‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 98 sur 1035 · Abraham lui parla de nouveau, disant : Et s'il s'en · texte numérisé non relu

Abraham lui parla de nouveau, disant : Et s'il s'en

ciet judicium ? » C'est aussi le sens des Septante.

Y 27. Hébr. autr. : « Puisque j'ai voulu, c'est-à-dire, puisque j'ai osé parler à mon Seigneur....., j'ajouterai encore, » On a peut-être confondu oui avec ec pi. La méme expression va revenir au À 31.

X 28. Hébr. autr.: « Parce qu'il y en aurait cinq de moins ; propter quinque. » C'est ce qu'on lit aussi dans le grec des Septante et méme dans quelques exemplaires latins.

X 29 et 3o. Dans ces deux versets l'hébreu porte, non faciam, comme la Vulgate l'exprime au Y 30; mais le Samaritain porte dans ceux-ci comme dans les autres, non perdam ; et les Septante ont lu ainsi.

COMMENTAIRE

draginta ibi inventi fuerint , quid facies? Ait : Non percutiam propter quadraginta.

30. Ne, quieso, iuquit, indigneris, Domine, si loquar: Quid si tibi inventi fuerint triginta? Respondit : Non faeiam« si invenero ibi triginta.

31. Quia semel, ait, cæpi, loquar ad Dominum meum: Quid si inventi fuerint viginti? Ait: Non interficiam propter viginti.

32. Obsecro, inquit , ne irascaris, Domine, si loquar adhue semel : Quid si inventi fuerint ibi decem? Et dixit : Non delebo propter decem.

33. Abiitque Dominus, postquam cessavit loqui ad Abraham ; et ille reversus est in locum suum.

trouve là quarante, que ferez-vous? Et il répondit: Je ne la détruirai point à cause des quarante.

30. Je vous prie, Seigneur, de ne point vous fácher, si je parle encore : Peut-être il n'y en aura que trente. Le Seigneur dit : Je ne la détruirai point , si j'en trouve là trente.

81. Puisque j'ai commencé, dit encore Abraham, je parlerai à mon Seigneur : S'il ne s'en trouvait que vingt? Le Seigneur dit: Je ne la détruirai point à cause de ces vingt.

32. Abraham dit : Je vous prie, Seigneur, de ne vous point fácher, si je parle encore cette fois : Qu'arrivera-t-il s'il ne s'en trouve que dix? Le Seigneur dit : Je ne la détruirai point à cause de ces dix.

33. Et le Seigneur disparut, quand il eut cessé de parler à Abraham; et Abraham retourna en sa demeure,

COMMENTAIRE

VERSETS 1 et 2.

Des trois anges qu'Abraham adora.

La Vulgate dit : Et. adoravit in terra, L'homme, en présence de Dieu, se prosternait le visage contre lerre. Il confessait ainsi: bumb'ement son origine : de là vient que se prosterner est le mot méme qui signifie adorer, et que c'était une haute trahison que de se prostérner devant une idole.

Le mot adoravit se prend aussi, dans plusieurs passages de l'Écriture, pour une simple démonstration extérieure de politesse, dans laquelle on se prosternait jusqu'à terre, et nullement pour une adoration proprement dite,

Apparuit autem ei Dominus, ele. , et apparuerunt ei tres viri, etc.

Tous les commentateurs, sans aucune exception, ont entendu ces passages d'une apparition de Dieu à Abraham, et ont eru que ces mots, e£ apparuerunt ei tres viri, étaient une explication de ceux-ci, apparuit aulem ei Dominus. Dans cette idée, saint Ambroise a pensé que les trois hommes dont il est ici parlé représentaient les trois personnes de la sainte Trinité, D'autres Pères ont cru qu'il y avait deux anges et la seconde personne de la Trinité; ce qui leur a donne lien de dire touchant cette apparition : Tres vidit, et unum adoravit, fondés sur ces paroles des versets à et 3, et adoravit in terram, et dizit : Domine, ete., où il est à remarquer que, quoiqu'il y eût trois personnes, Abraham ne s'adresse qu'à une seule, qu'il reconnait ainsi pour supérieure aux deux autres.

Saint Augustin a cru que les trois hommes qui apparurent à Abraham étaient trois anges revétus de la forme humaine, ee qui est aujourd'hui le sentiment le plus communément suivi par les

théologiens, VERSET 4.

Du chéne d'Abraham.

Le chéne ou le térébinthe sous lequel Abraham reçut les anges a te en grande vénération chez les anciens Hébreux; saint Jérôme assure que de son temps, c'est-à-dire sous le regne de Constance le Jeune, on"y voyait encore cet arbre; et si l'on en croit quelques voya-

geurs, quoique. le térebinthe eût ete détruit, il en avait repoussé d'autres de sa souche, que l'on montrait pour marquer l'endroit où il était. Les fables que les rabbins ont inventées sur cet arbre ne valent pas la peine d'être rapportées.

Le respect que l'on avait pour ce lieu y attira un si grand concours de peuple, que les Juifs, naturellement portés au commerce, y établirent une foire qui devint fameuse dans la suite. Saint Jéróme (in Jerem., ch. xxvt, et in Zach., ch. x) assure qu'aprés la guerre qu'Adrien fit aux Juifs, on vendit à la foire de Mambre un grand nombre de captifs, et qu'ils y furent donnés à trés-vil prix.

Les Juifs venaient à Mambré pour y célébrer la mémoire de leur père Abraham; les Chrétiens orientaux, persuadés que celui des trois anges qui avait porté la parole à ce patriarche était le Verbe éternel, y allaient avec le respect religieux qui est dû au divin consommateur de notre foi, Quant aux paiens qui croyaient aux apparitions des dieux, et qui rapporfaient. toutes Jes histoires à leurs préjugés, ils y élevérent des autels, + placérent des idoles et y offrirent des sacrifices.

De la promesse d'une apparition.

Reverteus veniam ad te fempore ist, ele, Ces paroles, de méme que celles-ci du verset 53: Juata condictum revertar. ad te hoc eodem tempore, promettent assez clairement à Abraham une nouvelle apparition de Lieu à l'occasion de la naissance d'Isaac; mais Moise ne parle pas dans ia suite de cette apparition promise, Il est vrai que quelques interpretes ont eru trouver cette apparition effectuée dans ces mots du verset t du chapitre xxt : l'isitarit autem Dominus Saram, sicut promiserat , ete., qui se lisent également et dans la Vulgate et dans les Septante,

De ces mots: Je descendrai.

« Dieu, dit saint Grégoire, parle ici un langage bumaiu : lui, qui connait parfaitement toutes choses, nous apprend par là à ne pas

LA GENÈSE, CHAPITRE XIX

juger témérairement de nos frères, puisqu'il dit lui-même qu'il des- | ce sentiment me trompát , je ne eraindrais pas d'étre repris de mou

cendra du ciel pour considérer les abominations de Sodome, quoiqu'elles fussent publiques et criantes. »

Du dialogue de Dieu avec Abraham.

* Il y a quelque chose en moi, dit La Harpe, qui me crie si fortement que l'homme n'a pas trouvé cela , que, s'il était possible que

erreur au jugement de Dieu. Je laisse de cóté.toutes les réflexions que -peut faire maitre cel entwetien : je remarquerai uniquement que ceite suile d'imterrogations serait hors de-vraisemblance dans toute autre histoire, rien que d'un sujet à un roi, et un roi justement irrité ; et que l'inaliérable patience du maitre paraitrait aussi peu convenable que les questions mulüpliées du serviteur paraitraient, en pareille occasion, indiscrettes ou téméraires. De part et d'autre, il n'y a rien là dans l'ordre humain : c'est à des traits pareils que je reconnais surtout l'esprit divin dans le Pentateuque et les autres parties de la Bible. »

om AS

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