Car le cheval de Pharaon est entré, ^
XY 23. Les mots, id est amaritudinem , tie sont qu'une explication ajoutée au teste,
L'EXODE, CHAPITRE XVI
COMMENTAIRE
De l'usage des cantiques chez les Hébreux.
« Le Cantemus Domino , dit Marmontel , apres le passage de la mer Rouge, est l'expression la. plus sublime des mouvements de reconnaissance et d'admiration d'un peuple qui, par un prodige, vient d'échapper au glaive de ses ennemis... »
On peut lire, dans le Traité des études par Rollin, ec cantique explique selon les règles de la rhétorique par M. Hersan.
« L'usage des Hébreux, dit Meseuguy, a toujours été de célébrer par des cantiques la grandeur de Dieu, ses merveilles et ses bienfaits : les péres les apprenaient à leurs enfants, et comune is «e chantaient dans les fétes et daus les assemblées, ils étaient tres-p opres à perpetuer la mémoire des événements éclatants des siecles passés, Le style des cantiques, hardi, estraordinaire, naturel toutefois en ce qu'il nous représente la nature dans ses transports, qui marche pour ectte raison par de vives et impétueuses saillies, affranchi des liaisons ordinaires que recherche le discours uni, renfermé d'ailleurs dans des cadences nombreuses qui en augmentent la force, surprend l'oreille, saisit Viuagination , émeut et élève le cœur, et s'inprime plus aisément dans la memoire. »
Pourquoi les saintes lettres semblent attribuer à Dieu les passions humaines.
- Vous aver envoyé votre colere. qui les a dévorés comme une paille. «
» Certains incrédules disaient, suivant Bergier, que les livres de l'ancien Testament donnent des idées fausses de la. Divinite en lui attribuant des membres corporels et les passions humaines, comme la colère, la jalousie, ete, Beausobre leur répond que le langage des errivains sacrés est un langage populaire, et qu'il devait l'être ; que lcs idées métaphysiques de la Divinité sont au-dessus de la portée du peuple; que, quand ces mémes écrivaius attribuent à Dieu des passions. humaines, ils ne lui en attribuent au fond que les effets légitimes, Or, c'est précisément la méme réponse qu'Origene donne à Celse (liv. IV,.m. 7t et 72). « Lorsque nous parlons à des enfants, dit-il, nous le fuisons dans les termes qui sont à leur portée, afin de les iustruire et de les corriger... L'Éc'iture parle le langage des hommes, parce que leur intérét l'exige, I] n'edt pas été à propos que Dieu, pour instruire le peuple, emplosát un style plus digne de sa majesté supréme.... Nous appelons colere de Dieu, non le trouble de l'âme, dont il n'est pas susceptible, mais la conduite sage par la-
quelle 51 punit et corrige les grands pécheurs, ete. » Origene prouve ces réflexions par des passages de l'Erriture-Sainte.
Comment on explique le mot de prophétesse donné à Marie, sœur de Moise.
Maria { Septante, Mariam ; le texte hébreu massoréthique, Miriam) prophetissa, « Marie, sœur de Moïse, est ici nommée prophe tesse, suivant la remarque de dom Calmet, parce qu'elle avait des révélations, comme il parait par le verset 3 du chapitre xt: du livre des Nombres, ou parce qu'on la. voit ici, à la téte du chœur des fenimies israchtes, célébrer les grandeurs de Dieu au son des instruments et de la voix ; car l'Ecriture nomme quelquefois prophètes ceux qui chantent les louanges de Dieu. » On doit, ce me semble, préférer cette seconde raison à la preiniére, puisque l'Ecriture ne dit nulle part que Dieu ait révélé. sa volonté à Marie. Quoi qu'il en soit, l'opinion commune veut que cette Marie soit toujours demeurée vierge, el cela parce que dans l'Ecriture on ne nomme jamais son mári; mais ce n'est point là du tout. une raison concluante capable de contrebalancer l'éloignement que tous les Israclites, comme on sait, avaient pour le eclibat.
Réjouissances des Hébreux aprés le passage de da mer Rouge.
On peut supposer que les Israëlites resterent sur le bord arabique de la mer Rouge uti jour entier, pendant lequel ils s'oceupérent uniquement à célébrer par toutes sortes de réjouissances leur heureux passage, Or, ce jour était, à ce que nous croyons, le dix-huitième du premier mois; mais le dix-neuvième jour ils décampèrent et. entrèrent dans le désert de Sar, qui se nommait aussi désert d'E/fiam , comme il parait par le chapitre xxxzir des Nombres.
Des palmiers d Elim..
Strabon. parle d'un bois de paliniers , éloigné de Jéricho de cinq journées; ce bois est en vénération dans tous le pays, à cause des sources d'eau qui y sont en abondance, quoique tout le reste des environs soit tout à fait sec et stérile : c'est peut être là où se trouvent les palmiers d'Elim.