‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 383 sur 1035 · Non inibis cum eis fedus, nec eum diis eorum · texte numérisé non relu

Non inibis cum eis fedus, nec eum diis eorum

| 83. Non habitent in terra tua, ne forte peccare te faciant in me, si servieris diis eorum : quod tibi certe erit in seandalum *.

Ÿ 2i. Hébr.: « Ne vous révoltez point contre lui, » X 27. Hébr. autr. : «Je jetterai le trouble parmi tout le peu-

pe; ete. »

X 3:1. On lit dans l'hébreu, ef cjficies eos; dans le samaritain, e

vous avez semé dans vos champs; et la solennité de la fin de l'année, quand vous aurez recueilli tous les fruits de vos ehamps.

* 17. Trois fois dans l'année, tous les mâles paraîtront en la présence du Seigneur votre Dieu.

18. Vous ne saeriflerez point le sang de mon saerifice nvee du pain levé, et la graisse de mes solennités ne demeurera point jusqu'au matin.

19. Vous apporterez en la maison du Seigneur votre Dieu les prémices des fruits de la terre. Vous ne ferez point cuire le chevreau dans le lait de sa mère.

20. Voilà que j'enverrai mon ange devant vous, afin qu'il vous précède et vous garde dans le chemin , et qu'il vous introduise au lieu que je vous ai préparé.

21. Respectez-le et écoutez sa voix, et ne le meprisez point; ear il ne vous pardonnera pas quand vous aurez péché, et mon nom est en lui.

22. Et si vous écoutez sa voix, et faites tout ce que je dis, je serai ennemi de vos ennemis, et jafiligerai ceux qui vous affligeront.

23. Et mon ange ira devant vous, et vous introduira chez l'Amorrhéen, et l'Hethéen, et le Phérézeen, et le Chananéen , et ] Hévéen, et le Jébuséen, que j'exterminerui.

24. Vous n'adorerez point leurs dieux, et ne les servirez pas, et vous ne ferez point leurs œuvres; mais vous les détruirez et briserez leurs statues.

25. Vous servirez le Seigneur votre Dieu, afin que je béni:se votre pain et votre eau, et que j'éloigne la maladie du milieu de vous.

26. I1 n'y aura dans votre terre ni femme sans enfant, ni femme stérile : je remplirai le nombre de vos jours.

27. J'enverrai devant vous ma terreur, et j'exterminerai tout le peuple chez qui vous entrerez, et je ferai fuir tous vos ennemis devant vous.

28. J'enverrai d'abord des frélons qui mettront en fuite l'Héveen, et le Chananéen, et l'Héthéen, avant que vous entriez dans leur terre.

29. Je ne les chasserai point de devant vous en une seule année, de peur que la terre ne soit réduite en une solitude, et que les bêtes ne se multiplient contre vous.

30. Je les chasserai peu à peu de devant vous, jusqu'à ce que vous sovez en plus grand nombre, et que vous possédiez la terre.

31. J'établirai vos limites depuis la mer Rouge jusqu'à la mer des Philistins, et depuis le désert jusqu'au fleuve ; je livrerai entre vos mains les habitants de cette terre , et je les chasserai devant vous.

32. Vous ne ferez point d'alliance avec eux ni avec leurs dieux.

33. Qu'ils n'habitent point en votre terre, de peur qu'ils ne vous fassent pécher contre moi en servant leurs dieux ; ce qui certainement serait pour vous la ruine.

ejiciam eos, Y 33. Hébr.:… Car ce sera pour vous un lilet... + Samar, : « Car ils seront pour vous un filet, »

COMMENTAIRE

COMMENTAIRE

Ce que signifient ces mots : Mettre ses mains avec l'impie.

L'hébreu porte : « Vous ne mettrez point vos mains avec l'impie pour rendre un. témoignage injuste. » Mettre ses mains avec quelqu'un, signifie faire un pacte , une alliance avec lui, parce que, dans les cérémonies, les contractants se dounaient la main. réciproquement.

De l'année sabbatique.

C'est là l'établissement de la fameuse année sabbatique, On demande en quelle saison elle commençait : quelques-uns veulent qu'elle ait commencé comme l'année sainte, vers l'équinoxe du printemps; d'autres la font commencer cone l'année commune, à re- &uinoxe de l'automne : ce dernier. sentiment parait le plus juste ; car, suivant la remarque judicieuse de dom Caliiet, si l'année sabbatique eut commencé à Pâques, on aurait été deux années de suite sans faire de récolte, puisqu'on ne semait ni ne moissonnait dans l'année sabhatique, comme il parait par le Lévitique; mais on n'v recueillait que ce que Ja. terre produisait d'elle-même, et tout le monde indifforemment, sans distinction de propriétaire. Si donc l'année sabbatique eût commencé à Pâques, i| n'y avait pas de moisson pour eet étéJlà , il n'y en avait pas non plus pour le suivant, parce que la terre n'aurait pas été semée dans l'autoume de l'annee sabbatique; mais en commençant l'année sabbatique eu. antomne, aussitôt apres La récolte faite, et en la finissant au temps des semailles, on ne perdait qu'une seule moisson, qui était celle de l'année méme sabbatique.

Au reste, suivant le verset à du chapitre xxy du Lesitique, Ja loi de l'année sabbatique ne regardait que le temps de la paisible possession de la terre promise; et on place ordinairemeut là. premiere de ces années à 1n septième qui suivit le passage du Janrdam sous Josue. Il ne parait pas par l'histoire, continue dom Calmet, que les Israélites aient observé ces années bien exactement; et, en effet, cette loi n'était guere. praticable que dans les temps heureux et tranquilles. L'Écriture ne parle que de deux années sabbatiques seulement , savoir, au chapitre xxxiv de Jérémie, et au chapitre «t du premier livre des Machabées.

Noms injurieux donnés aux divinités paiennes,

On croit, remarque ici dom Calmet, que c'est en. conséquence de ce prévepte que les Juifs ont corrompu le nom des divinités paiennes , dont parlent les livres saints, et que souvent ils leur donnent des noms d'injure et de mépris; comme le dieu mouche , le dien ordure, etc.

VERSET 14, Nécessité d'un eulte public.

Ces trois fétes principales des Juifs que Dieu indique ici, sont,

comme il parait par les versets 15 et 16 de ce chapitre, la féte de Pâques, celle de la Pentecôte, et la fête des tabernacles.

Pourquoi an culte public? disent les incrédules; ne peut-on pas sersir Dieu intérieurement ?

S'il est un Dieu qui a créé les hommes pour l'état de société ; s'il est une. Providence qui prés de au gouvernement du monde, qui répand les biens et les maux sur les empires; si aucune nation ne peut se soustraire à ses regards, ni se passer de ses bienfaits, ni braver impunément sa colere, quelle serait l'ingratitude , l'aveuglement d'un peuple qui s'isolerait de la Disinite; qui prétendrait se gouverner conne s'il n'y avait pas de Dieu, et reléguerait son culte dans l'enceinte obscure des maisons, comme s'il était indigne de paraitre au dehors et de réunir sous ses auspices les membres de la société? Une telle convention sociale serait un pacte monstrueux dont l'histoire du monde ne présente pas d'exemple; elle tendrait à détruire tout culte privé, à étouffer tout sentiment de religion dans les cœurs,

De la féle de la Pentecôte et de celle des tabernacles.

« Vous célebrerez la fête solennelle de la moisson des premiers fruits de votre travail, c'est-à-dire de (tout) ce que vous aurez seme dans le champ. »

Cette fête , qui est ici appelée la Cte de la moisson, parce qu'elle se célébrait dans le temps de la moisson, ou la fée des prémices, parce qu'on offrait alors à Dien les prémices du blé et de l'orge, c'est-à-dire des grains, est nommée, au chapitre xxxtv de l'Exode, la fête des semaines, parce qu'on la célébrait sept semaines après le second jour de la semaine des azimes ; ce qui la fait nommer par les Grecs Pentecôte, c'est-à-dire fête qui se célebre le cinquantième jour aprés le lendemain de Pâques.

lH est à propos d'observer ici que les Hébreux offraient les prémices de sept sortes de fruits, savoir : blé, orge, raisin, figues, grenades, olives et dattes, comme il parait par les chapitres vire et xxyt du Deutéronome ; mais à la fête des semaines, on n'offrait les prémires que des grains, c'estä-dire du Àlé. et de l'orge; quant aux prémices des fruits, elles s'offraient dans un autre temps,

« Et la féte solennelle de la récolte aprés la fin de l'année, lorsque vous aurez recueilli de votre champ (tous les fruits de) votre travail, »

Cette fête était la féte des tabernacles, qu'on célébrait vers la fin du septième mois de l'année sacrée, c'est-à-dire vers la fin du premier mois de l'année civile.

De l'obligation de se rendre au temple trois fois l'année.

Cetle loi, suivant la remarque de dom Calmet, se doit prendre avec quelque restriction; car il était impossible que tous les enfants, les vieillards , les malades et les Juifs, habitués dans des pays éloignés de la Judée , pussent s'y rendre trois fois l'année; et ces voyages n'étaient pas praticables pour plusieurs raisons prises du temps, des licux, des personnes, etc,

Une pareille loi était trés-propre à cimenter une union entre les Israélites; elle obligeait tous les mäles de se rendre trois fois l'an dans le tabernacle, et ensuite dans le temple, pour y rendre leurs

L'EXODE, CHAPITRE XXIV

communs hommages au monarque céleste, qui daignait ètre le protecteur et le bienfaiteur de leur nation,

Il ne faut pas croire néanmoins que cette loi fût sans restriction, Le talmud exempte de la nécessité d'y obéir les femmes, que les soins du ménage dispensaient de ces fréquents voyages; les garçons au-dessous de douze ans; tous les vieillards au-dessus de soixante; tous les malades, les impotents, les lunatiques ; tous ceux qui étaient trop éloignés du lien de la présence de l'Éternel, ou trop faibles pour pouvoir s'y rendre à pied.

Des premices du tabernacle et de la défense de faire cuire le chevrcau dans le lait de sa mère.

Dom Calmet croit qu'on ne doit probablement entendre ce passage que des prémices qu'on offrait à Pâques, et qui consistaient, selon lui, en une certaine quanlile d'orge qu'on portait au tabernacle, et depuis au temple. Au reste, il sera parlé des prémices dans le Lévitique, qui en fait une mention expresse,

Il est à propos d'observer ici que Moise parle de la maison de Dieu, c'est-à-dire du tabernacle, par anticipation, selon sa coutume : apparemment qu'il méditait déjà sa construction, quand. il donna ces lois aux Israélites,

* Vous ne ferez point cuire le chevreau dans le lait de sa mére. »

Nec coques hœdum in lacte matris sue, 1l y a peu de passages dans l'Écriture qui aient autant tonrmenté les interpretes que celuici; on lui a donné plusieurs sens, tous trés-differents les uns des autres, et qu'on peut voir dans dom Calmet.

Les docteurs juifs ont vu en cela la defense de méler dans les aliments le lait à la chair; mais ne dirait-on pas plutôt unc recommandation morale? Car il y a quelque inhumanité à faire mourir le nourrisson dans la liqueur qui lui a donné la vie; c'est pourquoi on devait éviter aussi de tuer dans le méme jour la vache et son veau, la mère de tout animal et son fruit,

Ce qu'on doit entendre par l'ange dont il est ici question.

Angelum meum, c'est-à dire, suivant l'opinion commune, le Messie, qu'on suppose être désigné iri par Moise, parce qu'on lit, verset 21, « que le nom de Dieu est dans cet envoyé, est aomem meum in illo, » La plupart des interprètes entendent donc ce verset et les suivants de la venue de Jésus-Christ; mais il est tout naturel, ce me semble, de ne trouver ici qu'une promesse de la part de Dieu d'assister les Israclites dans la conquéte de la terre de Pharaon, sous la conduite de Moïse, qui peut fort bien être désigné par ces mots : angelum meum, On peut aussi, si l'on veut, entendre ces mots de *Josué, sur qui, depuis la victoire des Israëlites sur les Ama'écites ,

Moïse avait apparemment jeté les yeux pour lui confier le soin de toutes les guerres que pouvaient avoir à soutenir dans la suite les Israélites,

Sur l'idolátrie égyptienne.

Malgré l'opinion de Grotius , qui dit que l'idolátrie était presque tout à fait inconnue en Égypte, méme au temps de Joseph , nous ne pouvons nous dispenser d'avoir recours aux monuments historiques, méme aux hiéroglyphes et aux figures égyptiennes, pour retrouver sur ce point, parmi l'obscurité de tant de systémes , quelques traces moins incertaines et mieux fondées, Dans les temps les plus reculés , le peuple a eu du goût pour la magie, la divination, les augures et l'interprétation des songes. Nous en avons um témoignage dans l'envie démesurée qu'avait Pharaon de pénétrer la signification des épis et des vaches qu'il avait vus en dormant. Les priviléges des prétres égyptiens, indiqués par Hérodote, sont les mémes que rapporte Moise , et qui, selon Diodore de Sicile, leur avaient été accordés de temps immémorial par Osyris. 1l est évident que la corruption des Hébreux fit des progrès en Égypte. Perdant pour ainsi dire toute idée du «rai Dieu , ils encensérent les idoles, comme le leur reprochent les prophètes, et comme le prouvent le veau d'or qu'ils adorèrent dans le désert peu de jours aprés avoir passé la mer Rouge, et les idoles qu'ils portaient avec eux dans leur marche , et une infinité de lois de Moise qui supposent le peuple, dont il était le conducteur et le chef, infecté de l'idolätrie des Égyptiezs, des Chananéens, des Moabites et des Madianites, idolâtrie qui n'avait pas senlement pour objet les astres ct les éléments, mais encore les hommes et les animaux,

* Je n'appronve pas les institutions de l'Egypte, disait Maxime de "Tyr. On y adore un bœuf, un oiseau, un bouc, les repfiles du Nil, êtres dont les corps sont périssables, l'existence abjecte, Ja vue rampante, et qu'il est honteux d'adorer. Chez les Égyptiens, les dieux meurent; on porte leur deuil : ou voit à la fois et leurs tombeaux et leurs temples. Chez les Grecs, dans les solennités célébrées en l'honneur des héros, on offre des hommages à leurs vertus, mais on ne parle point des maux qui ont pu être leur ouvrage. Mais, en Égypte, dans le culte qu'on rend aux dieux, on méle quelquefois les pleurs aux offrandes. Une femme égyptienne élevait un pelit crocodile; les Égyptiens regardaient comme un grand bonheur pour elle d'être la nourrice d'un dieu ; quelques-uns méme allaient jusqu'à faire des caresses à cette femme et à son nourrisson. Cette. Égyptienne avait un fils, encore impubére, du méme âge que le dieu, avec lequel il était accoutumé de prendre ses ébats et de manger; tant que le dieu fut faible, il eut de la mansuétude; en groasissant , il développa sa férocité naturelle : un jour , il dévora l'enfant. L'infortunée Égyptienne envisagea comme un bonheur pour son fils son genre de mort, c'est-à-dire d'avoir été la proie d'un dieu domestique, Voilà pour ce qui concerne l'Égypte. »

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