‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 595 sur 1035 · Or, le Seigneur parla à Moïse, disant · texte numérisé non relu

Or, le Seigneur parla à Moïse, disant

34. Parle aux enfants d'Israël : Depuis le quinzième jour de ce septième mois, les fêtes des tabernacles dureront sept jours devant le Seigneur.

35. Le premier jour sera appelé trés-solennel et trés saint : vous ne ferez aucune œuvre mercenaire en ce jour.

36. Et pendant sept jours vous offrirez au Seigneur l'holocauste , et le huitième jour sera très-solennel et trèssaint, et vous offrirez au Seigneur l'holocauste ; car c'est une assemblée solennelle : vous ne ferez aucune œuvre mercenaire en ce jour.

37. Voilà les fêtes du Seigneur que vous appellerez très-solennelles et très-saintes ; et vous offrirez dans ces fêtes des sacrifices au Seigneur, des holocaustes et des libations , selon la coutume de chaque jour,

38. Outre les sabbats du Seigneur, et les dons et les vœux, et toutes les choses volontaires que vous offrirez au Seigneur.

39. Ainsi, depuis Ie quinzième jour du septième mois, quand vous aurez rassemblé tous les fruits de votre terre, vous célèbrerez la fête du Seigneur durant sept jours. Le premier jour et le huitième jour sera le sabbat, c'està-dire le repos.

40. Et au premier jour vous prendrez les fruits des plus beaux arbres, et des branches de palmier, et des rameaux d'un feuillage épais, et des saules du torrent, et vous vous réjouirez en la présenee du Seigneur votre Dieu;

41. Vous célèbrerez cette solennité pendant sept jours dans l'année; et ce sera un ordre perpétuel pour vos générations. Le septième mois, vous célèbrerez ces fêtes :

42. Or, vous habiterez sept jours à l'ombre de branches d'arbre; tous ceux qui seront de la race d'Israël habiteront sous la tente ;

43. Afin que vos descendants apprennent que j'ai fait habiter les enfans d'Israël sous la tente, lorsque je les ai tirés de la terre d'Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu. |

44. C'est ainsi que Moïse parla aux enfants d'Israël sur les solennités du Seigneur.

nité, »

COMMENTAIRE

Motifs de l'offrande qu'on devait faire d'une gerbe d'orge.

« Cette offrande', dit Bergier, était destinée à faire souvenir les IEsraëlites que la fertilité de la terre, et les fruits qu'elle nous prodigue, sont un don de Dieu, qu'il faut en user avec reconnaissance et modération , et en faire part aux pansres; elle leur rappelait encore uu miracle que Dieu avait fait en Égypte en leur faveur, et à la méme époque, lorsque la moisson d'orge des lsyptiens fut saccagée par la gréle, et que la leur fut préservée ( Exode, 1x, 31).=

De la féte des trompettes.

La troisième fête des Juifs était la féte des trompettes, 1] en est parlé aux versets 24 et 25 de ce chapitre, où il est ordonné que « le premier jour du septieme mois » (nommé depuis £izr/, et qui était le premier mois de l'année civile) sera fêté «au son des trompettes, » ensorte qu'on ne fera ce jour-là aucun ouvrage servile. Le commencement des autres mois était aussi publié au son des trompettes, suivant la remarque de dom Calinet ; mais le commencement du septième mois de l'année sacrée, qui était le premier de l'annéc civile , s'annonçait au son de ces instruments avec beaucoup plus de pompe et d'éclat que le commencement des autres mois. En effet, Dien l'ordonpa ainsi, comme il parait par le verset 24 de ce chapitre; il est, de plus, ordonné au verset suivant de ne faire aucune œuvre servile ce jour-là, et d'offrir à Dieu un holocauste (extraordinaire). Moise ne dit pas ici quels étaient les sacrifices particuliers à «la fête des trompettes; mais cela se trouve dans le chapitre xxix du livre des Nombres, Au reste, Moïse ne nous apprend point du tout la raison de l'établissement de cette fete : quelques interpretes out cru qu'elle fut instituée en mémoire du bruit et du tonnerre qu'on entendit sur le mont Sinai, lorsque Dieu y donna la loi de Moïse; les autres, pour remercier Dieu des grâces reçues pendant l'année qui venait de finir, et lui en demander de nouvelles pour l'année qui commencait,

VERSET 38, De l'offrande des prémices.

On peut croire que tout ce qui s'offrait au tabernacle , soit en victimes, soit en grains, etr. , dans les cinq fétes des Juifs, dont il est parlé dans ce chapitre, s'offrait au nom et aux frais de tout le peuple. Cependant les prémices, qui s'offraient au nom de tout le peuple en général , n'empéchaient pas que les particuliers n'offrissent les leurs ; mais, suivant la rema que de dom Calmet , ils les offraient ou en espèce , ou en argent , et on n'y obsersait pas les cérémonies marquées dans ce chapitre, pour l'offrande de la gerbe ou du gomor, ou des pains des prémices ; de plus , les particuliers n'étaient pas obligés, à ce que je crois, d'offrir leurs prémices le second jour des azymes, et le jour de la Pentecóte précisément, Enfin, be texte sacré ne détermine rien sur la quantité que les particuliers devaient offrir pour les prémices; mais, suivant la remarque de dom Cahnet, la coutume

l'avait fixée entre la soixantiéme et quarantième partie de la récolte : ceux qui en donnaient le moins n'allaient pas au-dessous de la soixanlième partie, et ceux qui en donnaient le plus n'excédaient pas la quarantième partie. Un interprète observe qu'il est notoire que l'usage d'offrir les prémices de ses fruits à la Divinité a été recu de temps immémorial parmi plusieurs nations : cet usage vint peut&tre de l'homme mème; mais Dieu en fit une loi pour les Israélites.

De la féte des tabernactes.

La féte dunt il est parlé ici était celle des tabernacles ou des tentes, appelée en grec scenopegie; V en est fait mention dans le second livre des Machabées (x, 6 et 7), oü il est dit qu'en l'année 160, c'est-àdire au commencement de l'année 3852 , au septième mois, Jonathas se resétit de la robe sainte en la fête solennelle des tahernacles; elle subsistait eucore au temps de Jésus-Christ (Jean, vr, a), et c'était une des trois grandes fêtes des Juifs; on la célébrait le quinzième jour du septieme mois , qui répond à notre mois de septembre,

Le motif de l'institution de cette féte, c'est afin que les Israélites se ressouvinssent dans les temps à venir que leurs ancétres ont demeuré sous des tentes apres la sortie d'Égypte. À ce motif, qui était apparemment le principal, puisque Moise en fait une mention expresse, on peut encore ajouter celui de rendre grâces à Dieu des fruits qui avaient été recueillis cette année,

Cérémonies de la féte des tabernacles.

Il était ordonné d'habiter sous des tentes pendant sept jours. Le temps , qui n'était en cette saison ni froid ni chaud, était plus propre à demeurer à l'air sous des tentes : elles étaient faites de branches de palmiers, d'autres arbres fruitiers que l'on coupait avec leurs fruits , et des saules qui croissaient le long des torrents.

Les Juifs modernes célèbrent tous les ans, au mois de septembre, une espèce de fête qui conserve encore le nom de celle des tabernacles.

Ce verset impose trésclairement, ee me semble, à tout Israélite l'obligation de demeurer sous des tentes couvertes de feuillages, durant les sept jours de la fete des tabernacles. Aussi la plupart des inlerprétes croient-ils que les Juifs prenaient leurs repas dans ces tentes

durant les sept jours de la féte, et méme qu'ils y passaient tout le jour et toute la nuit,

Preuves de la divinité de la religion mosaïque.

Les solennités publiques dont il est iei question sont des monuments authentiques de la vérité et de la divinité de la religion mosaique, Il faudrait abjurer le bon sens pour croire que Moise eût institué des solennités destinées à la commémoration des événements les plus extraordinaires, qu'il disait étre arrivés de son temps, et sous les yeux de deux ou trois millions de témoins, si ces événements eussent été. controuvés et imaginaires, Toute la nalion, en se pró-

tant avec joie à la célébration des fêtes qui retragaient le souvenir de la sortie d'Égypte, par exemple dela loi donnée sur le mont Sinai, el d'autres événements semblables, en avouait publiquement la vérité ; elle la confirmait à toute la terre, à tous les siècles. Encore aujourd hui l'ombre du culte qui reste aux Juifs constate hautement la vérité de ces mémes faits, auxquels leurs solennités sont relatives, et ne laisse aucun doute sur la sincérite de l'auteur du Pentateuque, qui nous en a transmis la mémoire

Du nombre sept.

Le sabbat, l'année sabhatique et le jubite nous donnent lieu de faire quelques réflexions sur le nombre de sept, si celebre dans l'an. cien et dans le nouveau Testament. Il est certuin que de tout temps on a attaché une perfection et une sainteté particulière à ee rombre, mème dans l'antiquité patenne, comme cela parait par le témoignage de Philon, aussi bien que par les sept autels que Balaam fit dresser pour y sacrifier sept holocaustes, On voit par l'histoire de la

LÉVITIQUE, CHAPITRE XXIV

Genése que ce nombre était en recommandation des le temps des patriarches. Dieu ordonna à Noé de choisir sept couples d'animaux purs pour mettre dans l'arche. Noé envoyait de sept jours en sept jours un pigeon hors de l'arche pour voir si les eaux s'écoulaient, Abraham met à par! sept agneaux pour Abimélech ; Jacob sert Laban deus fois sept ans. Dieu dit que si Cain est vengé sept fois, Lamech le sera soixante-dix-sept fois, qui font onze fois sept. Dieu ordonne aux amis de Job d'offrir en holocauste sept agneaux, sept beliers et sept taureaux. Pharaon voit en songe sept vaches, sept épis, que Joseph explique par sept années. Ce nombre ne fut pas moins célebre sous la loi, et il devint tout à fait sacré depuis l'institution du septieme jour.

Le nombre de sept , ainsi que les autres, n'a rien de parfait en soi ; mais il est clair que Dieu avait voulu, pour ainsi dire, en faire un sacrément de la vérité de la création, afin que les hommes de ce lemps-là , voyant si souvent ce nombre distingue des autres pour former les époques et les dénombrements, se souvinssent toujours que c'était le septième jonr que Dieu s'était reposé aprés avoir achevé la création de l'univers. (Essai sur les Juifs.)

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