De la tribu de Gad , Guel , fils de Machi
17. Tels sont les noms de ceux que Moise envova pour considérer la terre de Chanaan, et il nomma Üsce, liis de Nun, Josué.
18.,0r, Moise les envoya pour considérer la terre de Chanaan , et il leur dit : Montez vers le midi , €t, lorsque vous serez arrivés vers les montagnes,
19. Considétez la terre, ce qu'elle est, et le peuple qui Fhabite; s'il est fort ou faible, s'il est nombreux ou en petit nombre;
20. Si la terre est bonne ou mauvaise ; si les villes sont fortifiées ou sans murailles ;
21. Si la terre est grasse ou maigre; s'il ya des bois ou si elle est sans arbres. Fortifiez-vous, et apportez nous des fruits de cette terre. Or, c'était le temps des raisins nouveaux.
22. Et, lorsqu'ils furent montés, ils considérèrent la terre depuis le désert de Sin jusqu'en Rohob pour entrer en Emath.
23. Etils montèrent vers le midi, et parvinrent jusqu'en Hébron, où étaient Achiman, Sisai et Tholmai, fils d'Enac ; car Hébron avait été fondé sept ans avant Tunis, ville d'Égypte.
24. Et, s'étant avancés jusqu'au torrent de la Grappe, ils couperent une branche de vigne avec son raisin, et deux hommes la portèrent sur un bâton, et ils prirent aussi des grenades et des figues de ce lieu,
25. Qui fut appelé Néhel-Escol , c'est-à-dire le torrent de la Grappe, à cause de la grappe que les enfants d'Israël en rapportèrent.
26. Or, ceux qui avaient été envoyés pour considérer la terre retournérent aprés quarante jours , lorsqu'ils eurent parcouru toute la contrée,
27. Et ils vinrent vers Moïse, Aaron, et toute l'assemblée des enfants d'Israël, dans le désert de Pharan , qui est en Cadès, et ils leur parlerent , et montrèrent les fruits de la terre à toute Ia multitude,
28. Et ils leur raeontérent, disant : Nous sommes arrivés dans la terre où vous nous aviez envoyés, et ou veritablement le lait et le miel coulent , comme vous pouvez le voir par ces fruits ;
X 24. Hébr, antr. : « Jusqu'à Néhel-Escol, »
X 27. Hébr, autr. : = Ils vinrent. à Cades, qui est au désert de ! Pharan. »
29. Sed. cultores fortissimos habet, et urbes grandes atque muratas. Stirpem Enae vidimus ibi.
30. Amalec habitat in meridie, Hethæus et Jebusæus et Amorrhæus in montanis : Chananæus verû "moratur juxta mare et eirea fluenta Jordanis.
31. Inter hæc Caleb compescens murmur populi , qui oriebatur contra Moisen , ait : Ascendamus, et possideamus terram , quoniam poterimus obtinere eam.
32, Alii vero qui fuerant cum eo, dicebant : Nequaquam ad hune. populum valemus ascendere , quia fortior nobis est.
33. Detraxeruntque terre, quam inspexerant , npud filios Israël , dicentes: terra, quam lustravimus , devorat babi'atores suos : populus, quem aspeximus, proceræ statura est.
34. Ibi vidimus monstra quadam filiorum Enac de genere giganteo : quibus comparati, quasi locusta videbamur.
ÿ 34. Hébr. : « Nous avons vu des géants. »
COMMENTAIRE
29. Mais elle a des habitants trés- redoutables, et des villes grandes et fortifiées. Nous avons vu la race d'Énac.
30. Amalec habite au midi; les Héthéens , et les Jébuséens, et les Amorrhéens, dans les montagnes ; et les Chananéens, le long dela mer et pres du rivage du Jourdain.
31. Cependant Caleb, pour apaiser le murmure du peuple, qui s'élevait contre Méise, dit : Allons et possédons cette terre; Car nous pouvons nous en emparer.
32. Mais les autres qui étaient avec lui, dirent : Nous ne pouvons monter vers ce peuple, car il est plus fort que nous.
33. Et ils déprécièrent devant les enfants d'Israël la | terre qu'ils avaient vue, disant : La terre que nous avons ; visitée dévore ses habitants; le peuple que nous avons
vu est d'une haute stature.
|! 34. Nous avons vu là des monstres, des enfants d'É- | nae de la race des géants : près d'eux nous paraissions ; comme des sauterelles.
COMMENTAIRE
Route que tinrent les espions israelites.
« Et, lorsqu'ils furent montés, ils considérérent la terre depuis le désert de Sin jusqu'en Rohob, pour entrer en Emath. »
C'est-à-dire , suivant. dom Calmet , « étant partis de Caderbarné, qui était dans le désert de Pharan, et attenant au désert de Sin , ou de Tsin , ils allérent tout le long du pays de Chanaan, en suivant à peu prés le cours du Jourdain jusqu'à Rohob, ville située au pied du mont Liban , à l'extrémité septentrionale de la Terre-Sainte, vers le chemin qui conduit à Emath, De là ils revinrent par le milieu du méme pays, le long des terres des Sidoniens et des Philistins ; et enfin, pour se rendre au camp d'Israël , ils remontérent vers Hébron , lieu fameux par le séjour d'Abraham et par les géants de la race d'Enak qui y demeuraient. De là ils passérent par la vallée où coulait le torrent surnommé depuis torrent d'Escob ou du Raisin, où ils cueillirent des raisins, des figues et des grenades, pour les montrer aux Jsraëlites comme un échantillon des fruits que produisait le pays.» Telle fut, suivant dom Calmet, la route que tinrent les espions israëlites , depuis leur départ du camp jusqu’à leur retour, et la situation des lieux par où ils passèrent, Au reste, il est assez inutile d'observer que les interprètes ne sont guère d'accord sur la plupart des lieux dont il est parlé daus l'Écriture, et spécialement sur ceux dont parle Moise.
Du géant Enach.
« Enach , dit iei dom Calmet , était un fameux géant descendu d'Arbée, fondateur d'Hébron ; les géants du pays de Chanaan, continue ce Pére, se disaient fils de cet Enach, et on les nommait communément cnacim , ou fils d'Enach. Le Clerc croit qu'il n'y a rien de plus incertain que fout ce qu'on débite du géant Enach et de ses fils ou descendants. En effet, Moise s'exprime là-dessus en termes concis et obscurs, »
De la grappe de raisin rapportée par les espions.
Les incrédules regardent comme quelque chose d'absolument incroyable qu'il ait fallu deux hommes pour porter sur un levier on sur une espece de brancard une seule grappe de raisin; mais:
1? Il faut remarquer que cette grappe était attachée à une branche qui pouvait étre de quelque épaisseur.
2° Le singulier est peut-être mis ici pour le pluriel, et peut-être | pendait-il à cette branche plus d'une grappe.
! 3° Comme néanmoins les termes du texte ne donnent l'idée que
: seule grappe, il faut prendre garde que, si on la porte à
deux, c'est moins encore à cause de son poids, quoiqu'elle fût tresgrosse, que pour ne la pas froisser et pour la porter au camp plus entiere,
4° Enfin, il ne faut pas juger des productions des pays de l'Orient par celles de nos contrées. Strabon assure que, dans la Margiane, on trouvait des ceps de vigne que deux hommes n'embrassaient qu'à peine, et qni portajent des grappes de deux coudées. Oléarius, parlant en témoin oculaire, confirme la méme chose, et dit avoir vu , prés d'Astracan, des ceps qu'un homme.ne pouvait pas embrasser, (Essai sur Les Juifs.)
Les Annales de philosophie chrétienne (48° livraison ) donnent cinq vignettes qui nous font connaitre en particulier la grosseur naturelle des raisins et des sauterelles dans l'Idumée, grosseur qui, comme le dit M. de La Borde, absout le texte de la Bible de tout reproche d'inexactitude.
Des Chananéens proprement dits.
Ces montagues, observe dom Calmet, s'étendaient dans toute la partie méridionale de la Terre-Sainte ; elles étaient occupées , avant que les Israélites s'en rendissent les maitres, par les Héthéens, Jébuséens et Amorrhéens, auxquels il faut joindre les Cinézéens et les
NOMBRES, CHAPITRE XIV
Cinéens. Les Héthéens demeuraient du côté du pays des Philistins (qui étaient à l'orient de la terre promise, le long de la mer), dans le canton qui échut dans la suite aux tribus de Siméon et de Dan; les Jébuséens habitaient à Jérusalem et aux environs; les Amorrhéens étaient les plus forts et les plus puissants de tous ces peuples, et occupaient la plus grande partie du pays qui fut donné par Josué à la tribu de Juda; les Cinézéens et lés Cinéeus habitaient plus prés de la mer Morte.
Ce passage nous apprend qu'il y avait parmi les habitants de la terre promise un peuple qui s'appelait particulierement chananéen ; on ne convient pas absolument de la demeure au juste de ce peuple: le texte sacré semble en cet endroit le placer le long du Jourdain, et aux environs de lt mer Morte (car c'est ainsi que Le Clert entend ces mots vagués et généraux du texte sacré, juxta mare, le long de fa mer}; d'autres , et spécialement dom Calmet, étendent la demeure des Chananéens jusque vers la Méditerranée, apparemment parce qu'ils entendent de la mer Méditerranve ces mots, jura mare, du texte sacré, On est persuadé, dit en cet endroit dom Calmet, que
les plus puissants Chanancens habitaient à Sidon et aux environs, où ils se maintinrent contre Josué et méme sous les plus puissants rois des Hébreux. En un mot, dom Calmet veut que ces Chananéens puissants fussent les Phéniciens si célebres dans l'histoire ancienne. J'aimerais mieux dire, ce me semble , que les Phéniciens et les Philistins sont la. méme chose, et faire ces peuples voisins seulement des Chananéens, et non Chananéens eux-mêmes.
Des géants dont parle Moise.
ll y a ici une hyperbole manifeste par laquelle Moïse entend seulement désigner des hommes forts, vigoureux et tres-zrands, mais non des géants proprement dits, suivant l'apinion vulgaire. En un mot, le texte hébreu désigne en cet endroit ces prétendus géants du pays de Cliauaan par le mot nephilim , dont on peut voir la véritable signification dans la note sur le chapitre v: de la Genèse, verset 4.