Et quiconque touchera l'un de ces objets, lavera
= Ÿ 19. Ces deux mots, redeunte mense , ne sont pas dans l'hébr. Y ar, Hébr. : « Elle se couche, »
COMMENTAIRE
et ipse lotus aqua, immundus erit usque ad vesperum. | ses vétements, et, s'étant lavé dans l'eau , Sera souillé
28. Si steterit sanguis, et fluere cessaverit , numerabit septem dies purificationis sum *:
29. Et die octavo offeret pro se sacerdoti duos turtures aut duos pullos columbarum ad ostium tabernaculi testi-
' monii :
30. Qui unum faciet pro peccato , et alterum in holocaustum , rogabitque pro ea coram Domino, et pro fluxu immunditiæ cjus.
31. Docebitis ergo filios Israël ut caveant * immundiliam, et non moriantur in sordibus suis, cüm polluerint tabernaeulum meum quod est inter eos.
32. Ista est lex ejus, qui patitur fluxum seminis, et qui polluitur coitu,
33. Et que menstruis temporibus separatur vel quae jugi fluit sanguine, et hominis qui dormierit cum ea.
X 28. L'hébreu ajoute : « Et s'il a, par suite de cet accouchement, été sur le lit ou sur le meuble sur lequel elle s'asseoit , il sera impur jusqu'au soir, »
X 3:1. Hébr. autr. : « A se purifier, » On lit dans l'hébreu : Re-
jusqu'au soir
28. Si cet accident s'arrête et cesse entièrement, elle comptera sept jours depuis sa purification ;
29. Et au huitiéme, elle offrira pour elle au prétre deux tourterelles ot deux jeunes pigeons à la porte du tabernacle.
30. IL en sacrifiera un pour le péché et l'autre en holocauste, et il priera pour elle devant le Seigneur et pour son impureté.
31. Vous enseignerez ainsi les enfants d'Israél, afin qu'ils se gardent des impuretés, et qu'ils ne meurent pas en leurs souillures, lorsqu'ils auront profané mon tabernacle qui est parmi eux.
32. Telle est la loi de celui qui a la gonorrhée , et qui se souille en approchant d'une femme;
33. Et la loi de la femme qui est séparée aux époques du mois, ou qui perd son sang continuellement, et de l'homme qui s'est approché d'elle.
movebitis filios Israël ab immunditia sua; dans le samaritain : Movebitis filios Israël ab immunditia sua ; ce que les Septante ont expliqué par carentes facietis ; d'où apparemment, dans la Vulgate, docebitis ut caveant,
= ———— ———— ÉL COMMENTAIRE
Des impuretés légales.
Ce chapitre indique diverses impuretés légales, L'homme, par exemple, qui fluxum seminis patiebatur (maladie permanente et involontaire, dit ici dom Calmet , et differente d'une autre souillure aussi involontaire, mais passagere , qui n'est. pas l'effet de la maladie ) était impur (X 2; les lits où il dormait, les endroits où il s'asseyait, étaient impurs jusqu'au soir (Y 4 et 10); si quelqu'un les touchait , ou touchait la personne , il était obligé de se laver, lui et ses habits, et il demeurait impur jusqu'au soir (5, 6 et 7); s'il était tombé de sa salive sur un homme pur, il était aussi obligé de sc laver, lui et ses habits, et il restait impur jusqu'au soir ( Y 3) ; un vaisseau qu'il aurait touché, s'il était de terre, était cassé ; s'il était de bois , il était laxe (12) ; un homme qu'il aurait touché, avant que d’avoir lavé ses mains, était obligé de se laver, lui et ses habits, el restait impur jusqu'au soir ( 11); s'il guérissait, au bout de sept jours , après avoir lavé ses habits et son corps , il redevewait pur (13), et le. huitième , il offrait à Dien deux Mute od deux petits de colombe ( Le Clerc, deur pigeons) » dont l'un était immolé en holocauste, et l'autre. pour le péché, et cela pour sa purification ( 14 et 15). L'usage du mariage rendait impurs et l'homme et la femme; ils devaient. se laver tout le corps, et restaient impurs jusqu'au soir : ils devaient aussi laver les vélements qu'ils avaient su sur eux, ét ces vêlements restaient impurs jusqu'au soir. C'est ainsi que quelques-uns enlendent les versets 16, 17 et 18 de ce chapitre, avec cette restriction que ne fait pas toutefois. le texte saeré , savoir, que l'impureté dont il est parlé dans ces trois versels ne
. regardait que l'usage des choses saintes, et non les devoirs communs
de la vie, Je conviens que la raison semble dicter cette restriction, et qu'il serait absurde d'imaginer qu'on eût pu devenir impur par l'attou-
* «hement d'un homme ou d'une femme qui auraient usé du mariage;
car le moyen de pouvoir être un seul jour exempt d'impureté ? T. L
Sagesse des lois de Dieu.
* Admirons ici, dit Fleury, la sagesse. et la bonté de Dieu, qui avait donné à son peuple des lois utiles en tant de manières , puisqu'elles servaient tout ensemble à les accoutumer à l'obéissance, à les éloigner de la superstition, à régler leurs mœurs et à conserver leur santé. C'est ainsi que, dans la structure des animaux et des plantes, nous voyons tant de parties qui servent à plusieurs usages, Or, il était important que leurs préceptes de proprelé fissent partie de la religion, parce que , regardant le dedans des maisons et les actions les plus secrètes de la vie, il n'y avait que là crainte de Dieu qui püt les faire observer. Cependant, par ces chases seusibles , Dieu formait leur conscience et les accoutumait à reconnaitre que rien ne lui est caché, et qu'il ue suffit pas d'étre pur aux yeux des homines, »
Des expressions qui blessent la pudeur.
Le président Hénault dit que, plus une langue est livrée à un peuple corrompu, et plus elle est modeste ; cette'proposition , qui ressent beaucoup le paradoxe, est pourtant assez vraie : rappelons-nous la simplicité des mœurs anciennes ; on ne faisait point de facon d'exprimer chaque chose par son nom; on disait alors ce que nous appelons maintenant des obscénités, parce que l'on était moins corrompu. Qu'on lise les prédicateurs du quatorzieme et du quinzième siècle, qu'on remonte méme plus haut, on trouvera que les traducteurs de la Bible employaient les expressions les plus vives innocemment. On trouvera que les saints Pères, dans leurs homélies, entraieut dans des
détails que l'on ne pardonnerait point aujourd'hui. Jean de Meun, vivant vers l'an 1300, se sert des expressions les plus opposées à la pudeur, sans ètre honteux, fondé sur ce qu'il n’y a point de mal à nommer ce que Dieu a fait...
« Ce n'est pas seulement chez les Juifs, dit Bullet, que des termes ;
qui étaient honnétes ont cessé de l'être. Nous avons dans notre langue une infinité d'exemples de ce changement. Qu'on ouvre la Bible de
LÉVITIQUE, CHAPITRE XVI
judicieusement que «le Plutarque d'Amyot est dangereux pour les mœurs, en ee qu'il peint les choses d'nne maniere trop libre et naive , et qu'il s'y trouve quelques termes qui ont aujourd'hui une signifi-
, cation. peu honnête,
Calvin, combien n'y trouvera-t-on pas d'endroits qui feront rougir? |
Sürement ils ne produisaient pas cet effet lorsque cette version parut , car on se piquait alors de sévérité de mœurs à Genève,
* Croira-t-on qu'Amvot eût offert à ses augustes élèves un ouvrage capable de les corrompre ? Sa traduction n’offensait done point alors la pudeur, et ne présentait rien à l'imagination qui püt la souiller.
» On voit par ces exemples que l'honnéteté ou l'obscénite des expres-
: sions est relative aux temps et aux lieux : elle l'est méme aux per-
* M. Dacier, dans la préface de sa traduction de Plutarque, observe :
sonnes, Les termes les plus libres sont chastes dans la bouche des médecins, parce qu'ils ne font point d'impression sur leur cœur. »