Les Héthéens, les Phérézéens, et aussi les Raphaites
21. Et les Amorrhéens, et les Chananéens, et les Gergéséens, et les Jébuséens.
tante et le samaritain , dans l'Exode ( x1, 40); et saint Paul (Gal. 111, 17 ) l'entend visiblement ainsi, lorsqu'il comple quatre cent trente ans depuis les promesses faites à Abraham. ( Sup, xt , 4; infr. xx1, 5.) Ainsi il s'écoula quatre cent cinq ans depuis la naissance d'Isaac jusqu'à la sortie d'Égypte : c'est ce que Dieu exprime ici par le nombre entier de quatre cents ans.
X 17. Au lieu de clibanus, il faudrait peut-être lire : columna
cent trente ans; c'est l'expression de l'Écriture méme, selon les Sep- ' fumi, une colonne de fumée.
COMMENTAIRE
' COMMENTAIRE
De l'esclavage sous les patriarches.
Un esclave pouvait être l'héritier de son maitre qui n'avait pas d'enfants. L'esclavage était donc adouci par les avantages de la société domestique. « La liberté civile, dit Bergier, n'est devenue un hien que depuis qu'elle a été protégée par les lois et que les moyens de subsistance se sont multipliés. Avant cette époque, la liberté absolue était un inconvénient pour tout homme qui n'avait pas une famille, des troupeaux, des pâturages, ete. Au reste, les esclaves étaient traités avec toute l'humanité possible. Job proteste ( ch. xxxr, Y 13) qu'il n'a jamais refusé de rendre justice à ses serviteurs et à ses servantes lorsqu'ils la lui demandaient, parce qu'il a toujours craint le jugement de Dieu.
On ne trouve parmi les patriarches aucun exemple de la barbarie avec laquelle les Grecs et les Romains, ces deux nations si éclairées et si polies, traitaient leurs esclaves, Les Grecs avaient décidé que, parmi les hommes, les uns naissent pour la liberté, et les autres, pour l'esclavage; que tout était permis contre les barbares, c'est-à-dire contre tout homme qui n'était pas Grec. Dans la seule ville d'Athènes, il y avait quatre cent mille esclaves pour vingt mille citoyens. A Rome, la condition des esclaves n'était guère différente de celle des bétes de somme : on frémit en lisant la maniere dont ces malheureux étaient traités.
Diodore de Sicile ( liv. xn) rapporte un trait qui fait horreur. Les Lacédémoniens, voulant se débarrasser des plus forts et des plus courageux de leurs ilotes, firent publier par un kérault que tous ceux d'entre eux qui avaient rendu des services signalés à la république vinssent donner leurs noms pour obtenir la liberté : environ deux mille qui se présentérent furent égorgés.
« Les Grecs, dit le divin Platon dans le livre V de sa République, les Grecs n'extermineront point les Grecs ; ils ne les réduiront point en esclavage; ils ne ravageront point leurs campagnes; ils ne brüleront point leurs maisons, mais ils feront tout cela aux barbares. » Or, l'on sait qu'aux yeux des Grecs tous les autres peuples étaient barbares.
Sur la demande d'Abraham à Dieu.
Abrabam ici ne doute pas, il demande des assurances, non pas pour lui, mais pour ses descendants, eomme Moise demandait à Dieu de lui donner de quoi convaincre les Israélites de sa mission. Abraham prie Dieu de lui faire connaitre la manière dont il devait exécuter ses promesses. C'est ainsi que la sainte Vierge demande à l'ange comment s'accomplira le prodige qui lui est annoncé.
De l'usage de couper en deux les hosties de l'alliance.
Cette cérémonie de couper en deux les hosties de l'alliance, et de passer au milieu d'elles , signifiait que les parties contractantes s'obligeaient matuellement à observer toutes les conditions de leur contrat, sous peine d’être traitées comme ces victimes, si elles venaient à y manquer. En général, on ne faisait jamais d'alliance solennelle sans
quelque sacrifice; et il semble que c'est de là. qu'est venue cette manière de parler, percutere fadus, frapper une alliance, scindere Jadus, couper une alliance.
L'Écriture ne fait mention de cet usage de couper en deux les victimes de l'alliance et de passer au milieu d'elles que dans Jérémie (chapitre xxxrv, Ÿ 18, 19). Cet usage a été établi chez plusieurs peuples anciens. Homère en fait mention dans l'Æiade (11, 24), et en plusieurs endroits.
Prédiction de Dieu à Abraham.
Cette prédiction que Dieu fait à Abraham de ce qui devait arriver à sa postérile est si claire, qu'elle semble moins une prédiction qu'une narration exacte el bien circonstanciée de ce qui lui arriva en la personne d'Isaac et de ses descendants par Jacob, depuis la naissance d'Isaac jusqu'à la sortie d'Égypte. En effet, Isaac et Jacob passèrent toute leur vie dans une terre étrangère, peregrinati sunt in terrá non sud ; Isaac, dans le pays de Chanaan; Jacob, en partie dans le pays de Chanaan et en partie en Égypte. Après la mort de Jacob, «a postérité fut réduite en servitude par les Égyptiens, ef subjicient eos servituti, Pendant ce pélerinage d'Isanc et de Jacob, et la captivité de leur postérité, il s'écoula environ quatre cents ans. Quadringentis annis ; car Isaac naquit l'an du monde 2108, selon la supputation de la Vulgate, et, l'an 3534, selon les Beptante; et la sortie d'Égypte tombe justement à l'an 3513 selon la Vulgate, et à l'an 3974 selon les Septante, Mais enfin, malgré les Égyptiens, les Israélites sortirent de l'Égypte chargés de richesses, egredientur cum magnd substantid ; et les Égyptiens qui se mirent à leur poursuite furent engloutis dans la mer Rouge, gentem cui servituri sunt ego judicabo. Enfin, à la quatrième génération, c'est-à-dire au bout de quatre cents ans, comme il a déjà été dit ci-dessus ( car du temps d'Abraham on pouvait fort bien compter cent aus pour une génération ), les Israélites, sous la conduite de Moise, formérent le dessein de s'emparer de la terre de Chanaan et d'en exterminer les habitants, generatione autem quartd revertentur hic,
De la seconde partie de cette prédiction.
Quelle cause naturelle pouvait faire prevoir alors que la famille d'Abraham deviendrait un peuple nombreux , d'abord réduit en servitude dans une terre élrangere, et affligé de divers maux pendant quatre cents ans; aprés ee temps, sorti de là, et s'établissant par la force de ses armes dans sa conquête, qui serait le pays de Chanaan? Celui-là seul qui avait la puissance de produire tous ces événements a pu en avoir la prévision; mais si la première partie des promesses, relativement à la famille d'Abraham, est ane prophétie divine, il est évident que la seconde, qui a pour objet toutes les nations et leur bénédiction dans la postérité des patriarches, en est une également. Aussi les Juifs anciens eroyaient-ils que cette prédiction s'appliquait au Messie descendant d'Abraham, et en qui sont bénies toutes les nations de la terre. X a-t-il dans l'histoire un autre personnage que Jésus-Christ qui ait fait participer aux bénédictions divines toute la race humaine? Foyez la prédiction au chapitre xir,
LA GENÈSE, CHAPITRE XVI