Separate ergo et. vos jumentum mundum ab im
mundo , et avem mundam ab immunda : ne polluatis animas vestras in pecore , et avibus, et cunctis quie moventur in terra, et quie vobis ostendi esse polluta.
26. Eritis mihi saneti, quia sanctus sum ego Dominus *, et separavi vos a cæteris populis , ut essetis mei.
?;. Vir, sive mulier, in quibus pythonicus, vel divinationis fuerit spiritus, morte moriantur : lapidibus obruent eos: sanguis eorum sit super illos,
X 22. La particule assé n'est point exprimée dans l'hébreu. Ÿ 23. On lit dans l'hébreu gentis; dans le samaritain, gentium.
COMMENTAIRE
21. Celui qui épousera Ia femme de son frère fait une action illieite; il a découvert la turpitude de son frère, ils seront privés d'enfants.
22. Gardez mes ordonnances et mes jugements, et les observez, de peur que la terre où je vous introduirai ne vous vomisse de son sein.
23. Ne marchez point dans les voies des nations que je chasserai devant vous ; car elles ont fait toutes ces abominations, et je les ai eues en horreur.
24. Or, je vous dis: Possédez leur terre que je vous donnerai en héritage; terre ou coulent le lait et le miel. Jesuis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai séparés des autres peuples.
25. Séparez donc le bétail pur de l'impur, et les oiseaux purs de ceux qui ne le sont pas; ne souillez pas vos âmes en mangeant des bêtes et des oiseaux, ni de tout ce qui se meut sur la terre et que je vous ai dit étre impur.
26. Vous serez saints, car je suis saint, moi le Seigneur; et je vous ai séparés des autres peuples, afin que vous fussiez à moi.
27. L'homme ou la femme qui seront magiciens ou devins mourront de mort, et seront lapidés : leur sang sera sur eux.
X 26. Le samarilain lit simplement : Eritis mihi , quia ego sum Dominus,
COMMENTAIRE
De l'idole de Moloch.
Si quis dederit de semine sua idolo Maloch, Le Père de Carrières lit ainsi: « Si un homme... donne de ses enfants à l'idole de Moloch ; » mais je pense qu'on pourrait traduire à la lettre le mot semine (semence), alors il s'agiruit dans ce passage de ce crime abominable qui détruit les générations futures par d'iufámes voluptés. Cela n'empéche pas que, dans d'autres endroits des livres saints, il ne soit question de sacrifices d'enfants faits à Moloch, comme il est rapporté au. verset 6 du chapitre xxt, chapitre iw des Rois, ef traduxit filium suum per ignem (il fit passer son fils par le feu), et dans Jérémie (xix, 3), ud comburendos filios suos igni in holocaustum. Haalim; et dans le chapitre xxii, verset 10, du IV* des Rois: Contaminavit quaque Topheth ut nemo consecraret filium sum aut filiam per ignem Moloch. On voit par ces passages que, lorsqu'il s'agit de sacrifier des enfants à Moloch, on sesert du mot fiium ou fiam, et lorsqu'il s'agit du crime d'Onan, du mot semine, Il est naturel de penser que Moïse, qui, dans le chapitre xvitt du Lévitique, verset a1, à déjà défendu cet acte exécrable eu disant de semine tuo non dabis, ut contecretur idolo Moloch ; si nous traduisons ce passage littéralement, il ordonne dans le chapitre xx que le coupable soit puni de mort , et que le peuple le lapide pour marquer l'horreur qu'il a de son crime.
Que signifient ces paroles : Absque liberis morientur?
Dans les versets 20 el at, il est défendu de connaitre la femme de son oncle paternel ou maternel , et d'épouser la femme de son frère, Mai: sous une peine qui a beaucoup embarrassé les interpretes. Ahsque liberis morientur, dit la Vulgate au verset 20, et absque liberis erunt, au. verset 21. Les Septante portent dans l'un et l'autre verset: « Ils mourront sans enfants,» On demande ce que veulent dire ces paroles ; mais il est diflicile de les interpréter. Quelques-uns ont eru que cela manquait que les enfants nés de telles conjonctions seront censés illégitimes et ne succederont pas à leurs péres ; d'autres croient qu'on fera mourir les coupables pour qu'on ne leur donne pas le temps d'avoir des eufants.
Distinction des viandes.
Les observances légales, touchant la distinction des viandes, sont si peu à l'usaze des nations, que Dieu déclara qu'il ne les prescrivait aux Israëlites qu'afin qu'ils fussent séparés des autres peuples. C'est la raison que les Juifs donnent de cette distinction des viandes dans la relation d'Aristée, cilée par Eusébe dans le huitième livre
LÉVITIQUE, CHAPITRE XXI
de sa préparation évangélique. « Sur ce que nous leur demandámes, y est-il dit, pourquoi, tout étant également l'ouvrage du Créateur, 1l est des viandes dont on ne peut manger sans crime, et des êtres auxquels il n'est pas méme permis de toucher, Vous savez, répondit Éléazar, quelle est la force des liaisons et du commerce que les hommes ont les uns avec les autres... Notre législateur nous a prémunis de la distinction des viandes, comme d'un rempart : elle nous met à couvert de la contagion qui résulte toujours de la communication avec les méchants. « Quand la séparation cesse , le mur de séparation devient inutile,
VERSET 27, De la magie.
« C'est une grande question parmi les catholiques, dit H. Janssens, de savoir si ceux à qui on donne le nom de magiciens, de pythons, ete., dans l'ancien. Testament, étaient en possession d'une véritable magie, ou s'ils n'étaient que des imposteurs. Quoi qu'il en soit, comme l'exercice de la magie est un outrage à la Divinité, comme elle entraine souvent les conséquences les plus pernicieuses , et qu'elle est contraire à la nature, c'est avec raison que Moise l'a défendue sous peine de mort; mais où ne voit rieu dans sa loi qui tende à établir l'existence d'une véritable magie.
x Deux faits seulement relatifs à la magie se présentent. dans l'ancien Testament : le premier est l'histoire des magiciens égyptiens, opérant des prodiges en présence de Pharaon ( Exod., vtt et vir) ; le second est celle de la pythonisse d'Endor, à qui Saül ordonne d'évoquer l'ombre de Samuel (I, Rois, 38). Mais ce que firent les magiciens d'Égypte pourrait n'étre que le résultat de quelques secrets de physique, et nous lisons méme (I, Rois, 38) que Samuel apparut à la vérité, mais sans avoir élé évoqué par la pythonisse : ni elle, ni le démon , n'avaient de pouvoir sur l'âme de Samuel aprés sa mort; la pythonisse le savait : aussi , à l'apparition de Samuel, frappée de terreur, « elle jeta un grand cri, » dit le texte sacré. Dieu seul permit que Samuel apparüt pour punir Saül , en lui annonçant sa mort prochaine.
« Nous savons que le nouveau Testament parle de certaines opérations du démon; mais dans aucun endroit il n'est question d'un pacte quelconque que des hommes aient;fait avec lui.
* Que les déistes avouent donc que la loi de Moïse, en proserivant tout exercice de la magie, fut beaucoup plus sage que les lois
des Grecs et des Romains, qui admettaient et toléraient une espèce de magie qu'ils appelaient magia Aenefica. »
M. Janssens parait heurter l'opinion commune des théologiens. Les Peres et les conciles ont admis l'existence de la magie diabolique, et la pratique constante de l'Église dans ses exorcismes nous en fournit la preuve. Bossuet exprime le méme sentiment dans son sermon sur les démons, « Qu'il y ait dans le monde , dit-il , un cerlain genre d'esprits malfaisants , que nous appelons démons, outre le témoignage évident des écritures divines, c'est une chose qui a été reconnue par le consentement commun de toutes les natious et de tous les peuples. Ce qui les a portés à cette croyance, ce sont certains effets extraordinaires et prodigieux, qui ne peuvent être rapportés qu'à quelque mauvais principe ou à quelque secrète vertu dont l'opération fut maligne et pernicieuse. Les histoires grecques et romaines nous parlent en divers endroits de voix inopinément entendues et de plusieurs apparitions funebres arrivées à des personnes trés-graves , et dans des circonstances qui les rendent trés-assurées ; et cela se confirme encore par cette noire science de la magie, à laquelle plusieurs personnes trop curieuses se sont adonnées dans toutes Jes parties de la terre. Les Chaldéens et les sages d'Égypte, et surtout cette secte de philosophes indiens, que les Grecs appellent gryminosaphistes, étonnaient les peuples par diverses illusions et par des prédictions trop précises pour venir purement par la connaissance des astres; njoulons-y encore certaines agitations et des esprits et des corps, que les paiens méme attribuaient à la vertu des démons... Ges oracles Irompeurs et ces mouvements terribles des idoles, et les prodiges qui arrivaient dans les entrailles des animaux, et tant d'autres accidents monstrueux des sacrifices des idolátres, si célebres dans les auteurs profanes, à qui les attribueronsnous, Chrétiens , sinon à quelque cause occulte, qui , se plaisant à entretenir les hommes dans une religion sacrilége par des miracles pleins d'illusion , ne pouvait étre que malicieuse? Si bien que les sectateurs de Platon et de Pythagore, qui, du commun consentement de tout le monde, sont ceux de tous les philosophes qui ont eu les connaissances les plus relevées , et qui ont recherché plus curieusement les choses surnaturelles, ont assuré comme une vérité trèsconstante qu'il y avait des démons, des esprits d'un naturel obscur et malicieux ; jusque-là qu'ils ordonnaient certains sacrifices pour les apaiser el se les rendre favorables, Ignorant»s et aveugles qu'ils étaient, qui pensaient éteindre par leurs victimes cette haine furieuse et implacable que les démons ont conçue contre le genre humain! »