‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 954 sur 1035 · DEUTÉRONOME, CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

DEUTÉRONOME, CHAPITRE XVII

8. Lorsqu'il sera difficile de juger et de discerner entre le sabg et le sang, entre une caue et une cause, entre la lèpre et la lepre, et que vousverrez aux portes de votre ville les avis des juges partagés, levez-vous, et montez vers le lieu que te Seigneur votre Dieu aura choisi ;

9. Et vous viendrez vers les prêtres de la race de Lii, et vers le juge qui aura été établi en ce temps-là : vom les interrogerez , et ils vous découvriront la vérité du jegement.

10, Et vous ferez ce qu'auront dit ceux qui président aulieu que le Seigneur aura gholsi , et tout ee qu'ils vous auront enseigné,

11. Selon Ja loi; et diss leur avis, ne vous détournant ni à droite ni à gauche. x

12. Mais celui qui s'enorgueillira, ne voulant obéir ni au commandement du prêtre qui, en ce temps-li, sera le ministre du Seigneur votre Dieu, ni à la sentence du juge, cet homme-là molürra, et vous óterez le mal du milieu d'Isgaël ;

13. Et tout le peuple entendant ce jugement craindra, et nul désormais ne s'élévera dans son orgueil.

14. Quand vous serez entré dans la terre que le Signeur votre Dieu vous donnera, que vous la possederez et que vous habiterez en elle, si vous dites : J'établürüi sur moi un roi comme toutes les nations qui nous environnent ,

15. Vous prendrez celui que le Seigneur votre Dia aura choisi entre vos frères. Vous ne pourrez recevoir pour roi un homme d'une autre nation et qui ne soit pa votre frere.

16. Ef, lorsqu'il aura été établi roi, il ne multiplier: point pour lui les chevaux, il ne ramèner& point le peuple en Égypte, se confiant à la force de sa cavalerie, puisque le Seigneur vous a commandé de ne retourner jamais parla méme voie.

17. I n'aura pas une multitude de femmes qui sé duisent son esprit, ni des sommes immenses d'or et d'argent.

18. Mais, aprés qu'il sera assis sur le trône, il écrira pour lui dans un livre le Deutéronóme , cette loi du Sei gneur, d'après une copie des prêtres te la tribu de Lévi;

19. Il l'aura avec lui, et il le lira tous les jours de & vie, pour apprendre à craindre le Seigneur son Dieu, é à garder les paroles et les cérémonies qui sont prescrites dans sa loi.

20. Que son cœur ne s'élève point d'orgueil au-dessus de ses frères, et qu'il nese détourne ni à droite ni à gauche, afin qu'il règne longtemps, lui et ses fils, sur Israël.

Hébreux, quandelle é'attaquait au tribunal supérieur dont i ei parlé dans ce chapitre.

X 16. Hébr. : « Il ne ramènera point le peuple en Égypte pox multiplier les chevaux ; » c'est-à-dire pour y acheter des chevaux. X 13. Hébr. litt, : « Le double de cette loi. = Plusieurs l'entezdent de tout le Peutateuque, d'autres du Deutéronome seulement. X 20. Hébr. : Ut prolonget dies super regnum suum, Samar. - Super sedem regni sui.

COMMENTAIRE

COMMENTAIRE

Jugement et exécution des coupables.

On les amenait à la porte de la ville pour être jugés dans l'assemblée qui s'y tenait, et on les lapidait hors de la ville.

« Il est visible, dit dom Calmet, qu'il ne s'agit ici que de celui qui est accusé en justice et dont lidolàtrie n'est pas notoire; car ceux qui avaient adoré les idoles publiquement pouvaient étre mis à mort sans forme de proces. Je ne vois pas que Moïse ait rien dit nulle part sur ce dernier point, que dom Calmet avance comme certain, »

Des exécuteurs des haules œuvres.

Ceux qui témoignaient étaient ordinairement les bourreaux des coupables ; car la profession de ces derniers n'était chez les Juifs ni une profession particulière, ni une profession infâme.

Quand ce n'étaient pas les témoins , c'était ordinairement un des domestiques du roi ou un soldat. (Voyez II, Rois, rv, 12; HII, Rois, xt, 29).

Des cas particuliers où l'on avait recours au conseil souverain de la nation.

Jusqu'à ces mots « sera puni de mort (Y 12), » la loi renfermait les principes suivant lesquels toutes les affaires, tant ecclésiastiques t être jugées; mais l'application de ces principes aux différents « iculiers n'clait pas toujours également aisée à faire. Lors donedqué les juges subalternes se trouvaient embarrassés et incertains du jugement qu'ils devaient rendre sur quelque affaire, ils avaient ordre de consulter le conseil souverain de la nation, à pelé Sanhédrin, qui résidait à Jérusalem depuis que Dieu eut choisi cette ville pour en faire le centre de la religion : ce conseil était composé de ee qu'il y avait de plus éclairé parmi les prètres ou sacrificateurs, et présidé par le grand-pontife; car les prétres étaient obligés par leur état de faire une étude plus profonde de la loi de Dieu , et d'en apprendre aux autres le vrai sens. Le conseil, après

: avoir examiné l'affaire, donnait sa décision, qui devait être exactement suivie par les juges inférieurs dans le prononcé de la sentence , et exécutée par les parties, sous peine de mort. Voilà en peu. de mots le vrai sens de cette loi,

que civiles,

Des devoirs du roi.

Le verset 14 et les suivants , jusqu'à la fin, contiennent le détail des devoirs du roi, dont Moise parle, non pas par esprit prophétique, car il n'est point du tout nécessaire d'y avoir recours, mais par une précaution toute naturelle; d'autant plus qu'il pouvait fort bien prendre envie aux Israélites de se donner un roi, à l'exemple des peuples qui les environnaient, comme cela arriva en effet, Moise prévoyant done ce cas trés-possible , marque ici les principales obligations du roi des Israélites.

De la royauté chez les Israélites.

L'opinion commune entend ce passage à la letire d'un ordre ex-

prés de Dieu, qui devait désigner lui-même le roi des Israclites , comme il fit par son prophete dans la personne de Saul, de David et de Salomon ; que, si les successeurs de Salomon Ini succéderent selon le droit de la naissance , ils ne le firent que parce que Dien, en conséquence de la promesse qu'il avait faite à David de donner €e royaume à ses descendants pour toujours, déclara lui-même successif le royaume des Hébreux.

On peut observer ici que Moïse, faisant mention. de l'établissement de la. royauté chez les IEsraélites, ne désapprouve point cette sorte degouveruement, comme on l'a prétendu dans ce dernier temps.

De numero fratrum suorum. Le roi des Israélites devait absolument être Israélite lui-même; un étranger ne pouvait être éla roi; non poteris alterius. gentis hominem regem facere qui non sit frater tuus.

Pourquoi Moise défend-il d'avoir une nombreuse cavalerie ?

ll n'aura pas un grand nombre de chevaux et ne reménera point le peuple en Égypte, s'appuyant sur le grand nombre de sa cavalerie, comme si Moïse eraignail qu'il ne prit envie au roi d'Israël de faire la conquéte de l'Égypte, en cas qu'il se vit puissant en cavalerie; il lui défend, à cause de cela, d'avoir un grand nombre de chevaux ; ear. enfin, ajoute le texte sacré, Dieu a défendu aux Israëlites de jamais retourner en Égypte, presertim cum Dominus preceperit nobis , ut nequaquam amplius , per eamdem viam revertamini, Au reste, pour le dire ici en passant, cette défense formelle aux Israélites de jamais retourner en Égypte ne se trouve en aucun endroit des livres de Moïse; on a seulement vu que Dieu avait plusieurs fois été tres-irrité des murmures des Israélites dans le desert, lesquels ordinairement se terminaient par souhaiter le retour en. Égypte.

On remarque ordinairement que cette ordonnance de Moise contre le grand nombre de chevaux fut assez exactement observée jusqu'au temps de Salomon , qui y contrevint , comme nous l'apprend le chapitre 1v. du troisième livre des Rois,

Les juges d'Israël, qui avaient une autorité égale à celle des rois, ne se sont jamais servis de chevaux ni dans le guerre, ni méme pour leur monture ; ils allaient sur des ânes, comme nous l'apprennent les chapitres x et xix du livre des Juges. Quelques traits de l'histoire de David et de Josue, qui firent couper les jarrets des chevaux pris à la guerre, prouvent qu'on ne voulait pas les conserver.

Défense de Moise d'épouser des femmes étrangères ot d'entasser des trésors.

Je croirais que Moise , dans ce verset , défend au roi, non la plaralité des femmes en général, mais l'exces dins cette pluralité, comme aussi d'avoir au nombre de ses femmes des étrangères qui pourraient l'engager dans l'idolâtrie, et le peuple à son exemple, malheur qui, en effet, arriva à Salomon et à d'autres rois d'Israël,

Neque argenti et auri immensa. pondera, Moise n'a pas jugé à propos de motiver la défense qu'il fait au roi d'accumuler de grosses sommes d'or et d'argent; mais on peut croire qu'il fit celte défense páree qu'il savait bien que les trop grandes richesses des princes les rendent ordinairement fiers, ambitieux, insolents, cruels, ele. ;

et uourrissent chez eux, puis à leur exemple chez leurs sujets , le luxe, qui est la peste des états : d'ailleurs, il est difficile qu'un roi fasse ves amas d'or et d'argent sans accabler le peuple d'impôts.

L'Écriture-Sainte est la règle des princes.

Le fruit d'une lecture si assidue est que le prince apprenne à craindre Dieu, à observer tout ce qu'il a dit et à faire tout ce qu'il

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