Nee sibi misceantur tribus , sed ita maneant
10. Uta Domino separatæ sunt. Feceruntque filie Salphaad , ut fuerat imperatum;
11. Et nupserunt Maala , et Thersa , et Hegla, et Melcha, et Noa filiis patrui sui
12. De familia Manasse, qui fuit filius Joseph; et possessio, qua illis fuerat attributa , mansit in tribu et familia patris earum.
13. Hæc sunt mandata atque judicia, que mandavit Dominus per manum Moisi ad filios Israël , in campestribus Moab supra Jordanem contra Jericho.
Y 4. Hébr. : « Et lorsque le jubilé des enfants d'Israël sera venu, ñ leur possession est jointe à celle de la tribu à laquelle elles se se-
t. Or, les chefs de familles de Galaad, fils de Machir, fils de Manassé, de la famille des enfants de Joseph, sapprocherent, et parlérent à Moïse devant les princes d'Israël, et dirent :
2. Le Seigneur vous a commandé, à vous qui êtes notre seigneur, de diviser par le sort la terre aux enfants d'Israël, et de donner aux filles de Salphaad , notre frere, l'héritage dû à leur père :
3. Si elles épousent des hommes d'une autre tribu, leur possession les suivra; et ainsi, passant à une autre tribu, notre héritage sera diminué ;
4. Et il arrivera que, quand le jubilé, c'est-à-dire ls cinquantième année de rémission, sera venu, les partages des sorts seront confondus , et la possession des uns passera aux autres,
5. Moïse répondit aux enfants d'Israël, selon l'ordre du Seigneur, et dit : La tribu des enfants de Joseph » parlé sagement.
6. Or, voici la loi prononcée par le Seigneur sur les filles de Salphaad : Elles se marieront à ceux qu'elles voudront, pourvu que ce soit à des hommes de leur tribu;
7. Afin que l'héritage des enfants d'Israël ne se mék point d'une tribu en une autre: car tous les hommes prendront des femmes de leur tribu et de leur parenté,
8. Et toutes les femmes prendront des maris de la méme tribu, afin que l'héritage reste dans les familles.
9. Et que lestribus ne se mélent point ensemble, mais qu'elles demeurent ainsi
19, Qu'elles ont été séparées par le Seigneur. Or, les filles de Salphaad firent comme il leur avait été commandé :
11. Maala, Thersa, et Hégla, et Melcha, et Noa, & mariérent aux enfants de leurs oncles,
12. De la tribu de Manassé, qui fut fils de Joseph; et l'héritage qui leur avait été ‘donné, demeura dans l tribu et la famille de leur père.
13. Tels sont les lois et les préceptes que le Seigneur donna par Moise aux enfants d'Israël dans les champs de Moab, près du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho.
ront attachées, leur possession demeurera retranchée de l'héritage qui appartient à la tribu de nos pères, »
COMMENTAIRE
Des lois touchant le mariage.
» Selon les plus habiles interprètes, dit le P. Touron, cette ordonnance ne regardait que les filles héritiéres et ceux qui les épousaient ; quant à ceux qui éponsaient des filles qui, ayant des freres, n'étaient point héritieres , il leur était permis d'en prendre de quelque tribu qu'ils voulaient : c'était sans conséquence, Ce sentiment, déjà conforme à l'esprit et à la lettre méme de la loi, est confirmé par la pratique commune méme des plus saints Israélites. De là vient que l'exception n'avait point lieu à l'égard des levites et de leurs filles, parce que celles-ci n'avaient. point d'héritages , non plus que leurs frères. El n'est done point surprenant que sainte Élisabeth, de la tribu de Lévi, füt alliée à la sainte Vierge, qui était de la tribu de Juda; pour la méme raison, la Vierge-mere étant unique, et par là héritière, ne pouvait épouser qu'un homme de sa tribu et de sa famille. »
Des mariages entre parents.
Filiis patrui sut, Les mariages entre cousins-germains n'étaient donc pas défendus par la loi de M oise; d'autres croient que les termes de parenté employés dans l'hébreu en cet endroit sont trés-equivoques, et n'ant pas le sens précis de ceux qu'a employés saint Jéróme dans sa version, Le Clerc a toutefois traduit comme la Vulgate; les Septante portent anetiois, qui, dans la langue grecque, ne signifient pas constamment el toujours cousirs-germains,
Remarques sur le livre des Nombres.
Dans le premier siecle de notre ére, on vit Josephe transcrire tout le livre des Nombres dans ses Antiquités ; l'auteur de l'Apocalypse et les apôtres saint Pierre et saint Jude, citer les diverses
démarches de Balaam avec toutes les circonstances marquées dans ce méme livre; enfin Jésus-Christ même en tirer le (ait du serpent d'airain élevé par Moise dans le désert. En remontant de cette eépoque jusqu'au premier âge de la république juive, i! n'en est aucun qui ne rende témoignage à l'authenticité du livre des Nombres. Le premier livre des Machabées rappelle ce qui est dit dans ce livre du zvle de Phinéès et de sa récompense; le livre de l'Ecclésiastique donne un sommaire exact de ce méme endroit, et de plus, des chapitres xvi, xvit et xvirt, qui contiennent la révolte de Coré et ses suites; la députation du roi de Moab vers Balaam , et la réponse de celui-ci sont rapportées dans la prophétie de Michée, et dans le livre de Néhémie, telles qu'on les lit dans le livre des Nombres, Ce qui est dit dans ce livre, des serpents ailés qui faisaient périr tant d'Israelites par leurs morsures, et touchant le serpent d'airain que Moise érigea à cette occasion, est répété dans le quatrième livre des Rois et dans celui de Judith, Osee remet devant les veux des lsraehites les artifices dont userent les femmes madianites pour entrainer leurs pères dans le culte de Béelphégor, et David le joint à la révolte de Dathan et d'Abiron, et aux différents murmures des Israélites, daus le psaume qu'il fit chanter à la cérémonie de la translation de l'arche. C'est dans le livre des Nombres qu'est consignée la loi touchant les mariages des Hébreux , que Raguel , dans le livre de Tobie, cile comme une loi de Moïse, Josué, dans le discours qu'il adresse aux Israëlites, leur remet devant les veux ce que le livre des Nombres rapporte de Balaam et de la défaite des Madianites ; enfin le Deutérono me résume ee qui est dit dans le méme livre touchant les divers cam pements des Hébreux, l'envoi des espions , la défaite des rois des Amorrhéens et de Basan , et surtout touchant la révolte de Core, Dathan et Abiron, et touchant le prophete Balaam. « Souvenez-vous , dit Moïse, de quelle sorte Dieu a puni Dathan et Abiron... que la terre a. engloutis avec leurs familles, leurs tentes et tout ce qu'ils possédaient :' «os jeux ont vir Tous ees prodiges; » et dans un autre endroit : « Ils ont salarié Balaam , fils de Héor, et l'ont fait venir du pays d'Aram d'entre les fleuves, pour vous maudire; mais le Seigneur, qui vous aime, na pas voulu l'en. tendre; il a changé les malédictions que celui-ci vous. préparait en benédictions qu'il l'a obligé de vous donner,