Et Dieu parla à Noé, disant
16. Sors de l'arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi.
17. Et tous les animaux qui sont avee toi, de toute chair, tant parmi les oiseaux. que parmi les animaux , et tous les reptiles. qui rampent sur la terre, conduis-les avec toi, et deseendez sur la terre; et croisses et multipliez sur la terre.
18. Noé sortit done, et ses fils, et sa femme, et les femmes de ses fils avec lui.
19. Et tous les animaux sauvages et les animaux domestiques , et les reptiles qui rampent sur la terre, chacun selon son espèce, sortirent de l'arche.
20. Or, Noé éleva un autel au Seigneur; et, prenant! de teus les animaux et de tous les oiseaux purs, il offrit un holeeauste sur l'autel.
21. Et l'odeur en fut agréable au Seigneur, et le Seigneur dit : Je ne maudirai plus désormais la terre à cause des hommes ; enr l'esprit et les pensées de l'homme sont inelinés au mal dès sa jeunesse : je ne frapperai done plus désormais toute créature vivante eomme j'ai fait.
22. Durant tous les jours de la terre, les semences et les moissons, le froid et la chaleur , l'été et l'hiver, le jour et la nuit, ne cesseront point.
Infr. YX, 1 et 7. Les mémes lettres en hébreu donnent les deux sens. Y org. L'hébreu et les Septante ajontent :«Les oiseaux.» L'hébrer ne nomme pas les animaux domestiques : ils sont compris dans éesria.
COMMENTAIRE
Du mont Ararat.
L'Écrimre parle encore de ces montagnes d'Ararat au quatrième livre des Rois, chap. xix, Y 37. Isaie, ch. xxxvit, Y 38. Saint Jérôme dit que le mount Ararat, ou l'arche s'arrêta après le déluge, fait partie du mout Taurus, et qu'il domine sur les campagnes d'Ararat dans lesquelles coule le fleuve Araxe, Nicolas de Damas nomme cette montagne Paris, et illa met dans la Miniade, en Arménie, Saint Épiphane jui donne le nom de Lubar, montagne des Lubiens, Saint Ambroise appelle la montagne où s'arréta l'arche, la montagne carrée où la montagne du carré, Mons quadrati. Le nom d'Arménie ne se trouve pas dans le texte hébreu de tout l'Ancien-Testament.
Les historiens profanes cités dans Josephe et dans Euselx: (Absden, apud Eusèb., prep. liv. IX, ch. xir: ; Bérose apud Josephe, lis. E ant., ch. 3. ) rendent témoignage de l'ancienne tradition des peuples, qui
croyaient que l'arche ou le vaisseau de Noé était demeuré dans l'Arméme, Bérose dit que, de son temps, on prenait du bitume dont l'arche de Noë qui subsistait encore était enduite, et que l'on s'en servait comme de préservatif. Les Arméniens se sont toujours vantés d'avoir parmi eux. des restes de l'arche,
On répétait beaucoup que les Cordillières étant les plus hautes montagnes connues, i| était surprenant que l'arche se fût arrêtée en Asie. Aujourd'hui il est sûr que les Alpes du Thibet sont plus élevées que les Cordilliéres. Les montagnes d'Ararat dont parle ici Moïse sont-elles les montagnes de l'Arménie ou les montagnes du Thibet? Rien dans le texte ne l'explique. On eroit communément que les anciens habitants de l'Arménie descendaient de Japhet, troisième fils de Noé,
Il est reconnu par tout le monde aujourd'hui que l'Asie est le berceau de la civilisation. C'est elle qui nous présente les premières antiquités du monde physiques ou morales, sacrées ou profanes. C'est en Asie que les saintes Écritures placent Je paradis terrestre, que lc
genre humain s'est renouvelé; c'est en Asie que l'arche de Noé s'est arrétée et que le genre humain a. pris connaissance du vrai Dieu.
C'est là aussi que sont les montagnes les plus élevées. De toutes les extrémités de l'Asie le terrain s'élève constamment vers le centre, où il finit par former un immense plateau, le plus vaste peut-être et le plus élevé qui soit sous le globe. Cette masse, souvent d'un sable fin et presque mouvant, se trouve comme entourée et soutenue par une énorme ceinture de montagnes d'une extréme hauteur, La partie septentrionale est Ia chaine a/taigue dont le mont Bogero semble être le point le plus élevé, L'Emmaüs des anciens, aujourd'hui Martag ou mont Zelur, forme la partie occidentale. Ce qui suit et contourne le midi, ce sont les fameuses montagnes du Thibet. Celles de Chine terminent du côté de l’est.
Le grand plateau de l'Asie a en surface plus de trois cent mille lieues carrées. Son élévation est. estimée à plus de trois mille toises, Une si grande hauteur et une aussi considérable étendue isolent entierement les parties qui les entourent,
Corbeau de Noc.
Une preuve en faveur de la leçon de la Vulgate, qui porte que le corbeau fut envoyé par Noé pour reconnaitre sila terre. était encore couverte d'eau, peut se tirer d'un proverbe arabe qui se trouve dans le recueil de Galius, à la suite de la grammaire d'Espinius. On dit chez ce peuple, d'un homme qui retarde, qui diffère, qu'il est plus tardif que le corbeau de Noë, Cette maniere de parler n'a pu s'introduire dans cette nation que par la lecture de la Genèse, dont les exemplaires devaient étre alors semblables à celui sur lequel notre Vulgate à été traduite; ce qui fait voir qu'avant les Massorètes, il y avait une negation dans le texte hébreu,
On peut lire dans l'ouvrage de M. Faber, intitulé Hore Mosaic, les rapports frappants qui existent entre les cosmogonies de tous les peuples et les circonstances du déluge rapportées par !outes les nations de la terre. (Voir la Jtaison du Christianisme, 2* edit.)
Sur les oliviers.
Quelques personnes ont prétendu qu'on ne trouvait point d'oliviers près du mont Ararat; mais où est ce mont Ararat ? est-il. dans l'Arménie où sur le grand plateau d'Asie ? C'est ee que rien ne détermine, Mais, quand ce mont serait en Arménie, s'il n'y a plus d'oliviers aujourd'hui, il y en avait autrefois,
Strabon est universellement estimé, il mérite la réputation dont il jouit et les éloges qu'on lui donne, puisque, pour composer son ouvrage, nonseulement il recucillit avec soin tous les mémoires des voyageurs qui l'avaient précédé, mais encore il alla en divers pays pour s'assurer de la position et de la qualité des lieux dont il devait parler. Ce grand géographe naquit dans la Cappadoce, limitrophe de l'Arménie : il était done certainement bien instruit des productions de ce royaume. Voici une partie de la description qu'il en fait :
* Hy a beaucoup de montagnes et de collines dans l'Arménie, où la vigne ne croit pas aisément; il y a aussi plusieurs vallées , les unes médiocrement, les autres extrèmement fertiles, comme la campagne qu'arrose l'Araxe à l'extrémité de l'Albanie, avant que de se jeter dans la mer Caspienne. On trouve après la Sacassène qui est voisine de l'Albanie et du fleuve Cur, ensuite la Gagarène ; toute cette région est abondante en fruits et en arbres cultivés ; ou y en voit aussi de ceux qui conservent toujours leur verdure: de ce nombre sont les oliviers. »
Au reste, il ne faut point étre surpris de ce qu'il y a eu des oliviers en Arménie; on doit plutót l'étre de ce que l'on n'y en trouve
COMMENTAIRE
plus, puisque ce royaume est placé dans Je climat le plus propre aux arbres de cette espece, Fabien, cité dans Pline, dit que l'olivier ne se plait point dans les contrées qui sont ou très-chaudes ou trés-froides ; ainsi le terrain qui lui est le plus convenable est celui qui occupe le milieu de la zone tempérée : telle est précisément la situation de l'Arménie, qui s'étend depuis le trente-huitieme degré de latitude jusqu'au quarante-deuxieme , ce qui est à peu pres le méme climat que celui de la Provence et du Languedoc, si fertiles en olives. Mais pourquoi ne voit-on. plus d'oliviers dans ce pays? Je demande à mon tour pourquoi n'y a-tl plus que vingt-trois cédres sur le Liban, où au temps de Salomon il y en avait une si grande quantité, que dix mille ouvriers furent employés pendant plusieurs années à en couper. Cinq cents ans aprés, il y en avait encore une grande abondance, puisqu'on y prit tous ceux qui furent employés à la construction du second temple. Je demande pourquoi y a-t-il peu de sycomores en Judée, oü ils étaient autrefois si nombreux ? Pourquoi aurait-an; de ]a peine aujourd'hui à trouver quelques chátaigniers dans le comté de Bourgogne, où ils étaient trés-communs il y a quelques siècles, ainsi qu'il parait par plusieurs anciennes charpentes qui en sont faites ? Combien ne woit-on pas de changements sur la face de la terre!
Traditions américaines sur le corbeau et la colombe.
Les traditions précises, transmises avec tant de sollicitude par les Américains, sur l'histoire primiüve de Phomme, sur le déluge et la dispersion, si exactement conformes avec celles de l'ancien monde, doivent éloigner toute hésitation relativement à leur origine. Les Azteques, les Mittèques, les Tlascalteques et d’autres nations avaient des peintures sans nombre sur ces derniers événements. 'Tezpi ou Coxeox, comme on appelle le Noé américain, est représenté dans une arche flottante sur les eaux, et avec lui sa femme, ses enfants, plusieurs animaux et différentes espèces de grains. Quand les eaux se relirerent, Tezpi envoya un vautour, qui, trouvant à se nourrir sur les corps des animaux noyés, ne revint pas. Aprés que l'expérience répétée avec plusieurs autres oiseaux eut manqué, l'oiscau-mouche revimt à la fin portant une branche verte à son petit bec, Dans les mêmes peintures hiéroglsphiques, la dispersion de l'espece humaine est ainsi représentée. Les premiers hommes après le déluge étaient muets, et on voit une colombe perchée sur un arbre donnant à chacun une langue : la. conséquence de cela fut que les familles, au nombre de quinze, se dispersérent en différentes directions, Cette coincidence serait seule suffisante pour établir un chainon de connexion intime entre les nations des deux continents. Mais, dans le fait, les. ressemblances entre ces traditions sont si nombreuses, si extraordinaires et tellement circonstanciées, que dans un ouvrage qui à paru dernicerement, deux longues et savantes dissertations ont ete insérées pour prouver que les Juifs d'abord et ensuite les Chrétiens ont colonisé l'Amérique, L'ouvrage auquel je fais allusion est la collection vraiment royale des monuments mexicains, publiée par lord Kingsborough ; c'est un trésor de matériaux pour ceux qui se vonent à cette étude, TE paraît impossible de parcourir ce: magnifiques volumes sans être frappé du caractère varié de l'art qu'ils exposent aux regards, Les figures hiéroglsphiques représentant la forme humaine accroupie ou dans des proportions difformes n'ont rien de commun avec les reliefs sculptés. Lei nous voyons de grandes figures posées dans des attitudes guerrieres , là des femmes assises les jambes croisées sur des monstres à double tète, avec leurs enfants dans leurs bras, leur cou orné de rangs de perles, leur tête couronnée par une coiffure conique élevée, surmontée quelquefois d'animaux ; dans un autre endroit nous tronvons la tortue, emblème sacré de l'Inde; dans un autre nous voyons le serpent se roulant autour de l'arhre, ou des hommes qui menacent d'avaler des monstres informes; tellement que nous nous
imaginons examiner les sculptures de quelque caverne indienne ou awienne pagode, Et j'ajouterai que le type des physionomies, dans cs sculptures , n'est en aucune façon américaine, mais rappelle fortement à l'esprit la première maniere indienne. Ensuite nous avons une autre classe de monuments, également distincte. et qui semble va harmonie avec l'art égyptien, Nous avons des pyramides construites sur le méme modele et qui paraissent destinées au. méme objet. Nous avons des figures aux vétements serrés, de maniere que seulement les pieds en bas et les mains de chaque cóté paraissent, comme dans les siatues égypliennes ; tandis que la coiffure entonre la téte et descend de chaque côté, poussant en avant d'énormes oreilles : outre d'autres figures agenowillées où ces signes sont encore plus marqués, tellement que, comme l'observait E. Q. Visconti, elles pourraient. avoir été copices d'aprés le portique de Dendera, dont les chapitaux leur ressemblent exactement, Dans les figures de cette classe aussi la physionomie n'est nullement la. méme que dans la. premiere, mais d'un caractere plus approprié au style de Part.
Qui nous expliquera celte énigme, qui nous dira si ces ressemlances sont accidentelles, on produites par une communication aetuclle ? Assurément ceci est encore le pays du mystère, entouré de nuages ; beaucoup d'études sont encore nécessaires pour éclaircir les anomalies, concilier les contradictions, et placer notre savoir sur oue base plus stable, Nous ne pouvons méme surmonter les difficultés de cette nature qui se rapprochent de nos temps, par exemple, expliquer comment, ainsi que Muratori l'a prouvé, le bois de Brésil était au nombre des marchandises payant un droit aux portes de Modene en 1306, ou comment la carte d'Andren Bianco, conservée dans la bibliothèque de Saint-Marc à Venise, et construite en 1436, peut placer une ile dans l'Atlantique avec le nom mème de Zrasile, Combien avons-nous plus de difficultés à combattre, quand nous entreprenons de débrouiller le chaos des documents primitifs, ou. de recosstruire une histoire des premiers temps avec quelques fragments de monuments épars! ( Extrait des Conférences du docteur Wiseman.)
Conservation des végélaux.
On peut dire que Dieu, par un miracle, conserva les semences oti les racines sous les eaux du déluge, On peut encore dire que Noe prit aset loi dans l'arche tontes les graines ou les racines des plantes qui ne pouvaient pas se conserver, ou qui lui étaient nécessaires pour semer et replanter après le délüge. Fest vrai que Moïse ne parle pas de cette circonstance; mais nous avons dejà remarqué que son récit est tressuccinct, qu'il y a des choses qui y sont omises. Beaucoup de plantes et d'arbres purent se conserver sur les montagnes, qui ne furent pas longtemps couvertes d'eau : plusieurs autres plantes qui vivent sous les eaux, comme l'olivier et le laurier, s'y conservérent sans miracle. D'autres graines déposées dans la terre y demeurerent sans corruption , puisqu'on connait des graines qui s'y conservent plusieurs années. Rien de plus difficile que d'altérer les germes des plantes. Voyez Bonnet, dans sa Palingénesie, où ressuscite des plantes apres qu'elles ont été digérées, ou même réduites en cendres. Ainsi, comme le remarque dom Calmet , l'objection des inerédules prise de la prétendue impossibilité de conserver les végétaux n'est pas d'un fort grand poids. Au reste, une fois que les plantes ont été conservées dans quelque endroit, rien de plus aisé que de les propager partout : les vents et les oiseaux suffisent pour cela. Voyez de Luc, Lettres géologiques.
Nourriture des animaux après le déluge.
1l ne suffit pas, dit-on, d'établir la possibilité du déluge ; il faut T. L
faire subsister les hommes et les animaux préservés de l'inondation , jusqu'à l'époque à laquelle la terre , susceptible de culture, pàt fournir à leurs besoins par de nouvelles productions. Or, si les caux du déluge, apres avoir séjourné sur les plus hautes montagnes, se fussent ensuite relirées tout à coup, elles auraient laissé une si grande quantité de limon et d'immondices , que les terres n'auraient été labourables ni propres à recevoir des arbres et des vignes que plusieurs siècles après ; comme l'on sait que, dans les deluges qui arrivérent en Grèce, le pays submergé fut totalement abandonné, et ne put recevoir aucune culture que plus de trois siecles après cette. inondation. Voyez Acta eruditorum , Lips. anno 1691. Buffon ne trouve d'autre solution à celte difficulté que la puissance infinie du Créateur, qui a voulu que le déluge universel ne changeát en aucune façon la terre, et qu'après la retraite des eaux elle fût encore propre à produire des vignes et des fruits.
Mais, sans recourir à un miracle, on peut dire, d'après ce que remarque le texte sacré, que les eaux du déluge, s'étant retirées lentement et progressivement pendant l'espace de dix mois, ont dii détacher et emporter avec elles une grande partie de ces limons et de ces imimondices ; au lieu que, si elles se fussent retirées tout à coup, elles n'auraient emporté que la partie la plus fluide et auraient laisse un limon épais qui n'eût ete peut-être cultivable qu'apres bien des années, Il ne faut pas raisonner des parties de la Grèce submergées dans les déluges d'Ogyges et de Deucalion, comme des pays d'Asie et d'Arménie où l'arche s'arrêta, Buffon remarque que la Grèce entière, comme tontes les iles , est une terre nouvelle, qui, vraisemblablement, ne faisait que de sortir de dessous les eaux. avant. ces déluges partiels , au lieu que l'Asie, l'Arabie, l'Arménie, sont les plus anciennes terres du globe, qui avaient été délivrées des eaux seize siècles au moins avant l'époque du déluge mosaique : elles avaient done aequis, dans cette longue duree , une densité qui facilita l'écoulement des limons. Il n'est pas nécessaire de dire que toute la terre put être cultivée immédiatement aprés que les eaux se furent rélirées : les montagnes et les collines, sur lesquelles l'eau séjourna moins de temps et dont le penchant facilitait l'écoulement des vases et du limon, furent bientát labourables, I est vraisemblable que quelques-uns des arbres plantés sur ces endroits élevés purent subsister dans l'inondation, et pousscrent des feuilles et des fruits des que la retraite des eaux leur permit de végéter. Quant aux lions et autres animaux carnassicrs, on peut dire que Noé avait fait des provisions pour plus d'un an ; si l'on n'aime mieux dire qu'à la sortie de l'arche ils furent nourris par les coquillages que la mer laissait sur les bords, comme en effet ces coquillages contribuent à la nourriture des lions en Afrique,
Des animaux de la Nouvelle- Hollande.
On peut expliquer facilement pourquoi, dans certaines parties de la terze , dans la. Nouvelle-Hollande, par exemple, ou rencontre des animaux qu'on ne trouve que là. Apres le déluge il dut se former des débris flottants sur les eaux, des iles sur lesquelles quelques couples d'animaux ont pu se placer et être transportées en des terres lointaines. Cette explication nous semble très-naturelle : on voit par là comment ces animaux ne sont que dans un seul lieu, et leur absence de tous les autres est une preuve frappante de la vérité du récit de Moïse.
Sur le sacrifice d'upréable odeur.
Le] C'est ici une métaphore commune à toutes les langues. Moise vt les prophètes ont enseigné clairement que Dieu est un pur €5prit , qu'il est présent partout, qu'il n'a besoin ni d'oflrandes ni codi
times, que le seul culte qui lui soit agréable ce sont les sentiments du cœur, Ainsi, ce passage signifie seulement que Dieu agréa les sentiments de reconnaissance el de respeet que Noé lui témoigna par son sacrifice. Ceci ne ressemble en rien aux folles imaginations des pañens, qui pensaient que leurs dieux se nourrissaient de la fumée des victimes brülées à leur honneur, et que cette odeur leur
était agréable, VERSET 21.
Dieu promet de ne plus envoyer de déluge.
Dieu ayant frappé la terre d'un si terrible ebâtiment, déclare qu'il ne punira. plus les hommes de la méme manière, quoique les hommes soient toujours portés au mal des leur jeunesse, Dieu prévoyait l'idolátrie qui allait couvrir la terre ;-mais comme son fils dewait venir, les jours de la miséricorde devaient durer jusqu'au second avenement de Jesus-Christ, et au déluge de fen qui embrásant laterre, eommencerait la justice ! Onkelos et Jonathan traduisent l'hébreu par ces mots : « Dieu dit dans sa parole et dans son Verbe : » Jl semble que c'est à son fils qu'il promet de ne plus inonder la terre. Dieu, dit: «Je n'interromprai plus l'ordre et le cours de la nature par ces châtiments extraordinaires de ma justice. Les saisons se suecederont comme elles ont fait jusqu'à cette heure, et je réserverai pour une autre vie les punitions des crimes que les hommes auront commis en celle-ci. »
Des différentes catastrophes du globe.
Tl est vraiment singulier que toutes les anciennes cosmagonies s'accordent à conserver la tradition d'une. série primitive de révolutions, durant lesquelles le monde fut détruit et renouvelé. Les Institutes de Menu, l'ouvrage indien qui s'accorde le plus avec le récit de la création dans l'Écriture, portent : « Il y a aussi des créations et des destructions de mondes à l'infini : l'Étre supréme. exécute toutes choses sens efforts et comme un jeu qu'il repete, pour qu'il résulte Le bonheur. + Les Birmans ont de semblables traditions, et leur idée des diverses destructions du monde par l'eau et le fen est exposée dans le livre de San-Germano. Les Égyptiens aussi avaient, par leur grand evcle ou période sothiatique, consacré la. même opinion.
Mais je crois plus important et plus intéressant d'observer eomment les premiers Pères de l'Église chrétienne paraissent avoir eu exactement des idées semblables; car saint Grégoire de. Naziance, d'après saint Justin, martyr, suppose une période indéfinic entre la création et la première ordonnance des choses. Saint Hasile, saint Césaire et Origene sont beaucoup plus explicites ; ear ils expliquent la création de la lumiere avant celle du soleil, ea supposant que ce himinaire existait avant, mais que ses rayons ne pouvaient arriver jusqu'à la terre, à cause de la densité de l'atmosphère du chaos; dés le premier jour cette amosphere fut assez raréliée pour permettre la transmission des ravons solaires, mais pas assez pour laisser discerner un disque qui ne fut manifesté que le troisieme jour, Cette hypothèse est adoptée par Boubée comme entierement conforme à la théorie d'un feu central, et la solution, qui en resulte, de diverses substances dans l'atmosphère.
Mais pourquoi supposer quelque période intermédiaire entre l'acte de la création et l'arrangement subsequent des choses comme elles existent? C'est que sans eela il est impossible d'expliquer d'où proviennent les débris des énormes animaux qu'on rencontre dans les profondeurs de la terre, et dont les analogues n'existent plus et méme ne pourraient pas exister. à la surface du globe dans l'état où elle est maintenant, Ces animaux gigantesques et la plupart aquatiques ou amphibies, et des forines les plus bizarres, sont les restes d'une création qui a précédé l'organisation actuelle. Tan-
dis que les animaux enfouis par le déluge ont tous leurs analogues sur la terre, l'existence de l'homme était incompatible avec celle de ces premiers animaux. (Extrait de Wiseman.)
APPENDICE