Vous n'éconterez point les paroles de ce prophète
ou de ce songeur, parce que le Seigneur votre Dieu vous éprouve, afin qu'on sache si vous l'aimez, ou non, de tout votre cœur ete toute votre âme."
4. Suivez le Seigneur votre Dieu et eraignez-le , gardez ses commandements et écoutez sa voix , servez-le et attachez-vous à lui seul.
5. Mais que ce prophète ou cet inventeur de songes soít puni de mort, parce qu'il vous a parlé pour vous détourner du Seigneur votre Dieu qui vous a tirés de l'Égypte et qui vous a fachetés de la maison de servitude ; parce qu'il vous a parlé pour vous écarter de In voie que le Seigneur votre Dieu vous a preserite; vous óterez ainsi le mal du milieu de vous.
6. Si votre frère, le fils de votre mère, ou votre fils ou votre fille, ou votre femme quí repose sur votre sein, ou votre ami que vous aimez comme votre vie, vous dit en seeret : Allons, et servons les dieux étrangers que vous ignoriez vous et vos peres ;
7. Les dieux de toutes les nations qui nous entourent de prés ou de loin, d'une extrémité de la terre à l'autre;
8. Ne vous laissez point aller à ses discours, et n'y prétez point l'oreille, et ne vous laissez point émouvoir fusqu'à l'épargner ou le cacher,
9. Mais tuez-le aussitôt ; que votre main soit d'abord sur lui, et qu'après tout le peuple le frappe.
X 9. L'hébreu ne met pas statim ; il dit simplement interficiendo interficies eum.
- a 19. Lopidibus obrutus,neeabitur : quia voluit te abstrahere a Domino Deo tuo; qui eduxit te de terra /Egyp- 2 » domo servitutis :" . Ut omnfs Israël audiens timeat, et nequaquam ulua teint * quippiam hujus rei simile.
12. Si audieris in una urbium tuarum, quas Dominus Deus tuus dabit tihi ad habitandum, dicentes aliquos :
13. Egressi sunt filii Belial de medio tui *, et averterunt habitatores urbis sux, atque dixerunt : eamus, Et serviamus diis alienis quos ignoratis :
14. Quære sollicite et diligenter, rei veritate perspecta, si inveneris certum esse quod dicitur, et abominationem hanc opere perpetratam ,
15. Statim pereuties habitatores urbis illius in ore gladii, et delebis eam ae omnia qua in illa sunt, usque ad pecora :
16. Quidquid etiam supellectilis fuerit, congregabis in medio platearum ejus , et cum ipsa elvitate succendes, ita ut universa consumas Domino Deo tuo, et sit tumulus sempiternus * : non ædificabitur ampliüs,
17. Et non adhærébit de illo anathemate quidquam in manu tua sut avertatur Dominus ab ira furoris sui, et misereatur tui, multiplicetque te sieut juravit patribus tuis,
18. Quando audieris vocem Domini Dei tui, custodiens omnia præcepta ejus, qu& ego præcipio tibi hodie, ut facias quod placitum est in conspeetu Domini Dei tui.
XY rr. Hébr. ditt, : Ef. non addant ut faciant, y 13. Egressi sunt filii Belial de medio tur, Le démon est ici nommé Bélial, qui signifie sans joug, comme étant le. chef de tous ceux
COMMENTAJRE.
10. I périra accablé de pierres, parce qu'il a voulu vous arracher du culte du Seigneur v Dieu qui vous a tirés de l'Egypte, de la maison de s&pyítude ;
11. Afin que tout Israël entende et craigne, et que nul n'ose plus désormais- entreprendre rien de semblable.
12. Si, dans quelqu'une des villes que le Seigneur votre Dieu vous donnera à habiter, vous entendez quelques hommes disant :
13. Des enfants de "Bélial sont sortis du milieu de vous, et ont perverti les habitants de leur ville, et leur ont dit: Allons, et servons les dieux étrangers qui vous ur inconnus,
. Recherchez avec soif la vérité; et après l'avoir M: si vous trouvez que ce qu'on vous a dibsoit certain , et que cette abomination ait été eommise;
15. Vous frapperez aussitôt les hahítánts de cette ville du tranchant du glaive, et vous la détruirez avee tout ce qui s'y trouve, jusqu'aux affimaux ;
16. Et vous amasserez au milieu des places tous les meubles, et vous les brülerez avec la ville, consumant
' tout en l'honneur du Seigneur votre Dieu, ensorte que cette ville demeure éternellement ensevelie sousses ruines, et elles ne seront jamais relevées;
17. Et rien de cet anathème ne s'attachera à vos mains afin que le Seigneur détourne de vous sa colère, qu'il ait pitié de vous, et vous multiplie, comme il l'a juré à vos péres ,
18. Tant que vous écouterez la voix du Seigneur votre Dieu, observant toutes les Jois que je vous preseris aujourd'hui, afin que vous fassiez ce qui uü z^ a en présence du Seigneur votre Dieu.
qui abandonnent le Seigneur et qui secouent le jc joug de sa loi, X 16. Hébr. : « Qu'elle soit un monceau de ruines pour toujours. »
Réponse à l'objection que les Juifs tirent de ce verset.
Il est évident que, par ces paroles, Moïse a prétendu désigner un homme qui aurait tous les caractères apparents d'un prophète, d'un inspiré; ensorte que , si l'on n'était extrèmement sur ses gardes contre lui, on le prendrait non pour un séducteur, mais pour un vrai prophète, « Si cet homme, dit Moïse, avait prédit quelque chose d'extraordinaire qui fût en effet arrivé; ce qui, apres tout, ne serait que l'effet du hasard; car nous avons bien clairement établi ailleurs, contre l'opinion commune, celie importante vérité, que jamais des prodiges ré els et de vrais miracles ne se feront à l'appui du mensonge. »
« C'est bien à tort, disent ici Le Clerc, dom Calmet et tous les interprètes chrétiens, que les Juifs opposent ce passage à Jésus- Christ; car enfin, lui et ses sectateurs ont-ils jamais pensé à détourner les Juifs du culte du vrai Dieu, pour leur proposer d'adorer des dieux étrangers qu'ils ne connaissaient pas? »
COMMENTAIRE
Les Juifs répondent à cela, 1^ que Jésus-Christ et ses sectateurs leur ont réellement préché un autre Dieu que celui de Moise, puisqu'ils leur ont préché comme vrai Dieu une Trinité de laquelle il n'est point fait mention dans tout le Pentaleuque, ni méme dans tous les livres de l'ancien Testament ; 2" que le premier livre, verset +, du chapitre xr: du Dentéronome, sont évidemment des suites du dernier verset du chapitre xix de ce méme livre, où on lit ainsi : Mec odd quidquam, nec minuas ; par lesquelles paroles il est défendu, commne je l'ai observé ci-dessus , de faire aucune addition ni retragchement à la loi de Moïse, Ainsi, diseñt les Juifs, quand il se lèvera au. milieu de nous un prophète, un homme qui se dénnera pour inspiré, et qui méme prédira des choses dont on verrait} accomplissement ; s'il veut nous porter à quitter le culte du vrai Dieu, ou à faire seulement quelque addition ou retranchement à la loi de Moïse , il nous est spécialement ordonné, dans le chapitre xir. du Deutéronome, non-seulement de ne le pas écouter, mais méme de le mettre à mort, Or, il s'est zrécisément trouvé dans le cas prévu par Moise. Nous n'áyons donc rien à nous reprocher sur la manière dont pots nous sommes comportés à son égard.
DEUTÉRONOME
. Quand Moïse a parlé d'un faiseur de miracles dans les versets |
1 et a de ce chapitre, et qu'il défend de l'écouter, il a senlement entendu parler de faux miracles et non pas de vrais miracles, lesquels, comme je l'aiadémontré ailleurs, ne peuvent jamais se faire à l'appui du mensonge. Or, Jésus-Christ a. fait de vrais miracles, par lesquels il a suffisamment autorisé sa mission, et ainsi les Juifs sont inexcusables de ne l'avoir pas voulu écouter. Le fait qui doit le plus frapper les Juifs, c'est la ruine de l'idolâtrie et du temple prophétisée par Jésus-Christ, et maintenant accomplie aux yeux des nations.
Tout le but de Muise, dans le chapitre xit: du Deutéronome, est, ce me semble, de préserver les Israélites de l'idolâtrie, Quiconque, dit Moise dans ce chapitre, préchera devant vous en faveur de l'idolitrie, sera mis à mort sans rémission , füt-il notre fils, notre père, ete., quand bien méme il se donnerait pour inspiré et pour prophéte; il ferait en apparence des prodiges et des miracles , on ne laissera pas de le punir de mort. Ce n'est pas aux faux prophétes précisément que Moïse en veut ici, mais à ceux qui, sous prétexte d'être inspirés, précheraient en faveur de l'idolátrie, Ainsi celui qui usurpait faussement la qualité de prophete n'était pas mis à mort, selon la loi portée dans le verset 5 de ce chapitre, à moins qu'il ne préchät en faveur de l'idolàtrie; mais celui qui, sans usur-