Il répondit
je puis par quelque moyen le chasser en combattant.
12. Et dieu dit à Balaam : Ne vas maudis pas ce peuple, parce qu'il
13. Balaam, se levant des l'aube du jour, dit aux chefs de Moab et de Madian : Allez at terre, parce que le Seigneur m'a défendu d'aller vous. |
14. Les chefs de Moab et de Madian , de retour, dirent à Balac : Balaam"n'a pas voulu venir avec nous. 15. Balae envoya de nouveau des députés plus nomreux etFplus illustres que ceux qu'il avait d'abord envoyés. | * *
16. Ceux-ci arrivés chez Balaam, dirent : Voici ce qu'a dit Balac, fils de Séphor : ne tárde pas à venir vers moi ;
17. Je suis prêt à t'honorer, et je te donnerai tout ce que tu voudras : viens et maudis ce peuple.
18. Balaam répondit : Quand Balac me donnerait son palais rempli d'or et d'argent , je ne pourrais changer la parole du Seigneur, mon Dieu pour dire ou plus oU moins. ".
19. Je vous conjure de demeurer encore ici cette nuit, afin que je puisse savoir ce que le Seigneur me répondra de nouveau. "
20. Dieu vint done vers Balaam durant la mat, : dit : Puisque ces hommes sont venus t'appeler, | i et va avec eux, et ne fais cependant que ce que je t'ordonnerai. EI
21. Balaam se leva dés l'aube du jour, prépara son ânesse , et partit avec eux. 2
22. Dieu sirrita; et l'ange du Seigneur parut dans le chemin, à la rencontre de Balaam, qui était monté sur son ánesse, ayant deux serviteurs auprès de lui.
23. L'ânesse voyant lange debout dans le chemin, avec une épée nue, se détourna de la voie et courut à travers les champs. Et comme Balaam la frappait, et voulait la ramener dans le chemin,
24. L'ange parut dans un liew étroit entre deux murailles qui enfermaient des vignes.
25. A cet aspect, l'ánesse se pressa contre le mur, et froissa le pied de Balaam; mais celui-ci la frappait de nouveau.
ë de Moab , qui s'en retournerent vers Balac. Alors celui-ci envoya , de nouveau d'autres ambassadeurs.
Y 16. Hébr. autr. : « Que rien ne vous empêche de. »
y 13. Au lieu de, et, le samar, porte «ef,
Ibid. Voilà sans doute le véritable sens de cette réponse de Balaamà la deuxième ambassade de Balac , dans laquelle on ne voit rien que de trés-louable. Je ne comprends pas comment l'opinion commune y a pu trouver quelque chose à reprendre.
Y 20. Au lieu de Deus, le samar, met angelus,
X 22. L'hébreu ajoute : « De ce qu'il s'en allait, »
üvec eux, ne
COMMENTAIRE
26. Et nihilhominus angelus ad locum angustum transiens, ubi nec ad dexteram, nec ad sinistram poterat deviare , obvius stetit.
27. Cumque vidisset asina stantem angelum , concidit sub pedibus;sedentis : qui iratus, vehementius cædebat fuste latera ejus.
28. Aperuitque Dominus os asinæ , et locuta est * : Quid feci tibi ? eur perentis me? ecce jam tertio.?
29. Respondit Balaam : Quia commeruisti , et illusisti mihi : utinam haberem gladium , ut te pereuterem.
30. Dixit asina : Nonne animal tuum sum , eui semper sedere consuevisti usque in præsentem diem ? dic quid simile unquam fecerim tibi. At ille ait : Nunquam.
31. Protinus aperuit Dominus oculos Balaam, et vidit angelum stantem in via, evaginato gladio , et adoravit eum pronus in terram.
32. Cui angelus : Cur, inquit, tertio. verberas asinam tuam? Ego veni ut adversarer tibi , quia" perversa est via tua , mihique contraria : |
33. Et nisi asina declinasset de via, dans loeum resistenti, te occidissem, et illa viveret.
34. Dixit Balanm : Peccavi, nesciens quod tu stares contra me : et nunc si displicet tibi ut vadam , revertar.
5. Ait angelus : Vade eum istis , et eave ne aliud quàm præcepero tibi , loquaris. Ivit igitur cum principibus.
36. Quod eüm audisset Balae, egressus est in occursum ejus * in oppido Moabitarum , quod situm est in extremis finibus Arnon.
37. Dixitque ad Balaam : Misi nuntios ut yocarem te, eur non statim venisti ad me ? an quia mercedem adventui tuo reddere nequeo ?
38. Cui ille respondit : Ecce adsum : nunquid loqui potero aliud , nisi quod Deus posuerit in ore meo ?
39. Perrexerunt ergo simul, et venerunt in urbem, quz in extremis regni ejus finibus erat.
40. Cumque oeeidisset Balae boves et oves, misit ad Balaam, et principes qui cum eo erant , munera *.
41. Mane autem facto, duxit gum ad excelsa Baal, et intuitus est extremam partem populi.
P X 28. « Dieu, dit saint Augustin, par le ministère d'un de ses anges fit sortir de la bouche de cette Anesse des sons semblables à des paroles humaines, sans qu'elle y püt rien comprendre. » Y 3a. Au lieu de declinavit vía qu'on lit dans l'hébr., le samar.
26. Et l'ange, venant dans un lieu plus étroit où elle ne pouvait se détourner ni à droite ni à gauche, s'arréta.
27. "Et l'ánesse voyant l'ange debout devant elle, tomba sous les pieds de Balaam; lequel, plein de colère, la | frappait.avec un báton.
28. Or, le Seigneur ouvrit la bouche de l'ánesse, et elle parla : Que t'ai-je fait? pourquoi me frapper pour Ia troisième fois ?
29. Balaam répondit : Tu l'as mérité, et tu t'es jouce de mol; que n'ai-je un glaive pour te frapper !
30. L ânesse dit : Ne suis-je pas l'animal dont vous vous servez chaque jour ? dites si j'ai jamais rien fait de semblable ; et il dit : Jamais.
31. Aussitót le Seigneur ouvrit les veux à Balaam, et il vit l'ange debout dans le chemin avec une épée nue, ebil l'adora, se prosternant sur la terre.
32, L'ange lui dit : Pourquoi as-tu frappé trois fois ton ánesse ? Je suis venu pour m'opposer à toi, parce que la voie dans laquelle tu magnes est perverse, et qu'elle m'est contraire.
33. Et si ton ánesse ne se fût détéhrnée du chemia en me cédant le passage, je t'aurals tué, et elle vivrait.
34. Balaam dit : J'ai péché, ne sachant pas que vous étiez là debout contre moi ;'et maintenant, si vous ne voulez pas que j'aille, je retournerai.
35. L'ange dit : Va avee eux, et prends garde de ne dire que ce que je t'ordonneral. ll alla donc avec les prinees de Moab.
36. Ce que Balae ayant appris, il sortit à sa rencontre josqu'à une ville des Moabites , qui est située aux derniers cónfins de l’Arnon ;
37. Et il dit à Dalaam : J'ai envoyé des députés pour tappeler vers moi; pourquoi n'es-tu pas venu aussitót ? est-ce que je ne puis te récompenser de ton arrivée ?
38. Balaam lui répondit : Me voici; mais pourrai-je dire autre chose que ce que Dieu mettra dans ma bouche ?
39. Ils s'en allerent donc ensemble, et vinrent en une ville qui était à l'extrémité du royaume.
40. Et Balae, ayant immolé des bœufs et des brebis, envoya des présents à Balaam , ainsi que les princes qui étaient avec lui;
{1. Et le lendemain il le conduisit sur les hauts lieux
! de Baal, et lui montra tout le camp d'Israël.
porte, maía est via tua, LÀ
# 36. Hébr. autra: « Jusqu'à. Ar, ville de Moab,*qui est sur les confins de l'Arnon, à l'extrémité du pays. »
X* 40. Le mot munera n'est pas dans l'hébreu.
COMMENTAIRE
Gouvernement des Madianites.
Le nom d'anciens, dans l'Éeriture , est un nom de dignité et d'au-
torité, Au reste, ces paroles du verset 4 insinuent que les Madianites n'étaient point alors gouvernés par des rois, mais par les principaux d'entre eux; c'était apparemment une espéce de gouvernement républicain, Quoi qu'il en soit, il faut distinguer les Madianites,
dont il est ici question , de ceux dont il est parlé dans le chapitre 11 de l'Exode, et qui habitaient prés de la mer Rouge. Les descendants de Madian s'étaient apparemment établis en divers lieux , asse* éloignis les uns des autres.
. De Balaam.
L'Écriture nous marque clairemént dans le Deutéronome (chap. ant, X 4), que Balaam était de Mésopotamie, ]
Les interprètes sont fort partagés sur le jugement qu'on. doit porter de la personne de Balaam: les uns veulent , et c'est l'opinion la plus commune , qu'il n'ait été qu'un magicien et un faux prophète, ais à la vérité tres-célébre et trés-acemédité, puisque Balac lui marque tant de confiance , et l'envoie chercher de si loin. Balaam , disent-ils, n'adorait point du tout le vrai Dieu, et méme ne le conmaissait point; mais Dieu, qu'il n'interrogeail point, jugea néanmoins à propos de lui parler, et lui mit dans In bouche plusieurs pfopheties importantes, qu'il proféra en cette occasion contre son ordinaire, même malgré dni, et sans savoir ce qu'il disait. On peut, dit ici dom Calinet, con cette opinion par le témoignage mème de l'Écriture, qui ( chap, xxiii, de Josue, y 22) donne à Balaam le nom de Devin, qui se prend toujours en mauvaise part dans l'Éeriture. De plus, Balaam va sur les hauteurs consacrées aux fausses divinités et y fait des sacrifices, comme on voit dans ce chap.. xxt: des Nombres et dans le suivant , continue dom Calmet; nous examinerons, chacun en sou lieu, ces divers passages de l'Écriture, par lesquels dom Calmet entend appuyer l'opinion commune, qui veut que Falaam ait été un magicien, un faux prophète et un ido- Ktre.
Mais nonobstant toutes ces raisons et autorités, mous n'hésitesous pointà dire que Balaam a été prophete et adoratemr du vrai Dieu, comme l'Écriture, dans ce chapitre et dans les deux. suivants, ainsi que Josephe (Æntig., liv. IV, chap. vr) me paraissent le décider tr&-nettement; ce qui n'empéchera. pas toutefois qu'il n'ait po avoir des mœurs fort corrompues et une conduite trés-déréslée , qui lui auront attiré des invectives que le texte sacré répand contre lai en plusieurs endroits, et spécialement saint Pierre, dans sa seconde épitre, et saint Jude dans la sienne.
En supposant que Balaam était adorateur et prophète du vrai Dieu , qu'adoraient les Israélites, il est aisé de ‘découvrir pourquoi le roi Balae s'adresse à lui par préférence. Ce prince ne pourait ignorer les grandes merveilles que le Dieu d'Israël avait opérées en faveur de Moise; il savait aussi, sans doute, que Balaam , qui était très-célébre en Orient, par plusieurs merveilles qu'il avait o pérées en: plusieurs rencontres , avait fait toutes ces merveilles par la vertu du mème Dieu qu'adorait Moïse, Là-dessus Balac prend le parti de s'adresser à Balaam , afin qu'il prie le vrai Dieu de ne plus accorder son secours aux Tsraclites; voilà, ce me semble, le sens le plus nature de ces paroles : maudisse: ce peuple , etc.
Explication de ce verset.
On donne à ces paroles les divers sens qu'on peut voir dans dom Calmet. Celui-ci me parait le plus naturel : « Portant avec eux de «uo payer le prophète, en cas qu'il voulüt l'être d'avance. » L'opion commune trouve dans ces paroles une preuve de l'asarice démesurée de Balaam ; mais ce prophète étaitil responsable de l'opimon qu'avait Balac, que ce qu'il demandait pouvait s'acheter à prix d'argent ? D'ailleurs Ia suite de la narration de Moïse ne justi- Seche pas pleinement Balaam du soupçon d'avarice >
COMMENTAIRE
Quel etait le molif de la colère de Dieu contre Balaam.
.. La Vulgate dit seulement : Ef. iratus est deua, Stetit que angelus i Domini in via contra Halaam qui insidebat asipa ,, et dam pueri ! habebat secum,
Le Père Carrieres a traduit ainsi ce passage : « Alors Dien se mit en colefe; et un ange du Seigneur ge présenta dans le chemin devant Balaam , qui était sur son áncsse, et qui avait deux seniteurs avec Ini. »
Et iratus est Deus. Ces paroles ont sans-doute déterminé tous lis interprètes à ne rien omettre pour trouver, dans ce qi précède, quelque erime de Balaam qui ait pu attirer sur lui la de Dieu; le plus conrt était de dire que l'Écriture n'a. pas jugé à propes de nous apprendre pour quel sujet Dieu.se mit si fort en colére coatre Balaam; car enfin il est évident que dans toute la conduite que Moïse fait tenir à Balaam dans les vingl-un premiers versets de e chapitre , il n'y à absolument rien que de louable; ce qui n'empecherait pas que Dien. n'ait eu d'ailleurs um juste sujet de se meltre si fort en colere contre em prophète, Mais on ignore quel fut ee sujet, et en vain s'efforce-ait-on de le deviner, Peut-être que Dieu vii que Balaam avait résolu, dans son cœur, de ne pas perdre l'argent qu'on lui olfrirait, et d'agir en conséquence.
Jamais Moise n'a cru les animaux capables ni d'avoir ni d'exprimer des pensées. 11 fait parler l'ânesse de Ealaam; mais c'est à ui miracle qu'il attribue ces paroles : « C'est dit-il, p qui lui ouvrit la bouche, » ;
Les inerédules ont fait des railleries insipides sur ce que Dieu &t parler l'ánesse sur laquelle Balaam était monté ; il ont regardé cette narration comme une fable ridicule, Maïs nous ne voyons pas pourquoi il était plus indigne ‘de Dieu de faire parler un animal que de faire entendre une voix eu l'air, on dese servir d'un outre sig | pour intimer ses voloniés à un prophete. On ne peut, sans contre dire le texte sacré, supposer que Balaam était un faus prophete, un ! in[uléle,. un idolátre, parce qu'il demeurait parmi les Aamonites : i , est évilent, par la narration de Moïse, que cet homme connaissait ‘et adorait le vrai Dieu ; il ne partit, pour se rendre à l'invitation du roi des Moabites , qu'aprés avoir consulté le Seigneur, et apres e avoir recu une permission expresse. Si donc re ka dit {chap. xxrr, Y* 32) : « Ton voyage est criminel t contraire à mon dessein, » c'est probablement parce que ce prophéte méditait en lui-méme comment il. pourrait concilier les ardres de Dieu avec les vues du roi des Moabites, afin de ne pas être privé d'une re compense. La maniere dont saint Pierre en parle (IL, Petri, chap 14, Y 15}, ne parait pas signifier autre chose. Au reste, les commentateurs ne s'accordent pas trop sur l'idée que l'on doit avoir de ce personnage. :
Dieu désapprouvait-il le voyage de Balaam?
La Vulgate porte : Quia perversa est via tua, mühique contra: ría, Ces paroles semblent marquer que Dieu désapprouvait le voyas de Palaam ; mais comment pouvait-il le désapprouver, puisqu'il Favait lui-même permis, étant consulté à ce sujet? La version de Le Clerc lève cette difficulté, et Lit : Fia cnim caràm me clausa €; ce qu'il paraphrase ainsi : asima enim. clausi viam , ne transireli ce qui fait un sens tresnet. « Pourquoi batiez-vous votre ánesse ,* dit l'ange à Balaam, je me suis trouvé devant vous sur son passage, et lui bouchais le chemin par ci vous vouliez qu'elle passit?* On ne voit pas dans cette interprétation que Dieu désapprouve le voyage de Balaam ; en effet, l'ange dit clairement au prophète, dans un des ve;sets suivants : vade cum istis, Allez avec ces hommes.
NOMBRES, CHAPITRE XXIII
On peut fort bien regarder les menaces de l'aGge et la colère de
Au resté, si le sens de ce passage est que Balac sacrifia des bœufs và
Dieu, dont il est parlé au verset 22 de ce chapitre, comme un axer* | des brebis, qui a dit à Le Clerc que ce prince ne fit pas ces sacrifi-
tissement de la part de Dieu au prophete de se tenir sur ses gardes à la cour de Palac. ,
VERSET 38, Des présents que lui envoya Balac.
La Vulgite porte : Cirm que occidisret Hale boves et oves, misit ad Balaam et principes qui cum eo erant munera, que le Pere. Carrieres traduit ainsi: « Et Balac ayant fait tuer des boufs et des brebis, envoya des présents à Palaam et anx priuees qui étaient avec lui » Ce qui ne veut pas dire, comme le prétend Le Clere, que Ralaam mangea les restes des animaux offerts aux idoles de Balac.
ces au vrai Dieu par ordre de Balaam? Cela peut se supposer. VERSET 41.
Balaam se rendit-il coupable d'idolátrie?
C'est-à-dire sur des hauteurs consacrées au Dieu Baal, ou plitót au Dieu Chamos, qui etait Ja divinité des Moabites; car, suivant la remarque de dom Calmet , le nom de Baal était commun à tous ies dieux de ces pays-là. On a eontume de faire encore un crime à Ealaum d'avoir accompagné Balac dans des lieux 7onsacrés aux idoles; comme si on ne pouvait pas aller daus ces lieux sars prendre part aux idolütries qui s'y cammetlaient,